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Plus de 100 partis politiques mal évalués ? ‘’Le MATD est utilisé pour prolonger une transition’’, s’inquiète Eduard Zoutomou

Ce jeudi 18 juillet, au cours de la session de présentation, d’échanges et d’amélioration du rapport provisoire des données collectées lors de l’évaluation des formations politiques, le ministre Ibrahima Kalil Condé a dénoncé le mode de création des partis politiques en Guinée.

Réagissant à la sortie médiatique du patron du département de l’administration du territoire et de la décentralisation, le président de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), Édouard Zoutomou Kpoghomou, assure que ‘’le général Ibrahima Kalil Condé est très en retard par rapport à un monde très avancé. L’évaluation des partis politiques a été une procédure très incohérente. Quand les missionnaires sont passés dans les sièges des partis politiques, c’est sur la base d’un questionnaire. Mais les réponses qui ont été données ne figurent nulle part dans les résultats présentés aux partis politiques. Et je trouve ça très regrettable pour un département qui a en charge la gestion des partis politiques’’.

Avant de poursuivre : ‘’On nous dit que notre agrément n’est pas valide, on ne sait même pas pour quelles raisons. Pourtant, tous les documents demandés ont été présentés. Mais on dit que l’agrément n’est pas valide. Pourtant, il a été signé par un ministre en 2009. Les textes, que ce soit les statuts, le PV de création, la liste des membres fondateurs, tout a été déposé. Je suis sidéré’’.

Opération pour favoriser le glissement de la transition ?

Pour Édouard Zotomou, l’évaluation des partis politiques vise à prolonger la transition. ‘’Le ministère de l’administration du territoire est en train d’être utilisé justement pour pouvoir prolonger inutilement une transition qui n’a plus droit d’exister. Il est mis à profit pour museler les efforts des organisations de la société civile et politiques’’, déplore-t-il.

‘’Nous ne sommes pas le seul parti. Il y a près de 100 partis politiques. Je n’étais pas là, j’ai envoyé le secrétaire administratif. La procédure est mal préparée parce qu’elle n’a pas tenu compte de tous les paramètres. Il y a beaucoup de dessous qu’on ne peut mettre sur la place publique. Plus de 100 partis politiques ont fait la même revendication. J’ai suivi hier la réaction du parti MODEL. Les annotations étaient contraires au questionnaire posé, même les documents envoyés qu’ils nous ont envoyés ne figurent pas le rapport’’.

‘’Nous, nous sommes en règle. Du siège jusqu’au mode de fonctionnement et de financement, tout est en règle. Eux, ils ont la responsabilité de subventionner les partis politiques, mais personne n’en parle’’, ajoute-t-il.

Des partis en règle dans le viseur de la junte ?

Pour le vice-président de l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie, ‘’nous nous plions à chaque fois qu’on demande une évaluation, nous sommes prêts à y aller. Sinon, c’est la deuxième fois en moins de 12 mois qu’on évalue les formations politiques. Nous nous sommes même présentés plus de trois fois au département pour leur dire que lors de la première évaluation, ils n’ont pas rendu visite à toutes les formations politiques. Tout ça, c’est pour ne pas être surpris. Comme nous voyons comment les choses marchent, nous avons préféré prendre les devants. On leur a fourni tous les documents. Mais il y a quelque chose d’autre qu’on ne veut pas dire’’.

Des partis à caractère ethnique ?

‘’Quand le ministre de l’administration du territoire dit que les partis politiques sont créés sur la base de clans, de cercles et autres, il ne faut pas qu’il oublie que l’idée de création d’un parti politique peut partir d’un individu ou d’un groupe d’individus qui ont les mêmes affinités. C’est après qu’on élargit le concept à d’autres milieux, peut-être la famille, le village, la région et tout le pays’’, renseigne M. Zotomou.

Maintenant, poursuit-il, ‘’il faut voir à travers les gens comment les partis formés vont participer à la gestion du pays, élargir à tout le monde. Par exemple, le président de la jeunesse de notre parti est un avocat soussou. Moi, je suis de Yomou et la présidente des femmes est peule. Comment peut-on sauter sur des choses comme ça alors qu’on ne connait pas la nomenclature réelle des partis politiques. On colle à tout le monde ce genre de déclarations. Ce n’est pas du tout professionnel’’.

Source VisionGuinee.Info

Présidence : le président Doumbouya nomme la DGA de l’ADAZZ (décret)

A travers un décret diffusé ce vendredi, 19 juillet 2024 à la télévision nationale, le président de la transition guinéenne, le Général Mamadi Doumbouya, a procédé à la nomination de la directrice générale adjointe de l’Autorité de développement et d’administration des zones économiques spéciales et des zones industrielles (ADAZZ).
Il s’agit de Mme Alimatou Kaba, précédemment conseillère à la Présidence de la République.d

TPI Kaloum: 10 mois de prison requis contre Mariame Nabé, pour diffamation contre Aboubacar Diallo

Le procès qui oppose le directeur général du Groupe Fréquence Médias à son employée Mariame Nabé s’est poursuivi devant le tribunal correctionnel de Kaloum ce vendredi 19 juillet 2024.

Pour cette 2e comparution, l’accusée Mariame Nabé devait apporter des preuves selon lesquelles Aboubacar Diallo a détourné une somme donnée par la Présidence de la République destinée au payement du personnel qu’il aurait reçu Et cela via les réseaux sociaux et téléphoniques.

 A l’entame, une copie des échanges a été remise au juge d’instruction par l’accusée, constituant une preuve qui, selon elle,  établit le payement d’un montant à Aboubacar Diallo.Elle a également parlé des preuves se trouvant sur les réseaux sociaux. A la question de savoir où se trouvent ces supports ? L’accusée a répondu: « je n’ai pas d’argent pour m’acheter une clef ».

Plus loin le juge, a posé la question de savoir si ces documents fournis laissent voir une preuve quelconque, là également elle déclare :

« ce sont nos échanges, lisez et vous comprendrez ce qui se passe même si ce ne sont pas les mots directs”, s’est défendue dame Nabé.

Apres un long questionnement sur la santé de Mariame Nabé qui serait liée à une détérioration mentale puisque la famille de la mise en cause met en doute sa santé mentale pour cause de consommation de drogue. La journaliste dit être la mal-aimée de la famille et évoque les raisons de maraboutage de la part de sa famille. D’ailleurs elle dit être chassée de sa famille puisqu’elle voulait porter plainte contre Aboubacar Diallo et que la famille s’est opposée.

Partant de ces faits, à la question de savoir également si elle dispose des preuves quelle que soit la forme pour prouver ses accusations de détournement contre Aboubacar Diallo, Nabé de lancer :

« je n’ai aucune preuve pour prouver ce que j’avance mais je sais et Dieu sait que c’est vrai. D’ailleurs j’ai des sources que ne vais pas dévoiler ici.  Mais il a reçu de l’argent », insiste-t-elle.

