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Communiqué : « Le FNDC rappelle qu’il n’est ni une organisation ni une association, mais un mouvement citoyen… »

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Le FNDC rappelle qu’il n’est ni une organisation ni une association, mais un mouvement citoyen, un élan vers la démocratie, la justice, la liberté et l’état de droit. Et chaque citoyen et organisation constituée épris des valeurs démocratiques est membre du mouvement.

La prétendue décision illégale, sans fondement et arbitraire, de dissoudre le FNDC témoigne de la volonté de la nébuleuse CNRD de faire de l’intimidation, du harcèlement et donc de la tyrannie les leviers suprêmes de la transition. Ces pratiques malsaines non seulement relèvent d’une mafia politique, qui en dit long sur l’amateurisme et le banditisme de la junte et ses intendants, mais surtout, elles confirment le recours à la menace, aux techniques de manipulation et les injonctions de suivisme mis à l’œuvre par le CNRD quelques semaines après sa prise de pouvoir.

Le FNDC informe que devant le refus de se plier à l’agenda obscène de la junte, la nébuleuse CNRD, lors d’une rencontre au Palais Mohamed V, le 30 septembre 2021, avait brandi des menaces et intimidé nos responsables.

Le FNDC rappelle aussi que le 03 novembre 2021 et le 17 janvier 2022 qu’il a été très tôt sollicité par le Président du CNRD afin d’adhérer au projet funeste d’éliminer les partis politiques par des manœuvres judiciaires. Loin d’être l’effet de la moralisation de la vie publique, la CRIEF est une opération de nettoyage devant libérer la voie à la pérennisation des militaires au pouvoir.

Ainsi, il fut un temps où le CNRD voulait faire du FNDC un allié objectif pour l’accompagner et légitimer des actions qui allaient dans le sens d’une confiscation du pouvoir.

Maintenant que le sens de la justice et le devoir citoyen ont conduit, le FNDC a refusé ces multiples sollicitations et par conséquent à défendre exclusivement l’intérêt du peuple de Guinée, un gangstérisme d’État, soutenu par le gouvernement et le CNT, vise à discréditer et à éliminer le FNDC.

Le FNDC rappelle qu’il n’est ni une organisation ni une association, mais un mouvement citoyen, un élan vers la démocratie, la justice, la liberté et l’état de droit. Et chaque citoyen et organisation constituée épris des valeurs démocratiques est membre du mouvement. Ce mouvement est né avant la nébuleuse CNRD, ce pouvoir illégitime et illégal, et continuera d’exister après la nébuleuse CNRD, car le peuple de Guinée est prêt, jusqu’au dernier souffle, à défendre sa dignité et revendiquer le droit à une société juste.

Pour renforcer cet élan vers la démocratie et l’état de droit, le FNDC appelle tous les citoyens à une mobilisation internationale et nationale en accompagnant les manifestations du 14 août en Belgique et du 17 août sur toute l’étendue du territoire national. Ne négocions pas notre dignité et le respect de notre humanité. Exigeons pacifiquement et de manière citoyenne le retour rapide à un ordre constitutionnel. Il n’est plus possible de faire l’économie de la lutte pour nos droits et nos libertés. Mobilisons-nous, massivement, pour faire échec à la pérennisation d’un régime militaire en Guinée. Que le bruit des bottes ne nous fasse pas reculer, car nous avons le droit naturel, en tant qu’être humain, de résister à l’oppression.

Dans cette lutte contre l’oppression et la tyrannie, le FNDC lance un appel à tous, aux autorités morales et religieuses, aux intellectuels et écrivains, aux personnes responsables et consciencieuses du CNT et du gouvernement, à tous les citoyens et amis de la Guinée : faisons des prochaines manifestations le point de départ d’un redressement de la transition afin que triomphent la démocratie, la justice et la liberté.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons.

Coordination Nationale du FNDC
Conakry, le 10 aout 2022

Dissolution du FNDC par le MATD : Cellou Dalein Diallo parle d’un « acte arbitraire »

Depuis la diffusion de l’arrêté du ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, dissolvant le FNDC, les réactions se multiplient. Pour Cellou Dalein Diallo, leader de l’UFDG, il s’agit d’un « acte arbitraire » de la part du pouvoir en place. C’est ce qu’il mentionne dans un long post sur sa page Facebook.

