Après le 1er Samedi d’assainissement : quels regards portent-ils des citoyens sur l’initiative à Conakry ? « d’après mes constats, rien n’a changé »

Instituée au mois de juillet dernier, l’initiative qui vise à débarrasser le pays des ordures dénommée « journée civique d’assainissement » est entrée en vigueur Samedi 06 août 2022. Deux jours après son lancement officiel par les autorités actuelles, des citoyens se sont exprimés au micro des reporters de flashguinee sur cette décision. Chacun y va de son commentaire.

Rencontré au marché de Matoto, Ousmane Camara fripier apprécie l’initiative et rappelle que nul ne peut vivre avec la saleté.

« Selon moi, c’est une bonne chose parce que la propreté est devant toute chose. Si l’Etat a entamé ça et qu’on est tous au courant maintenant que le premier samedi de chaque mois, il y aura assainissement jusqu’à 12H, c’est une bonne chose. Nul ne peut vivre avec la saleté, regardez vous même, tout ici est propre. Après avoir assaini, ils doivent ramasser des ordures, c’est important ».

Poursuivant son intervention, ce fripier lance un appel aux autorités de s’investir davantage pour que cette initiative soit pérenne :

« Commencer une chose et la terminer font deux. On est content et qu’ils continuent à assainir dans le sérieux, pas seulement sur la grande route, mais même dans les quartiers, l’Etat doit mettre des poubelles pour qu’on mette les ordures ».

Contrairement au premier intervenant, Aboubacar Camara élève en classe de terminale qui visiblement n’est pas contre l’initiative, estime cependant qu’il faut ramasser les ordures la nuit. Pour, dit-il, éviter de bloquer les citoyens à la recherche du quotidien.

« Je pense qu’il faut le faire tôt, parce que ce jour là, les gens ont dû reporter leur programme. Personnellement j’étais dans la circulation, on était venu jusqu’à Enta et on nous a bloqués là-bas. Prochainement ils doivent le faire la nuit. D’après mes constats, rien n’a changé. Ils ont pris les ordures dans les caniveaux et les ont exposés sur la route, personnellement, je n’ai remarqué aucun changement » a-t-il laissé savoir.

Dans le même sillage, Alseny Diallo, évoluant dans le commerce, pointe un doigt sur les autorités et dénonce l’amateurisme de la part des autorités dans cette activité.

« Mon constant est alarmant, parce que ça n’a pas débuté seulement le samedi passé, il y a eu des années, à chaque dernier samedi d’un moi, on organisait l’assainissement dans ce pays. Mais mon constat est que c’est vraiment douloureux parce que ça n’apporte rien. Ils disent que c’est de rendre la ville propre, rendre la ville propre, c’est d’aller jusqu’à dans les bas-fonds, retirer les tas d’ordures qui sont là-bas et les envoyer dans des endroits appropriés. Mais dire vous allez venir dans les carrefours où tout le monde vous voit, prendre des pelles (…) et dire vous allez balayer là-bas et dire que c’est propre, ce n’est pas propre parce que pendant la saison pluvieuse là, dès que la pluie tombe, il y a les ordures qui se débloquent dans les quartiers et sortir sur les grandes voies. Donc ça n’apporte pas quelque chose d’important ».

Mohamed Aguilou Diané et Mohamed Lamine Mariame Camara pour FlashGuinée

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