Après une vérification de ses profils sociaux, sur lesquels elle profère des menaces et injures à l’endroit du plaignant, Mariame Nabé a rejoint le siège des accusés.

Appelé à la barre à son tour, le plaignant Aboubacar Diallo de confier : ”si, j’ai une maison qui n’est pas une première ni la seule, et que je suis associé ou travaille pour la société ”Guinée millions”, je suis désolé si elle est frustrée. Mais à travers ses publications et agissements, elle enfreint ma paix intérieure ».

A la demande du procureur de savoir si Aboubacar Diallo aurait recu de l’argent à la présidence?

Le plaignant a répondu:  » je n’ai reçu aucun franc de la Présidence. D’ailleurs depuis 2 ans, je n’ai pas mis pieds à la présidence. Je suis un honnête citoyen ».

Ainsi, le ministère public a requis le maintien dans les liens de la culpabilité Mariame Nabé pour diffamation, menaces et harcèlement et une condamnation de 10 mois dont 2 assortis de sursis. Tout en ordonnant la confiscation des objets utilisés pour ces actes c’est-à-dire les téléphones.

Pour sa défense, Mariame Nabé a plaidé: « Je suis une citoyenne ordinaire, que la sagesse de la loi soit appliquée. Je m’en remets à Dieu »

Sur ces mots, le juge a décidé de confisquer les téléphones de l’accusée Fatoumata Nabé et renvoyé l’affaire au 24 juillet 2024 pour le délibéré.

 

TPI Kaloum: 10 mois de prison requis contre Mariame Nabé, pour diffamation contre Aboubacar Diallo 

Source Mediaguinee.com.

Le ver serait-il dans le fruit ? (Par Sény Facinet Sylla, vice-président du CNT)

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Je ne suis pas partisan de la théorie du complot. Mais je suis tenté de me demander si le ver n’est pas dans le fruit. Je me demande si les Guinéens doivent désormais compter avec des crimes gratuits dans le pays. 

L’explosion destructrice du dépôt d’hydrocarbures de Coronthie s’est produite le 18 décembre 2023. Il y a de cela bientôt 7 mois. Son impact économique est évalué à plus de 400 millions de dollars américains, avec une kyrielle de conséquences sociales et psychologiques incalculables.

Par la suite, des incendies de lieux stratégiques, aussi spectaculaires les uns que les autres, se sont enchaînés à Conakry. De cette série noire, pas le moindre indice ne situe encore le public sur les causes de ces catastrophes, et les responsabilités qui en découlent.

Sur le registre des droits humains, nous venons de connaître le 9 juillet 2024, l’enlèvement crapuleux de Foniké Manguè et de Billo Bah. Et plus avant, depuis novembre 2023, c’étaient ceux de Cécé Célestin Bilivogui et de Moussa Cheick Soumah.

On peut parler d’enlèvement crapuleux, car le communiqué du parquet général sur lesdits événements affirme qu’aucun ‘’organe d’enquête n’a procédé à aucune interpellation ou arrestation de qui que ce soit. Mieux, qu’aucun établissement pénitentiaire du pays ne détient ces personnes faisant objet d’enlèvement’’.

Cette déclaration a créé de l’effroi et provoqué un émoi sans précédent dans l’opinion. Elle est gravissime, dans la mesure où c’est l’organe chargé de la protection des libertés individuelles et collectives qui avoue son incapacité à protéger les citoyens.

Les personnes concernées auraient été interpellées par les voies légales et présentées à un juge, personne, de bonne foi, n’aurait trouvé à redire. Mais si en dépit des réformes menées, et en cours dans les secteurs de la sécurité et de la justice, à l’appui d’importants moyens humains, matériels et financiers ; s’il reste possible aux groupes criminels de disposer des paisibles citoyens, sans être inquiétés, dans un Conakry relativement modeste dans ses dimensions, alors on peut dire que le ver est véritablement dans le fruit. Par conséquent, des mesures appropriées de l’en extraire s’imposent de toute imminence.

Allah le Très Haut est imploré à nous en procurer l’inspiration et les moyens d’y parvenir. Aameen !!!

Sény Facinet Sylla
2ème Vice-Président du CNT

Les Nations Unies au général Doumbouya : ‘’il est très important de continuer à travailler ensemble pour le développement de la Guinée’’

A la tête d’une importante délégation, la secrétaire générale adjointe de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Amina Jane Mohammed a été reçue en audience ce jeudi 18 juillet par le général Mamadi Doumbouya, président de la transition. Les échanges ont porté sur la nécessité d’accélérer la mise en œuvre des Objectifs de développement durable (ODD) et le renforcement de l’appui du Système des Nations Unies à la Guinée.

Cette audience marque la fin d’une visite de travail de 48 heures de la délégation onusienne dans la capitale.

‘’Je voudrais vous remercier pour cette opportunité de m’adresser au peuple de Guinée. Je remercie le président guinéen et tout son gouvernement pour l’accueil chaleureux que nous avons reçu depuis notre arrivée’’, a déclaré la secrétaire générale adjointe de l’ONU et présidente du Groupe des Nations Unies pour le développement durable.

Amina Jane Mohammed souligne qu’il est ‘’très important de continuer à travailler ensemble pour le développement de la Guinée’’, avant de préciser qu’au cours du séjour de la délégation qu’elle a conduite, ‘’nous avons eu des rencontres avec des membres du gouvernement, des femmes ainsi que des représentants du peuple qui ont parlé des opportunités, mais aussi des problèmes auxquels ils font face tous les jours’’.

Avant de quitter Conakry, cette ancienne ministre nigériane de l’environnement a insisté sur le fait qu’il est ‘’essentiel de continuer à travailler ensemble en Guinée, au sein de la sous-région ouest-africaine. Nous sommes tous liés. Il est important que nous travaillons ensemble sur des questions de développement’’.

Selon le ministre des affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, ‘’pendant les échanges, il s’est trouvé que la secrétaire générale adjointe avait la même vision que le président. Nous avons un trépied en Guinée. Il comprend le social pour recoudre le tissu social guinéen, le vivre-ensemble, ensuite l’économique pour faire en sorte que les richesses de la Guinée revienne à la Guinée. C’est dans ce cadre le Simandou 2040 a été fait. Nous sommes en train de voir les résultats. Troisièmement, nous avons la création d’institutions fortes qui doivent résister aux changements. Elle a dit qu’on peut parler de transition, mais on doit aussi parler de développement’’.

Le chef de la diplomatie assure que ‘’jusque-là, les projets étaient du saupoudrage. Les Nations Unies veulent maintenant faire un grand projet inclusif avec notre pays’’.

Source VisionGuinee.Info

Salifou Camara Super V n’est plus: L’homme tel que je l’ai connu (Par Abdoulaye Condé)

L’ancien Président de la Fédération Guinéenne de Football, Salifou Camara Super V a tiré sa révérence, lundi 15 Juillet 2024 à Paris. Comme il aurait voulu, dans la protection, loin des regards et commentaires indiscrets de Conakry.