« L’arrêté du MATD du 8 août 2022 portant dissolution du FNDC est un coup dur porté à la liberté, la justice, la démocratie et la paix, valeurs auxquelles notre peuple demeure viscéralement attaché.

Il l’a d’ailleurs montré à plusieurs reprises en répondant massivement aux mots d’ordre du FNDC qui s’est illustré dans le combat héroïque que mènent les Guinéens depuis si longtemps pour les reconquérir.

Je condamne cet acte arbitraire des autorités qui continuent à privilégier la force au détriment du droit et exprime ma solidarité au FNDC et à ses braves dirigeants.

Cette décision incompréhensible ne manquera pas, malheureusement, d’accroître les tensions qui règnent en Guinée et d’éloigner les chances d’un retour au calme et à la sérénité indispensables à l’ouverture d’un dialogue fécond, à la restauration de la confiance et de la paix dans notre pays », a écrit Cellou Dalein Diallo sur sa page Facebook.

Mory Condé justifie sa décision contre le FNDC par le fait que celui-ci n’a aucune base légale. Il évoque aussi les violences qu’ont connues les manifestations de rue de cette organisation qui, depuis quelques années, lutte activement pour la démocratie en Guinée.

Oury Maci Bah pour Flashguinee.info

Interclubs CAF (préliminaire) : le tirage et le calendrier des clubs guinéens connus

La confédération africaine de football a procédé au tirage au sort du tour préliminaire de ses compétitions clubs, édition 2022-23. Au terme de cet exercice qui s’est déroulé au Caire en Égypte ce mardi 09 aout 2022, les 4 clubs guinéens engagés dans ces compétitions, respectivement Horoya et Soar Acadélie en Ligue des champions, Milo FC et SAG de Siguiri en coupe CAF, ont été situés sur les adversaires. Cela reste valable pour tous les autres clubs concernés par ces deux compétitions CAF.

L’UFDG déçue du CNRD : « Aujourd’hui nous avons l’impression que le colonel Mamadi Doumbouya a… »

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Le directeur de la communication de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), Joachim Baba Millimono, estime que la junte au pouvoir a trahi le peuple de Guinée. Ce proche de Cellou Dalein Diallo accuse le colonel Doumbouya et ses collaborateurs de reproduire les mêmes pratiques combattues sous Alpha Condé.

Le coordinateur de la communication de l’UFDG assure que le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) et son président ne sont plus en accord avec leurs engagements après le coup d’Etat.

« Le CNRD et le colonel Mamadi Doumbouya ont trahi les guinéens. Le 5 septembre 2021, le CNRD avait jugé utile et salvateur le fait de déposer le président Alpha Condé au regard de la personnification du pouvoir qui avait caractérisé son régime pendant 11 ans de gouvernance », déplore Joachim Baba Millimono.

« Aujourd’hui nous avons l’impression que le colonel Mamadi Doumbouya a totalement gracié le président Alpha Condé en lui accordant une retraite dorée en Turquie chez l’ami Erdogan. On a aujourd’hui l’impression que le mal qu’à fait Alpha Condé à ce pays et qui a justifié le coup d’État du 5 septembre est moins important », ajoute-t-il.

Ce proche de Cellou Dalein Diallo estime que le CNRD s’est détourné des questions essentielles pour s’attaquer aux acteurs politiques et sociaux. Pour lui, la question de justice pour les tueries sous Alpha Condé n’est plus d’actualité aux yeux de la junte.

« Ces derniers mois, le CNRD a réussi à braquer les projecteurs de l’opinion sur la villa de CDD à Dixin plutôt que sur les mauvais contrats qu’Alpha Condé a ficelé durant ses 11 ans de gouvernance (…). Le CNRD donne la perception de ne pas être intéressé par la découverte de la vérité sur ces différentes exactions et tueries. Oui ce n’est pas son affaire… C’est notre pognon qui ne l’intéresse pas nos vies », dénonce Joachim Millimono.

« Le CNRD a réussi à ce jour la manipulation d’une bonne partie de l’opinion par le fait d’orienter celle-ci sur le déguerpissement injuste de Cellou Dalein et Sydia de leurs domiciles respectifs plutôt que sur les différents scandales financiers dans lesquels Alpha Condé est personnellement impliqué », ajoute le cadre de l’UFDG.

