Militarisation de l’Axe : Ibrahima Aminata Diallo dénonce une manœuvre pour étouffer les manifestations

Au lendemain de la manifestation du FNDC pour le retour rapide à l’ordre constitutionnel, les autorités de la transition ont réquisitionné l’armée le long de la route « Le Prince ». Depuis, des unités mixtes (Policiers, Gendarmes et Militaires) sont postées à des points stratégiques.

Interrogé à ce sujet ce jeudi 04 août 2022 par nos confrères de la Radio Espace FM, le président de la Coalition Nationale des Acteurs pour la Paix et le Développement (CONAPAID) dénonce une manœuvre du pouvoir en place pour étouffer les manifestations de protestation.

Dans sa communication, Ibrahima Aminata Diallo fustige les exactions en cours sur l’Axe depuis la manifestation du 28 juillet dernier.

« On est en train d’arrêter les gens dans les cafés, dans les quartiers où même des simples passants, dès fois on ne te pose même pas de questions, on te dit de monter où on procède à des bastonnades ; vous avez vu les images. Donc il y a de ces jeunes aujourd’hui qui sont arrêtés, on ne sait là où ils sont », a-t-il déploré.

Dans ces arguments, le CNRD dit avoir réquisitionné l’armée pour la sécurité des personnes et de leurs biens. Sauf que pour ce jeune leader de l’Axe, « c’est une question de sélection et d’arrestation arbitraire à l’endroit d’une zone qu’on estime contestataire. A mon avis, c’est la sécurité des citoyens qui doit être une préoccupation au lieu de s’intéresser ici à étouffer les manifestations par ce que tout simplement il y a une expression d’indignation face à une situation exceptionnelle ».

Plus loin, Ibrahima Aminata Diallo soutient que les citoyens de l’Axe sont aussi favorables à la sécurisation des personnes et de leurs biens.

« On n’a pas dit que nous sommes contre. Nous encourageons tous les actes allant dans le sens de la sécurisation des personnes et de leurs biens mais que cela soit une pérennité et que ça ne soit pas une feuille de paille pour amuser les gens. Il faudra que cela soit continuel et non pas seulement dans cette zone mais partout où il y a des citoyens qui se plaignent d’une insécurité. C’est leur rôle; nous pourrons même les accompagner si cela est nécessaire mais pour l’instant, nous pensons que c’est pour étouffer les manifestations », a-t-il lâché.

Mardi dernier, le tribunal de première instance de Dixinn a libéré 17 jeunes pour des « faits non constitués ». Reste à savoir si les leaders et autres partisans du FNDC, arrêtés en marge de cette manifestation, seront aussi libérés ou retenus coupables.

Attendons de voir…

Boubacar Barry

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