Ce décès qui intervient 10 ans jour pour jour après la finale de la Coupe du Monde 2014 au Brésil qu’il a permis au Président Antonio Souaré et moi-même de suivre depuis la Tribune présidentielle de Maracana Stadium ainsi que Prési Laye Oumar Koulibaly et Mme Fatou Kouyaté de l’ambassade de Guinée à Londres, nous inspire l’humilité. Homme de caractère, brillant et structuré, j‘ai connu Salifou Camara dans les années 80, mais sa collaboration et son amoureux respect pour le Président Antonio Souaré ont forgé entre nous des liens très forts et des souvenirs impérissables.

Lors d’un de nos multiples appels journaliers, pour parler du tout et de rien, je cherche à m’enquérir des nouvelles, entre autres, du Président Salifou Camara Super V auprès de mon cher ami, Ibrahima Blasco Barry, le mercredi 10 juillet 2024 aux environs de 16 heures.

La réponse du nouvel Elhadj est terrifiante : « À toi, je peux dire mais c’est très confidentiel, notre ami n’est pas au mieux de sa forme, il est à l’hôpital à Paris dans le coma … Personne n’est au courant tu sais qu’il est discret.. J’ai parlé avec lui la veille, il était avec un groupe probablement pour le restaurant. Avant de me raccrocher par : « SG si ça se coupe à demain », je l’ai entendu dire après avoir fait descendre ses compagnons : « Je vais garer… »

Même si j’ai voulu croire le contraire, je finis par admettre l’argumentation de Blasco sur le fait que la nature très secrète de Salifou Camara Super V n’allait laisser transparaître la moindre faille sur la confidentialité qui entoure sa maladie et son hospitalisation d’autant que la dure épreuve a lieu à plus de 6 000 kilomètres de Conakry dans son somptueux appartement de la Défense et à l’hôpital Bichât de Paris.

Avant de me cloitrer dans le silence absolu recommandé par Blasco, je pris cependant le soin de chercher confirmation auprès de son protocole, Koulibaly, l’homme à tout faire, qui ajouta que ses portables ont été éloignés de son patron désormais inaudible.

C’était le début du compte à rebours qui s’est douloureusement achevé ce lundi 15 juillet par un appel interrogatif de mon ami Mamadou Dian Diallo : « Il paraît que Salifou est décédé ? »

Oui, le très solitaire Salifou Camara Super V, qui a offert à sa vie le confort maximal moral, financier et matériel de ses moyens et ressources financières, matérielles dans la discrétion à la limite de la cachette, a effectivement rendu son dernier souffle sans bruits.

Qui était Salifou Camara Super V ?

C’est à Fria qu’il fréquentait dans les années 78, 79, 80 quand cette ville était une véritable Cité industrielle (une exception dans la Guinée centralisée sous le Parti-Etat) que je vois pour la première fois Salifou Camara Super V avec ses cousins Paul Camille et Jean Bangoura, deux amis d’enfance.

À la piscine précisément où avec les amis Mamadou Saliou Diallo, Amara Camara Boca, Harouna Camara Icrami, Abdoulaye Diallo Don Pass, Patrick Gnimassou, Alpha Oumar Baldé Vanco, Mamadou Camara Mazo ont consacrait quelques soirs de la semaine et la journée du samedi à la natation et au baby-foot. Pochette en main, c’était toujours plaisant pour le jeune toujours soigné à l’allure opulente d’exprimer à nous qu’il appelait déjà individuellement  « mon ami » sa générosité en assurant la note des jeux qui nous éloignaient des très rares vices de l’époque.

Brillant élève, Salifou Camara a arrêté les études en 13ème année pour se lancer dans les affaires de pierres précieuses et d’intermédiation dans l’achat et la vente du bâti et non bâti.

Avec l’appui de son frère Ansoumane Fofana, aucun « Mister » n’exportait un gramme à l’époque à partir de l’aéroport Gbessia sans passer par lui. Ces activités font de lui un jeune prospère. Dans le contexte de la première République, c’était une rareté sinon une exception.

À Conakry où les études universitaires nous ramèneront, je croise souvent Salifou Camara Super V dans la circulation et au stade du 28 septembre où on sentait chez lui une réelle passion pour le Football.

À l’avènement du 3 avril 1984, il est l’un des touts premiers Guinéens à bénéficier de l’option libérale des tombeurs de l’Etat commerçant prôné par le régime du PDG. En plus des marchés de fournitures et de prestations au compte de l’administration, il se voit octroyer l’unique supermarché de l’époque du nom de SOCOMER rebaptisé Super V et quelques stations publiques de carburant.

Cette posture construit un homme d’affaires financièrement armé et prospère que l’establishment sportif de l’époque propulse à la vice-présidence de la Fédération Guinéenne de Football non sans tambouille en 1994 et puis Président intérimaire en 2000 après la nomination de Dr Baba Sacko comme ambassadeur à Alger.

La dissolution de ce Comité Exécutif en 2001 suite à un mauvais résultat sportif du Syli National au stade du 28 septembre par le ministre des Sports de l’époque, déclenche chez Salifou Camara Super V une féroce et acharnée guerre contre Kader Sangaré avec l’appui notamment de l’observateur de son ami Tibou Kamara.

Si, j’ai pas voulu associer « La Nouvelle Tribune » à la campagne de destruction de Kader Sangaré, il n’en demeure pas moins vrai que le ministre et le gouvernement n’avaient aucunement le droit de dissoudre la Fédération Guinéenne de Football entraînant la suspension de la Guinée avec la disqualification de l’équipe cadette de la finale de la CAN 2001 de sa catégories aux Seychelles, le 03 mars 2001 et des phases finales de la coupe du monde des moins de 17 ans disputées à Trinité-et-Tobago du 13 au 30 septembre 2001.

Malgré cette interruption brutale, Salifou Camara Super V a pu mettre à profit le court mandat à la présidence pour trouver un site à Teminètaye et négocier auprès de la FIFA, le financement de l’actuel siège de la Fédération Guinéenne de Football.

Cependant, l’Etat qui lui impute la responsabilité des sanctions infligées par la FIFA et la CAF suivant les règlements, décide de fouiner dans les marchés accordés aux sociétés de l’homme d’affaires pour punir Salifou Camara Super V.

Le Comité National de Lutte contre la Corruption (CNLCS) cible le contrat de fournitures des timbres fiscaux déjà exécuté par DISTRIGUI et parle d’anomalies dans la passation du marché pour incriminer l’ancien ministre des finances, Ibrahima Kassory Fofana et réclamer des centaines de millions GNF à Salifou Camara Super V mis aux arrêts et conduit manu militari à la maison centrale de Coronthie.