Il pense que les autorités de la transition, au lieu de de lutter contre la gabegie financière, sont en train de se remplir les poches.

« Le 5 septembre le Colonel nous avait dit : « La gabegie financière, la personnification du pouvoir nous ont conduit à prendre nos responsabilités’(…). De nos jours, tout tourne autour du Colonel Légionnaire. Il est présenté comme notre nouveau Messie par ceux-là même qui condamnent un militant d’avoir à présenter son leader comme un autre Messie », estime M. Millimono.

Selon le responsable de l’UFDG, « les conflits d’intérêts et la corruption ne se sont pas arrêtés le 5 septembre. Il y a simplement eu permutation de hauts cadres qui profitent aujourd’hui de cette corruption ».

Aissata Balde

La construction « trop retardée » de l’échangeur de Kagbélen, crée un véritable souci pour les usagers (témoignages)

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Entamé depuis le 12 mars 2021, les travaux de construction de l’échangeur kagbelen confiés à la société chinoise CBITEC ne sont toujours pas finis. En cette période de grandes pluies, les riverains, (piétons ou encore automobilistes) sont obligés de rebrousser chemin jusqu’à 800m du rond-point pour emprunter une autre déviation. Une situation déplorée par les citoyens de cette localité.

Interrogé par notre rédaction ce matin, Mamadou Saliou Barry conducteur de taxi laisse entendre que les alentours du chantier sont dans un mauvais état.

« Aux alentours du chantier, toute la route de déviation est dans un mauvais état, avec des eaux stagnantes et plein de boue. Aujourd’hui, il faut s’armer de beaucoup de courage pour pouvoir traverser le rond-point qui s’étend sur une centaine de mètres. Pendant les l’heure de pointe, les voitures, les motos et même les piétons ont du mal à se faire un chemin pour dévier ».

Plus loin, il invite le ministère des travaux publics à consulter les entreprises russes pour la réhabilitation des routes. Il estime que ces derniers sont mieux placés dans la construction des routes de bonnes qualités.

« J’appelle les responsables en charge de ces travaux à accélérer leur activité pour vite finir car ils sont maintenant en phase terminale, je lance également un message à l’endroit du ministre des travaux publics à travailler avec les russes et non les chinois, car auparavant la Guinée à toujours signé des contrats avec ces sociétés ».

Faut-il  dire que les usagers dans leur ensemble souhaitent la finition rapide de ce chantier de l’échangeur de Kagbélén.

Hadiatou BARRY pour Flash Guinée

Dissolution du FNDC : « Je suis réellement surpris que le ministre se prête à un tel exercice » Fayimba Mara juriste

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Le juriste Fayimba Mara s’est prononcé ce mardi 9 août 2022 sur la dissolution du Front National pour la défense de la Constitution FNDC par le ministre de l’administration et du territoire. Mory Condé a fait savoir sa décision dans un arrêté paru dans la presse dans la soirée du Lundi 08 août 2022.

L’homme de droit s’est prononcé sur cette actualité chaude lors d’une sortie médiatique chez nos confrères de Sabara FM ce mardi matin. Ce juriste constitutionnaliste n’a pas manqué de fustiger la décision du ministre de la décentralisation. Pour lui, l’Etat ne peut pas dissoudre une ONG qu’il n’a pas constituée.

« Je suis réellement surpris que le ministre se prête à un tel exercice. Le FNDC est un ensemble d’ONG qui ont simplement voulu, mettre en synergie leur action pour pouvoir atteindre un objectif. Donc le FNDC n’a pas une existence juridique légale c’est ça le problème. Juridiquement qu’est-ce le ministre devrait faire en synergie avec d’autres membres du gouvernement ? C’était d’interdire tout simplement toutes les activités du FNDC dans tout le pays. Là juridiquement ça peut se justifier. Mais vous ne pouvez pas dissoudre quelque chose que vous n’avez pas constituée. Je ne pense pas que ça soit la bonne manière et cela n’engage que moi », dit-il.

Avec cette allure, l’invité de nos confrères estime que le FNDC doit faire appel à toutes les forces vive de la Nation y compris les partis politique afin de mener le combat sur des points communs concernant la gestion de la transition.