Là, il fait la connaissance du leader et candidat du RPG à la présidentielle de décembre 1998, Alpha Condé stoppé dans sa cavale vers la Côte d’Ivoire à Gama Berema (Lola) et déferré à la Maison centrale. En détention, le futur Président Guinéen et l’ancien futur Président de la Fédération Guinéenne de Football nouent une solide relation amicale et fraternelle d’ordre familial.

Entre les 4 murs, Salifou Camara ne se résigne pas à la fatalité, il se bat de toutes ses forces contre les accusations qu’il qualifie d’imaginaires et fantaisistes.

La longue procédure judiciaire que j’ai soutenue pour contrer la cabale politique dirigée surtout contre l’ancien ministre Kassory Fofana par des proches du Président Lansana Conté a permis à Salifou Camara, déterminé et combatif, de déjouer le montage grossier, de sauver son honneur et celui de son frère contraint à l’exil aux États-Unis.

Cependant, Salifou Camara Super V garde le profil très bas car il se sait fragile et toujours vulnérable, malgré cette éclatante victoire judiciaire. Pas pour longtemps.

La spectaculaire propulsion de Mamadou Sylla du Groupe Futurelec, auquel le Président Lansana Conté offre l’essentiel des opérations commerciales de l’Etat, à la présidence du CNP-Guinée et à celle du Conseil national du secteur privé permet à Salifou Camara Super V de refaire surface. Vice-président du CNP-Guinée, il devient l’alter ego et l’éminence grise de Mamadou Sylla, le nouveau Monarque des marchés publics et des opérateurs économiques obligés de faire allégeance à la nouvelle et dernière coqueluche du Président Lansana Conté, pour continuer à exister.

Dans l’ombre de l’incroyable puissance de Mamadou Sylla sur lequel il exerçait une discrète mais efficace influence, Salifou Camara Super V a une vue sur les marchés de l’Etat globalement accordés à Futurelec et témoin de la constitution des gouvernements du Président Lansana Conté entre 2002 et 2008. À ce titre, beaucoup de cadres, dans cette période, lui doivent leur nomination. Avec Fernand Bangoura, Fodé Moussa Sylla, il crée l’UDIBAG (l’Union pour le Développement Intégré de la Basse Guinée), un mouvement economico-politique permettant d’avoir la mainmise sur les tous les opérateurs économiques et commerçants avec les antennes installées dans les 4 régions naturelles du pays.

En avril 2005, il était présent chez Fodé Bangoura à Dixinn quand un groupe de dignitaires du régime concoctait nuitamment le plan d’annulation du décret de nomination du gouvernement formé, le 05 avril par le Premier ministre et de limogeage de Cellou Dalein Diallo chez lequel on fêtait la victoire non loin du lieu de « complot ».

En 2007, alors qu’ils revenaient de chez le Président Lansana Conté où la nomination de Dr Ibrahima KassoryFofana à la Primature venait d’être acté en cette période de turbulences sociopolitiques majeures, c’est par Salifou Camara Super V que le Président du RPG, Alpha Condé passe pour demander à Mamadou Sylla de rebrousser chemin et aller défendre la candidature de Lansana Kouyaté parmi les 4 personnalités proposées par la société civile et les syndicalistes. Sans doute que le Président Lansana Conté, qui avait déjà eu plusieurs contacts avec l’ancien secrétaire exécutif de la CEDEAO n’allait pas faire autre choix, mais l’intervention de Mamadou Sylla a conforté et accéléré la nomination de Kouyaté à la Primature non sans conséquences pour le Premier ministre de consensus.

Comme pour Cellou Dalein Diallo, il a également été témoin des actions de Mamadou Sylla pour le limogeage de Lansana Kouyaté en mai 2008 et de la formation du Gouvernement de large ouverture de Tidiane Souaré.

Avant la présidentielle de 2010, c’est Salifou Camara Super V qui trouve la porte d’entrée pour le candidat du RPG chez le Général Sekouba Konaté en présentant et recommandant Alpha Condé à son frère, Ansoumane Fofana « Digbé », oncle du Président de la Transition.

Après l’élection du candidat du RPG Arc-en-ciel en 2010, il milite pour la nomination de Kassory Fofana à la Primature. Dans cette initiative personnelle, il me convie à un voyage à Dakar à la rencontre de quelques proches du nouveau Président Guinéen dont Rachid Ndiaye à qui il m’avait proposé pour être le représentant en Afrique de l’Ouest du Magazine mensuel Matalana que le futur ministre de la Communication venait de lancer en 2005.

Il n’a jamais abandonné ce combat personnel jusqu’à sa concrétisation avec la nomination en mai 2018 de Kassory Fofana dans les fonctions de Premier ministre, Chef du Gouvernement.

Alors que le souci majeur de Salifou Camara Super V est la promotion de Dr Ibrahima Kassory Fofana, le nouveau Président Alpha Condé, lui, veut réparer une « injustice » et réhabiliter son frère à la présidence de la Fédération Guinéenne de Football qu’il avait quittée sous la pression politique en 2001. Cette volonté politique du Président Alpha Condé coïncidant avec la fin du mandat de Aboubacar Bruno Bangoura ainsi que la sollicitation de nombreux acteurs sous la houlette de Ibrahima Blasco Barry sont quelques facteurs qui facilitent, le 18 août 2011, l’élection de Salifou Camara Super V,  avec 78 voix sur 118, et son retour à la présidence de la Fédération Guinéenne de Football 10 ans après son départ forcé.

Salifou Camara Super VMamadou Antonio Souaré De la révérence à la démolition

Si les circonstances et le hasard m’ont souvent amené à croiser le chemin de Salifou Camara Super V et de vivre ces faits et tant d’autres de près depuis de longues années, j’avoue que ma grande proximité avec celui qui m’appelait pourtant « mon ami  » depuis les années 80 n’a été réelle et concrète que par le truchement du Président Antonio Souaré.

Solitaire, il sait circonscrire les relations dans les limites de ses besoins. Cependant, en janvier 2012, quelques mois après son élection, il m’invite aux phases finales de la CAN conjointement organisée au Gabon et en Guinée Équatoriale où son secrétaire général, Ibrahima Blasco Barry assure mon séjour à Franceville, poule du Syli National.

Le PDG de Guinée Games, Antonio Souaré, souvent présent aux grands événements sportifs internationaux, est au rendez-vous pour soutenir le Syli National et le nouveau Comité exécutif de la Fédération Guinéenne de Football dans lequel siège son ami de longue date, Laye Oumar Koulibaly, ancien Président du Horoya AC. À l’occasion, il offre un complet de bazin à chacun des membres du nouveau Comité Exécutif. Le Président de GPT présent prive Salifou Camara Super V de sa part. C’est le début d’une aventure.

En effet, de retour à Conakry, le Président Antonio Souaré honore, sur proposition de son ami, Laye Oumar Koulibaly formulée à Libreville en marge des phases finales de la CAN, son engagement de prendre la présidence du Horoya AC et remplace Me Alfred Mathos à l’issue d’une assemblée générale extraordinaire ténue le 20 mars 2018 dans la salle du 28 septembre du Palais du peuple.