« Les plateformes de la société n’ont pas intérêt de partir en rend dispersé. Cette action unilatérale, isolée du FNDC n’est pas approprié dans un contexte comme celui-ci. Il est opportun que le FNDC arrête d’évoluer en solo c’est-à-dire dans une mosaïque de plateforme de la société civile. Et aujourd’hui c’est opportun et voir même indispensable de voir le FNDC d’approcher les autres plateformes de la société comme le forum des forces sociales et beaucoup d’autres, si vous voulez pour une action de synergie et aller vers les forces politique ensemble parce que aujourd’hui il est beaucoup plus légitime que toute les plates-formes de la société civile pour pouvoir combattre ceux qu’ils ont en commun la transition qui évolue de façon isolée. Mais chaque fois que c’est des manifestations projetées par le FNDC, alors moi je trouve que le FNDC doit revoir son calendrier pour éviter cette situation que nous entraine de vivre aujourd’hui, car ces pas cohérent et puis ce n’est pas efficace par rapport à ceux que nous connaissions. »

Cette décision du ministre Mory Condé intervient à un moment où les membres du FNDC projettent déjà une série de manifestation. respectivement le 14 aout à Bruxelles et en Belgique et le 17 aout dans tout le pays.

Kaba Kouyaté

Après le 1er Samedi d’assainissement : quels regards portent-ils des citoyens sur l’initiative à Conakry ? « d’après mes constats, rien n’a changé »

Instituée au mois de juillet dernier, l’initiative qui vise à débarrasser le pays des ordures dénommée « journée civique d’assainissement » est entrée en vigueur Samedi 06 août 2022. Deux jours après son lancement officiel par les autorités actuelles, des citoyens se sont exprimés au micro des reporters de flashguinee sur cette décision. Chacun y va de son commentaire.

Rencontré au marché de Matoto, Ousmane Camara fripier apprécie l’initiative et rappelle que nul ne peut vivre avec la saleté.

« Selon moi, c’est une bonne chose parce que la propreté est devant toute chose. Si l’Etat a entamé ça et qu’on est tous au courant maintenant que le premier samedi de chaque mois, il y aura assainissement jusqu’à 12H, c’est une bonne chose. Nul ne peut vivre avec la saleté, regardez vous même, tout ici est propre. Après avoir assaini, ils doivent ramasser des ordures, c’est important ».

Poursuivant son intervention, ce fripier lance un appel aux autorités de s’investir davantage pour que cette initiative soit pérenne :

« Commencer une chose et la terminer font deux. On est content et qu’ils continuent à assainir dans le sérieux, pas seulement sur la grande route, mais même dans les quartiers, l’Etat doit mettre des poubelles pour qu’on mette les ordures ».

Contrairement au premier intervenant, Aboubacar Camara élève en classe de terminale qui visiblement n’est pas contre l’initiative, estime cependant qu’il faut ramasser les ordures la nuit. Pour, dit-il, éviter de bloquer les citoyens à la recherche du quotidien.

« Je pense qu’il faut le faire tôt, parce que ce jour là, les gens ont dû reporter leur programme. Personnellement j’étais dans la circulation, on était venu jusqu’à Enta et on nous a bloqués là-bas. Prochainement ils doivent le faire la nuit. D’après mes constats, rien n’a changé. Ils ont pris les ordures dans les caniveaux et les ont exposés sur la route, personnellement, je n’ai remarqué aucun changement » a-t-il laissé savoir.

Dans le même sillage, Alseny Diallo, évoluant dans le commerce, pointe un doigt sur les autorités et dénonce l’amateurisme de la part des autorités dans cette activité.

« Mon constant est alarmant, parce que ça n’a pas débuté seulement le samedi passé, il y a eu des années, à chaque dernier samedi d’un moi, on organisait l’assainissement dans ce pays. Mais mon constat est que c’est vraiment douloureux parce que ça n’apporte rien. Ils disent que c’est de rendre la ville propre, rendre la ville propre, c’est d’aller jusqu’à dans les bas-fonds, retirer les tas d’ordures qui sont là-bas et les envoyer dans des endroits appropriés. Mais dire vous allez venir dans les carrefours où tout le monde vous voit, prendre des pelles (…) et dire vous allez balayer là-bas et dire que c’est propre, ce n’est pas propre parce que pendant la saison pluvieuse là, dès que la pluie tombe, il y a les ordures qui se débloquent dans les quartiers et sortir sur les grandes voies. Donc ça n’apporte pas quelque chose d’important ».

Mohamed Aguilou Diané et Mohamed Lamine Mariame Camara pour FlashGuinée

Libre Opinion : « Elle est où la boussole, elle est où ? », s’interroge Nadia Nahman

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Le CNRD à l’épreuve des erreurs du passé (Par Nadia Nahman)

S’il est un domaine dans lequel le CNRD excelle particulièrement et se surpasse volontiers, c’est bien celui de la multiplication des tactiques de diversion pour camoufler ses propres turpitudes et ses dérives autoritaires qui nous éloignent chaque jour des rives de la démocratie.

Et dire que le colonel Mamadi Doumbouya, lors de sa prestation de serment du 1er octobre 2021 en tant que Président de la transition, avait juré notamment «de préserver les acquis démocratiques». Force est de constater que cet engagement n’est plus qu’un lointain souvenir.

Ainsi, pour échapper aux critiques tous azimuts sur la répression systématique des manifestations du FNDC et l’usage illégal et disproportionné d’armes létales par les forces de défense et de sécurité (FDS), la nouvelle trouvaille de la nébuleuse est de déplacer le débat et de le transformer en une discussion sur «l’âge» des manifestants, de manière à obscurcir les véritables problèmes. Sous couvert de protection des mineurs dans le langage du ministre de la justice, se cache une curieuse inversion des responsabilités alors que l’État est le principal garant de l’exercice des droits de l’enfant.

Si hier, les manifestants sortis acclamer le coup de force de Doumbouya étaient tous majeurs, aujourd’hui ceux chez qui le combat du FNDC résonne en écho avec leurs préoccupations sont tous mineurs, de moins de 10 ans parfois. Et soudainement, le Ministre de la justice, dans un élan populiste rarement égalé, de se montrer soucieux de leur bien-être et de convoquer tout l’arsenal normatif de protection des droits de l’enfant à l’échelle nationale, régionale et internationale.

Cette tentative malhabile de diversion, qui ne trompe personne, me conduit à aider la nébuleuse à se poser les bonnes questions :

1-Laquelle des 5 victimes tombées sous les balles assassines des forces de défense et de sécurité constituait-elle une menace imminente pour leur intégrité physique au point de faire usage de leurs armes à feu et de leur ôter lâchement la vie, les arrachant brutalement à l’affection des leurs ? Les FDS étaient-elles en situation de légitime défense ou agissaient-elles dans le but de prévenir une infraction particulièrement grave mettant sérieusement en danger des vies humaines ?

2- La nébuleuse peut-elle nous expliquer comment une fillette de 13 ans, assise dans le confort de son salon, peut-elle recevoir une balle dans le dos ? La Convention sur les droits de l’enfant des Nations Unies dont les dispositions sont si chères à M. Charles Wright consacre en son article 6 alinéa 1 que «les États parties reconnaissent que tout enfant a un droit inhérent à la vie».

3- La réquisition de l’Armée par le MATD déployée pour assurer le maintien de l’ordre était-elle justifiée par un cas de nécessité absolue ou motivée par des cas de circonstances exceptionnelles ? Si oui, quels sont-ils ?

4- Le fait d’arrêter, parfois plusieurs jours après la manifestation, des personnes qui vaquaient tranquillement à leurs occupations, de les entasser dans des pick-ups, de les conduire dans des camps militaires, de les placer en file indienne, de les déshabiller, de les asperger d’eau et de leur administrer des centaines de coups de fouet aux fesses au moyen de fils électriques est-il imputable au FNDC ? La Charte de la transition et les normes régionales et internationales relatives à la prohibition de la torture et des traitements inhumains et dégradants feraient-elle exception à l’attachement viscéral de Charles Wright au respect des droits de l’homme ? Indignation sélective quand tu nous tiens !

5- Elle est où la boussole, elle est où ? elle est où ? Serait-elle ensevelie sous les décombres de l’appétit vorace du CNRD dont la confiscation obsessionnelle du pouvoir rendrait accessoires les pires exactions qui soient ?