Mais, les rapports des premiers mois ne sont pas au beau fixe avec le Président Salifou Camara Super V que le nouveau Président du Horoya et son entourage trouvent trop éloigné des acteurs dans sa méthode de gestion de la Fédération Guinéenne de Football.

À vrai dire, quand il a été question d’élections en 2011, Amadou Diouldé Diallo et moi avons proposé à Antonio Souaré de se porter candidat à la présidence. Le PDG de Guinée Games n’a pas accédé à notre demande.

Face au mystère qui entourait sa gestion et l’aversion que provoquait son éloignement, il a été envisagé de soutenir le vice-président, Djibril Diarra Becken pour remplacer Salifou Camara Super V lors de l’assemblée générale de mi-mandat du mois d’août 2013.

L’opération a été un cuisant échec, notre candidat a renoncé face à la mainmise du duo Salifou Camara Super V-Ibrahima Blasco Barry sur les membres statutaires qui ont à l’unanimité adopté tous les rapports soumis et renouvelé leur confiance au comité exécutif.

Mais, ébranlé par ce qu’il considère comme un « complot déjoué » , Salifou Camara Super V soupçonne le Président du Horoya AC, Antonio Souaré d’être derrière la tentative de son vice-président, Djibril Diarra Becken.

À mon initiative, le vice-président Guinéen de la CAF, Almamy Kabèlè Camara réunit Antonio Souaré et Salifou Camara Super V dans un superbe hôtel de Casablanca, le 17 novembre 2013, en marge du match de barrage qualificatif pour les phases finales de la Coupe du Monde 2014 Brésil Côte d’Ivoire-Sénégal dont il était le commissaire. Les 2 dirigeants scellent un pacte à l’issue de cette réunion de Casablanca. C’est le début d’une certaine complicité sinon de cogestion du Football Guinéen.

Par rapport à son frère Antonio Souaré qu’il appelle désormais  «  mon frère », Salifou Camara Super V adopte un comportement de révérence amoureuse à la limite de la vénération qui m’oblige dorénavant à l’égard du Président de la Fédération Guinéenne de Football.

À la finale de la Coupe du Monde à Rio de Janeiro, il trouve pour le Président Antonio et moi-même 2 tickets Loge Présidentielle qui nous a permis de suivre le match Allemagne-Argentine à la même tribune au Maracana Stadium que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’époque. Il en était ainsi à tous les événements de la CAF et de la FIFA organisés par les commissions dont il était membre : CHAN, Coupe du Monde interclubs. À la veille de cette finale, il présente avec déférence le Président Antonio Souaré au Président de la FIFA de l’époque, Joseph Sepp Blatter.

Seulement pour le Horoya AC, il se déplace systématiquement sur tous les stades Africains pour supporter aux côtés de son frère, Antonio Souaré, le champion de Guinée dans ses campagnes Africaines. Je le revois avec l’ambassadeur Djigui Camara arrivant à Ndola (Zambie) après des vols compliqués et éprouvants pour un match du Horoya AC.

Le Président Antonio Souare savait rendre la monnaie par sa présence aux matchs des différentes catégories du Syli National en éliminatoires et aux phases finales disputées systématiquement à l’étranger pour cause de la pandémie à virus Ebola.

Pour la candidature de la Guinée à l’organisation des phases de la CAN 2019 et 2021, le Président Antonio Souaré est le seul dirigeant de club que Salifou Camara Super V associe à la campagne jusqu’à la décision finale en septembre à Addis-Abeba où la CAF octroie l’édition 2023 à la Guinée alors que le dossier n’était même pas ouvert à cause notamment du vice-président, Almamy Kabèlè Camara mais aussi de tout ce beau monde qui formait une équipe efficace, admirable, respectée par les autres Associations membres de la CAF.

Après la qualification du Syli National au stade Mohammed V de Casablanca pour les phases finales de la CAN 2015 initialement prévues au Maroc mais finalement disputées en Guinée Équatoriale, SalifouCamara Super V et le Président Antonio Souaré conduisent la délégation sportive Guinéenne à Marrakech où séjournait le Président Alpha Condé, réveillé tard la nuit pour féliciter les joueurs.

À Malabo où se trouve la poule de la Guinée, le Président Antonio Souaré œuvre afin que le groupe reste uni dans le même réceptif hôtelier derrière Salifou Camara Super V et lui.

La colère du Président Antonio Souaré contre le sélectionneur Michel Dussuyer après la débâcle du Syli National en quart contre les Blacks Stars du Ghana a obligé le Président de la Fédération Guinéenne de Football, Salifou Camara Super V a accepté la démission du technicien Français.

Sur le plan local, ses désirs et revendications sont généralement satisfaits. Comme la modification par Ibrahima Blasco Barry du règlement du championnat national pour faire passer le nombre de joueurs étrangers admis de 5 à 15 sous ma dictée conformément aux instructions du Président Antonio Souaré. Comme également l’attribution des 3 points au Horoya AC contre le CIK match non joué pour refus de Mathurin Bangoura de laisser rentrer le bus de l’équipe visiteuse dans le stade de Sangaredi.

Face aux premières mesures annoncées par Thierno Abdoulaye Bah, par ailleurs proche du Président du CIK, notamment la suspension du commissaire de match, Lahassane Youla, qui provoquent des suspicions à couper l’appétit chez le Président Antonio Souaré, j’appelle Salifou Camara Super V qui rassure :  « Horoya AC aura les 3 points » .

Le 05 mars 2015, Salifou Camara m’appelle et me demande la date retour à Conakry du Président Antonio Souaré avec lequel je suis assis au Café de la Piscine à la Place Hebert dans le 18ème arrondissement de Paris en m’informant que son vol à lui est programmes pour le 08 mars et que dans le même appareil Air France embarquent un célèbre passager en la personne du Président de la République, Alpha Condé et son frère, Ibrahima Kassory Fofana. Il ne nous restait plus qu’à modifier nos billets pour réserver les 2 places restantes.

Quelques minutes après le décollage, Salifou Camara Super V, de retour des toilettes, prends par la main le Président Antonio Souaré assis à mes côtés, pour le devant de l’appareil où sont installés le Président Alpha Condé et son ministre, Kassory Fofana. Ma curiosité me fait déplacer vers eux.

Les propos tenus et les superlatifs employés par Salifou Camara Super V et le ministre Kassory Fofana pour présenter le Président Antonio Souaré sont très élogieux. Ils impressionnent fortement le Président Alpha Condé et l’amènent à adopter Antonio Souaré comme son frère au même titre que les 2.