6- A supposer que les manifestants soient des mineurs, ce qui serait le comble de la simplification abusive, il ne serait pas superflu de rappeler au Garde des sceaux que l’article 15 de la Convention onusienne sur les droits de l’enfant consacre ce qui suit :

<<1. Les États parties reconnaissent les droits de l’enfant à la liberté d’association et à la liberté de réunion pacifique. 2. L’exercice de ces droits ne peut faire l’objet que des seules restrictions qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires dans une société démocratique, dans l’intérêt de la sécurité nationale, de la sûreté publique ou de l’ordre public, ou pour protéger la santé ou la moralité publiques, ou les droits et libertés d’autrui>>.

7- En quoi le FNDC serait-il responsable des expéditions punitives des forces de défense et de sécurité qui investissent les domiciles de paisibles citoyens sans aucun mandat judiciaire, y volent tout ce qui a de la valeur et détruisent le reste du mobilier, y compris les ustensiles ?

8- Comment expliquer le processus de déshumanisation conduisant les forces de défense et de sécurité à gazer un cortège funéraire contraignant ainsi la délégation escortant le corps à sa dernière demeure à l’abandonner à même le sol ?

9-Pourquoi les autorités de la transition sont-elles si promptes à dénoncer les conséquences des manifestations sans s’attaquer aux causes sous-jacentes de ces manifestations et des circonstances qui nous y conduisent ? L’interdiction absolue des manifestations ne viole-t-elle pas les engagements nationaux et internationaux de la junte ?

10- «Aucune situation d’exception ou d’urgence ne doit justifier la violation des droits humains» en vertu de l’article 8 de la Charte de la transition. Le CNRD a-t-il lu sa Charte ?

Le caractère illicite d’une manifestation autoriserait-il les exactions auxquelles nous assistons ?

Cette liste non exhaustive de questions se voit clôturée par cette citation de Martin Luther King qui soutenait : «De même qu’un furoncle ne peut pas être soigné tant qu’il est caché, mais qu’il doit être ouvert dans toute sa laideur suppurante aux remèdes naturels de l’air et de la lumière, de même l’injustice doit être exposée – avec toute la tension qu’elle crée – à la lumière de la conscience humaine et à l’air de l’opinion nationale avant de pouvoir être guérie».

Alors que la plaie des injustices, encore béante, peine à cicatriser, de nouvelles blessures viennent se rajouter nous éloignant encore un peu plus du processus de guérison. Qu’est-il advenu des assises nationales sur la réconciliation, ouvertes le 22 mars 2022 par la junte et censées nous réconcilier ? Un autre lointain souvenir évanescent ! Une promesse évanouie !

Nadia Nahman BARRY

Un dialogue pour une finalité: les bases d’une démocratie (Par Bella Bah)

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Le Sénégal vient de boucler ses élections legislatives sans aucun incident majeur après avoir organisé celles des communales en début janvier.

Eh tenez vous bien, le parti au pouvoir a perdu la majoritê absolule et vous savez qui organise ces élections au Sénégal? C’est le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation. Pour dire quand il y a la volonté avec le devoir patriotique tout est possible.

En Guinée, 11 mois de transition, le CNRD est toujours incapable de donner une visibilité précise et vraie de la transition.

On pourrait même prêter des intentions à vouloir s’eterniser de la part des putschistes sans légitimité, ni légalité admise en démocratie.

Avec sa posture actuelle qui n’est nullement possible et qui mettra la Guinée sur un lendemain très incertain.
Le défi qui s’impose à chacun et à tous, particulièrement au CNRD est de mettre les fondamentaux pour un retour rapide à la démocratie dans un temps record, non pas dans la durée mais dans l’acceptation. Pour ceux qui disent qu’il faut un dialogue avec une bonne volonté affichée pour discuter de ce qui est nécessaire et vital, il ne faut pas se leurrer.

Le développement auquel nous aspirons tous n’est possible que dans la légalité et la légitimité. Aucun investisseur, ni interne ou moins externe ne fera des investissements dans l’incertitude et le flou.
Il faut la continuité dans le temps sur des bonnes bases en adéquation avec des pratiques démocratiques.
C’est ce que le Sénégal est parvenu à faire, alors que la Guinée est incapable de faire cela.

Par le simple malheur de son élite égoiste et trop soumise qui ne protège que ses intérêts.
Il est triste de voir que les donneurs de leçons d’hier, sont, très malheureusement, avec le privilège de la fonction et le prestige du moment devenus une caution morale au désordre d’aujourd’hui.