Les numéros de portables sont échangés sur place. Kassory Fofana est allé jusqu’à dire : «  Ntara (mon frère), si vous avez besoin de lui, n’utilisez aucun intermédiaire même moi, ne passez pas par moi » . Sans doute que le Président Alpha Condé avait déjà vu et même reçu le Président Antonio Souaré notamment lors des législatives 2013 pour demander son soutien au candidat du RPG Arc-en-ciel à Kaloum, Djibril LeviaBangoura confronté et battu par Baidy Aribot soutenu par l’opposition. Comme cette défaite, toutes les précédentes rencontres avant celle de l’avion étaient restées sans suite ni effets.

Depuis, les appels présidentiels ponctuent les journées du nouveau jeune frère devenu fréquent à Sekhoutoureyah et souvent invité à la table présidentielle.

Quelques jours après le retour à Conakry, le Président Alpha Condé visite le chantier de Yorokoguia. Il confie à Antonio Souaré plusieurs missions exécutées avec Fodeba Isto Keira notamment un spectacle pour marquer la fin du virus à Ebola et des meetings politiques de pré campagne à l’élection présidentielle du mois d’octobre 2015.

Le Président Alpha Condé demande à Antonio Souaré de soutenir également la campagne de réélection de Salifou Camara Super V à la présidence de la Fédération Guinéenne de Football en août 2015.

Il s’acquitte de la mission. Réélu, Salifou Camara Super V crée la Ligue Guinéenne de Football Professionnel sur demande pressante du Président Antonio Souaré et met en place un processus permettant à son frère d’en être le premier Président.

Comme on pourrait le constater avec ces quelques faits, Salifou Camara Super V nourrissait pour le Président Antonio Souaré un vrai amour, une considération et une confiance absolues. Dans cette posture, il convainc Mamadou Sylla qui l’accepta de céder la Présidence du CNP Guinée au Président Antonio Souaré. Une réunion ténue au domicile du PDG du Groupe Futurelec à Dixinn Bora entérine le principe. Malheureusement, le pressenti n’a pas donné suite et n’est plus revenu trop occupé par la passion du Football.

N’empêche que sur ce registre, Salifou Camara laisse au Président Antonio Souaré les mains libres par rapport aux équipes nationales.

Au Rwanda en 2016, le Président Antonio Souaré coordonne dans les faits la participation au CHAN du Syli National B ou local qui atteint la demi-finale de la compétition.

Parallèlement à cette belle entente, la crise germe au sein du comité exécutif : le vice-président, Amadou Diaby se sent marginalisé et revendique sa légitimité, certains membres du Comité Exécutif supportent de moins en moins la prépondérance supposée ou réelle du Président de la Fédération Guinéenne de Football. Amadou Diaby pousse la plainte jusque chez le Président Alpha Condé. Ce dernier tente en vain de concilier les positions en réunissant outre les protagonistes Amadou Diaby et Salifou Camara Super V accompagné de la vice-présidente Mme Traore Zalikatou Diallo, le ministre des Sports, Siaka Barry, le ministre Ibrahima Kassory Fofana et le Président Antonio Souaré. Salifou Camara Super V reste campé sur sa position et ne veut pas admettre Amadou Diaby.

Le Président Alpha Condé ne digère pas son échec, il instruit Antonio Souaré et Kassory Fofana, après la réunion, de ne plus supporter Salifou Camara Super V. Quelques jours après, le 23 mars précisément, éclate une fronde animée par 11 membres du comité exécutif contre le Président de la Fédération Guinéenne de Football. Parfois hermétique aux conseils, il refuse les initiatives de médiation, ma proposition de calmer le jeu, celle du Président Antonio Souaré d’informer le Président Alpha Condé qu’il accompagnait dans sa visite officielle en Turquie au moment de la révolte, et sa réaction au mémo des frondeurs alimente davantage la crise. Salifou Camara Super V croit beaucoup en ses capacités et forces. Une qualité et un défaut.

Les frondeurs durcissent leur position et réussissent à fédérer à leur cause la quasi-totalité des membres statutaires motivés à coups d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Le Président Antonio Souaré, se souvenant de la consigne du Président Alpha Condé et convaincu que ce dernier a totalement tourné le dos à Salifou Camara Super V, accepte l’offre de la présidence de la Fédération Guinéenne de Football formulée par les frondeurs lors d’une réunion secrète et sacralisée tenue chez Amadou Diaby à Kameroun.

Face à l’impasse, la CAF et la FIFA installent un comité de normalisation présidé par le commissaire Mohamed Lamine Nabé.

À partir de là, Salifou Camara Super V soupçonne le Président Antonio Souaré d’avoir soutenu l’insurrection. C’est le début de la rupture entre les 2 hommes. Mais, en novembre 2016, en marge de la visite du Président Alpha Condé en Chine qui s’était, entre temps, réconcilié avec Salifou Camara Super V, Kassory Fofana et Mme Eva tentent de rapprocher les 2 frères sans pour autant évoquer la cause principale du différend : la guerre pour le leadership de la Fédération Guinéenne de Football. Alpha Condé que nous rejoignons dans sa suite plus tard se réjouit de la réconciliation et évoque la question de la Fédération Guinéenne de Football. Mais, nul ne répond. À vrai dire, la réconciliation n’a été que de façade. Après la Chine, les 2 hommes sont restés distants. Le Président Antonio Souaré semblait aller trop loin pour reculer.

Le 27 février 2017, à la veille de l’assemblée générale élective du 28 mars 2017, au retour de Yorokoguia où tous les membres statutaires s’étaient regroupés, j’envoie un SMS au ministre Kassory Fofana afin qu’il conseille Salifou Camara Super V de renoncer à la présidence de la Fédération Guinéenne de Football, les jeux étant déjà faits. Le ministre Kassory Fofana me charge en retour d’effectuer la même démarche auprès de Salifou Camara Super V. À l’issue d’une longue conversation téléphonique que nous avons eue de Dubreka à Conakry, Salifou Camara Super V marque son refus catégorique à cette éventualité.  «  C’est à Antonio, dit-il, que ces conseils devraient s’adresser. Mais, mon ami, s’il se présente simplement, je le combattrai toute ma vie, même si je vends ma maison… ».

Le thermomètre montait déjà chez lui n’admettant pas que celui à qui il voue un respect religieux, toujours préféré aux autres Présidents de clubs que sont Aboubacar Dinah Sampil, Mathurin Bangoura ou Kerfalla Camara KPC se range derrière ceux qui le combattent. Le lendemain à l’hôtel Sheraton avant le début des travaux, je rends fidèlement compte au Président Antonio Souaré de ces différents échanges. Ce dernier est élu à l’unanimité presque et nous quittons Conakry la même soirée pour le royaume Chérifien.

Le lendemain, 1er mars 2017, Salifou Camara Super V, qui a toujours évité la presse, était dans l’émission phare de la radio Espace pour ouvrir les hostilités. Il oublie les frondeurs et décoche ses flèches uniquement sur le Président Antonio Souaré jusqu’à la FIFA qu’il abonde de tracts durant des années accusant son successeur et désormais frère ennemi de violation du Code d’éthique.

Pour sa part, une plainte du Président Antonio Souaré consécutive à un audit faisant état de la sortie de 800 000 euros pour financer la campagne de la candidature Guinéenne à l’organisation de la CAN 2919 et 2021 conduit Ibrahima Blasco Barry, Aboubacar Morton Soumah et Aly Camara à la maison centrale, envoie et maintient Salifou Camara Super V en exil durant plusieurs mois.

N’empêche, animé d’un esprit de vengeance à tout prix, il continue sans répit son combat depuis Paris. La commission d’éthique de la FIFA ouvre une enquête dès 2017.

En réaction à ces diatribes sans arrêt contre le Président Antonio Souaré abandonné à son sort par les frondeurs membres de son comité exécutif qui l’ont entraîné dans un bourbier loin d’être le sien, des journalistes comme Ibrahima Sory Diallo D Beck, Amadou Diouldé Diallo,NFamara Bangoura, Ansoumane Bangoura, Gaoussou Diaby, Tanou Diallo, Mamadi Dioubaté Sekouba, Ibrahima Diallo, Alpha Abdoulaye Diallo, Marif Youla, Aboubacar Diallo et tant d’autres se mobilisent, à un moment ou autre, pour apporter la réplique avec virulence sur tous les fronts ouverts par Salifou Camara Super V notamment ses mails de dénonciation anonymes systématiquement envoyés aux membres du Gouvernement Guinéen, à la CAF  et à la FIFA pour demander des sanctions.

Un numéro spécial du journal « Le Populaire » produit à cet effet dépeint Salifou Camara Super V sous tous les traits sombres et tente de détruire ses accusations de violation du Code d’éthique portées contre le Président Antonio Souaré.

Mais, rien n’arrête Salifou Camara Super V, il réussit sous la couverture de l’ASK dont il devient le secrétaire général nommé par le Président Bouba Dinah Sampil, à sortir de l’anonymat et à formaliser ses plaintes contre le Président Antonio Souaré au niveau de la commission d’éthique de la FIFA.

Cependant, la résistance médiatique et les témoignages de Blasco Barry ont mis en doute pendant plusieurs années les accusations de Salifou Camara Super V contre le Président Antonio Souaré devant la commission d’éthique de la FIFA et retardé la sanction de 2017 à 2021.

Kassory Fofana, c’est le lieu de le dire, n’a jamais soutenu Salifou Camara Super V sur la question de la Fédération Guinéenne de Football contre le Président Antonio Souaré. C’est de lui que j’ai appris, pendant le bras de fer, pour la première fois l’option des frondeurs :  « Le scénario envisagé est de mettre un processus intermédiaire à l’issue duquel Antonio sera élu Président. Moi je suis favorable à ça » . Le souhait du futur Premier ministre était que son frère Salifou, qu’il aime si bien, s’éloigne enfin de la Fédération Guinéenne de Football qui ne semble pas lui porter le bonheur et la paix avec les problèmes qui se crée à chaque fois qu’il est Président.

Mais, quelques mois après l’élection du Président Antonio Souaré, le Président Alpha Condé et lui ont exigé que le mandat d’arrêt soit levé afin que Salifou Camara Super V rentre et s’explique devant la justice Guinéenne.

C’est ce qui a été fait. Le tribunal de première instance de Kaloum et la Cour d’appel prononcent l’un après l’autre un non lieu et l’acquittement pour Salifou Camara Super V, Ibrahima Blasco Barry, Morton Soumah tous visés par la plainte du Président de la Fédération Guinéenne de Football, Antonio Souaré sur les 800 000 euros. Sur l’échiquier sportif, seule l’ASK de Bouba Dinah Sampil apporte son soutien public aux anciens dirigeants poursuivis.

Les différents appels à l’arrêt des hostilités et les tentatives de médiations de l’ancien Préfet maritime Ansoumane Fofana «  Digbé », frère de Salifou Camara, l’ambassadeur Djigui Camara, de Niamey Diabaté Bond,Elhadj Mamadou Sylla, Président Dominique Traoré, Moussa Sow « Chacha », Ibrahim Diallo Mborin et tant d’autres comme Charles Sossodouano n’ont malheureusement pas porté leurs fruits jusqu’à la chute,  le 05 septembre 2021, du régime Alpha Condé.

Ce dernier reproche à Kassory Fofana d’avoir aveuglement soutenu le Président Antonio Souaré contre son « vrai frère « , mais le manque de clarté et de fermeté dès le début de la crise chez l’ancien Président de la République qui appelait pourtant les 2 ainsi que le même Kassory Fofana  « N khunya fanye (mes valeureux frères) » a laissé prospérer l’impitoyable fratricide guerre autour de la présidence de la Fédération Guinéenne de Football qui n’a malheureusement fait que des vaincus et perdants et le Football Guinéen, en a été la grande victime de la guerre de démolition entre ses dirigeants.

Homme de caractère et de parole, on retiendra toutefois à l’actif de Salifou Camara Super V, le siège de la Fédération Guinéenne de Football, le centre technique de Nongo, l’unité d’hébergement des équipes nationales ou l’hôtel du Syli National dans le même quartier ainsi qu’une remarquable représentativité de la Guinée sur la scène internationale du sport roi.

La mort effaçant tout, l’histoire et la brutale disparition physique de Salifou Camara devraient inspirer plus d’un.

Éternel repos à ton âme « Mon ami »  que j’ai vu la dernière fois dans le Salon de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny avant que le vol Air France du 23 janvier 2024 nous transporte à Roissy Charles de Gaulle à Paris où nous nous sommes dits au revoir à jamais le matin du 24 janvier.

Veuille Allah, notre Créateur, t’accepter dans son éternel Paradis. Amen !

Abdoulaye Condé 

Fanta Conté à Guy Marius Sagna : “Aucun pays n’a à donner des leçons de gouvernance à un autre”

Les propos du député sénégalais Guy Marius Sagna sont restés au travers de la gorge de Fanta Conté, membre du Conseil national de la transition (CNT) et du parlement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Reagissant à la présentation d’un rapport par la délégation guinéenne, le député Guy Marius Sagna est monté au créneau pour denoncer les tueries enregistrées dans les manifestations en Guinée.

Ce parlementaire sénégalais, connu pour ses critiques acerbes, a accusé la junte militaire au pouvoir depuis le 5 septembre, de s’être rendue coupable de violations des droits de l’homme.

Pour Fanta Conté, de tels propos “portent atteinte à l’image de mon pays. Ils sont en train d’être mal interprétés sur les réseaux sociaux par des personnes mal intentionnées dont l’objectif est de saper les acquis de la transition. Ils remettent aussi en cause les efforts des autorités de la transition qui font de leur mieux pour promouvoir la paix et réconciliation nationale”.