C’est pourquoi, je dis, il est temps que le CNRD intègre l’idée de respecter sa promesse.
Celle de quitter les affaires dans l’honneur et que le président fasse un discours clair et précis pour permettre de lancer les bases d’un dialogue afin de faciliter le retour à l’ordre constitutionnel.

Ne nous leurrons pas, ne nous trompons pas, un pouvoir qui n’a aucune légitimité ne rassure pas. Il est encore temps pour un dialogue sincère et inclusif pour discuter du contenu et de la durée de la transition. La Guinée et les Guinéens meritent mieux qu’un éternel recommencement sans fin des mêmes.

En attendant une prise de conscience, malheureusement, le pauvre citoyen s’enfonce dans la pauvreté.
Mon colonel, il est l’heure du reveil, bien entendu, celui de la prise de la conscience.
On a plus droit à l’heure. Avançons dans l’équilibre pour grandir ensemble.

Bella BAH
Président de la jeunesse citoyenne abbellabah@gmail.com

Quel fondement juridique a-t-il permis à Mory CONDE de dissoudre le FNDC ? Me Mohamed TRAORÉ, ancien bâtonnier nous livres ses analyses

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Par un arrêté en date du 8 juillet 2022, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a procédé à la dissolution du Front National pour la Défense de la Constitution ( FNDC) qu’il qualifie de  » groupement de fait ».
Quand on est en face d’un acte administratif, le réflexe qu’on peut avoir est d’identifier sa base juridique.

En regardant les visas de l’arrêté ministériel dissolvant le FNDC, l’auteur de la décision invoque notamment :
– La loi L/2005/ 013/AN du 4 juillet 2005 fixant le régime des associations en République de Guinée;
– La loi n°2021/019/ AN du 5 mai 2021 portant répression des fraudes et des actes attentatoires aux biens publics et à l’intégrité des forces de défense et de sécurité;
– La loi L/2015/ 009 de 4 juin 2015 portant maintien de l’ordre public en République de Guinée;

On peut noter au passage qu’aucune disposition de ces textes de lois relative à la dissolution de ce que le ministre appelle  » un groupement de fait » n’a été citée de manière précise. On est donc dans la généralité. On cite un texte mais on indique aucun de ses articles se rapportant à la question qui est traitée.

À titre d’exemple, le Code de la sécurité intérieure français indique en son article L.212-1 dispose :
<< Sont dissous, par décret en conseil des ministres, toutes les associations ou groupements de fait…..>>. Les faits pour lesquels sont dissous les associations et groupements de fait sont tous listés.
C’est sur la base de ces dispositions et celles de l’article L.212-1-1 du même code notamment qu’un groupement de fait dénommé  » Les Zouaves de Paris » a été dissous par un décret du 5 janvier 2022.

Ainsi la forme et les motifs de la dissolution d’un groupement de fait sont clairement indiqués par le Code de sécurité intérieure. Cette dissolution ne peut donc intervenir par n’importe quel acte et pour n’importe quel motif. C’est ce qui permet éventuellement au juge d’exercer son contrôle sur la décision.

En Guinée, quel est le texte précis qui règle cette question ? Le ministre ne le cite pas dans son arrêté. Ce qui débouche nécessairement sur la question de la base juridique de sa décision.

En lisant cet arrêté, on s’aperçoit d’ailleurs que certains de ses passages ressemblent étrangement par son contenu, au décret de dissolution du groupement dénommé  » Les Zouaves de Paris » même si les textes sont différents. Ce qui pousse certains à parler de plagiat.
Dans tous les cas, s’il faut copier, il faut copier jusqu’au bout. En effet, dans le décret dissolvant « Les Zouaves de Paris « , il est indiqué que le dirigeant de ce groupement a été informé de l’intention du Gouvernement de procéder à la dissolution de ce groupement et invité à présenter ses observations dans un délai de délai de dix jours à compter de la notification d’un courrier du 16 décembre 2021 qui lui avait été préalablement adressé. Ce dirigeant a effectivement fait valoir ses observations. C’est après que le décret de dissolution a été pris.

Ce qui est désolant, au-delà de la dissolution du FNDC, c’est le fait de s’inspirer d’un décret concernant un groupuscule d’extrême droite considéré comme ultranationaliste et violent pour régler le compte d’un mouvement citoyen.

Me Mohamed TRAORE