Elle ajoute que les autorités guinéennes “font de leur mieux pour un retour serein à l’ordre constitutionnel. Pour le momennt, nous nous conformons au chronogrmme dynamique avec la CEDEAO. Les autotités ont suffisamment montré leur volonté de respecter leurs engagements vis-à-vis de la CEDEAO. La preuve, nous avons décidé de rester membre de la CEDEAO”.

Elle persiste et signe que les autorités guinéennes font de “leur mieux pour un retour serein à l’ordre constitutionel en Guinée”. Dici là, martèle Fanta Conté, “aucun pays n’a à donner des leçons de gouvernance à un autre. Tous les pays ont leurs forces et faiblesses en matière de gouvernance”.

La conseillère nationale fait remarquer que “notre pays est en train de traverser une phase décisive de son histoire. Ce que nous attendons de nos frères et sœurs de la CEDEAO, c’est leur accompagnement, leur comprehension aisni que des propositions qui permettront à la Guinée de sortir grandie de cette transition, pas venir tenir des propos qui remettent en cause les acquis de la démocratie et qui ternissent l’image de la Guinée”.

Source VisionGuinee.Info

Évaluation des partis : le ministre du MATD annonce un nettoyage systématique du paysage politique

  • « Les partis politiques qui ne sont pas en règle recevront des notifications et les partis non identifiés seront traités conformément aux dispositions de la Charte des partis politiques en vigueur. La traçabilité de leurs activités sera assurée (…). Aucun parti politique ne sera laissé pour compte mais la loi s’appliquera avec rigueur… »

Tels sont des mots prononcés par le ministre de l’Administration du Territoire et de Décentralisation (MATD) lors du lancement des travaux de restitution de l’évaluation des partis politiques ce jeudi, 18 juillet 2024 à Conakry, en présence des représentants des formations politiques. Dans son discours de circonstance, le Général Ibrahima Kalil Condé a fustigé le comportement de certains partis politiques. Il leur a également lancé des avertissements.

Au cours de cette rencontre, le Général de division à la retraite Ibrahima Kalil Condé a d’abord exposé les objectifs visés par le CNRD après l’évaluation des partis politiques. « L’atteinte de ces ambitieux objectifs dépend de l’implication de tous les fils et filles de notre pays, sans distinction aucune, pour mettre en œuvre des réformes politiques et électorales dont les contours résisteront au temps et à l’action néfaste des hommes. C’est la vision prônée par les nouvelles autorités ! » a-t-il exposé lors du lancement des trois jours de concertation.

Dans son discours, le chef du département de l’Administration s’est vertement attaqué à la conduite de certaines formations politiques du pays. « Depuis plus de trente (30) ans, l’espace politique a connu une mutation au gré des changements de situations et de contextes sans tenir compte du cadre juridique existant. Les créations de partis politiques se faisaient par copinage, comme des entreprises privées et personnelles ; les alliances politiques électoralistes sont passées en groupement normal et la violence est devenue le compagnon de certaines associations politiques. Les partis politiques, au lieu d’être des forces de proposition, des instruments de participation à la gestion de la vie de la nation, se sont transformés en des instruments de propagande et de repli identitaire ethnique », a-t-il fustigé avant de rajouter qu’ « aucune démocratie, aucun État de droit ne saurait se construire dans un tel environnement, raison pour laquelle nous devons tous accepter d’assainir notre échiquier politique afin de consolider nos acquis démocratiques et solidifier l’État de droit dans notre pays », a-t-il lancé.

Le ministre revient sur les activités menées par son département sur le terrain : « L’opération d’identification et de collecte des données réalisées en juin-juillet 2024 nous a permis de lancer et de réaliser l’évaluation des partis politiques à Conakry et dans les trente-trois (33) préfectures durant vingt (20) jours. L’activité a abouti à des résultats provisoires que mes services techniques vous présenteront au cours de cette session. C’est un moment d’une importance capitale et je requiers de votre part une attention particulière pour qu’à la sortie de ces trois jours de concertation, nous ayons un paysage politique assaini et consensuel », a-t-il exhorté.

« Les partis politiques évalués recevront des certificats…, la traçabilité de leurs activités sera assurée…, la loi s’appliquera avec rigueur… », alerte le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation.

« Cette session sera ponctuée de présentations et d’échanges visant à l’amélioration du rapport provisoire. Les partis politiques évalués recevront des certificats et une base de données fiable informatisée sera constituée désormais au sein du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. À cet effet, pour renforcer la gouvernance des partis politiques légalement constitués, la traçabilité de leurs activités sera assurée par les moyens des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Aucun parti politique ne sera laissé pour compte mais la loi s’appliquera avec rigueur. C’est aussi cela un des aspects importants de la refondation », a-t-il alerté.

À quoi les partis politiques doivent-ils s’attendre à l’issue des travaux ? Le Général Ibrahima Kalil Condé lève un coin du voile : « Le chemin est long et nous allons le parcourir ensemble, chers membres des partis politiques. Les partis politiques qui ne sont pas en règle recevront des notifications et les partis non identifiés seront traités conformément aux dispositions de la Charte des partis politiques en vigueur. L’évaluation sera désormais notre mode de gestion et de contrôle des partis politiques », a-t-il déclaré dans son discours.

 Les partis politiques qui ne sont pas en règle recevront des notifications et les partis non identifiés seront traités conformément aux dispositions de la Charte des partis politiques en vigueur. La traçabilité de leurs activités sera assurée (…). Aucun parti politique ne sera laissé pour compte mais la loi s’appliquera avec rigueur… ». Tels sont quelques extraits prononcés par le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation lors du lancement des travaux de restitution de l’évaluation des partis politiques ce jeudi, 18 juillet 2024 à Conakry, en présence des représentants des formations politiques. Dans son discours de circonstance, le Général Ibrahima Kalil Condé a fustigé le comportement de certains partis politiques. Il leur a également lancé des avertissements.

Au cours de cette rencontre, le Général de division à la retraite Ibrahima Kalil Condé a d’abord exposé les objectifs visés par le CNRD après l’évaluation des partis politiques. « L’atteinte de ces ambitieux objectifs dépend de l’implication de tous les fils et filles de notre pays, sans distinction aucune, pour mettre en œuvre des réformes politiques et électorales dont les contours résisteront au temps et à l’action néfaste des hommes. C’est la vision prônée par les nouvelles autorités ! » a-t-il exposé lors du lancement des trois jours de concertation.

Dans son discours, le chef du département de l’Administration s’est vertement attaqué à la conduite de certaines formations politiques du pays. « Depuis plus de trente (30) ans, l’espace politique a connu une mutation au gré des changements de situations et de contextes sans tenir compte du cadre juridique existant. Les créations de partis politiques se faisaient par copinage, comme des entreprises privées et personnelles ; les alliances politiques électoralistes sont passées en groupement normal et la violence est devenue le compagnon de certaines associations politiques. Les partis politiques, au lieu d’être des forces de proposition, des instruments de participation à la gestion de la vie de la nation, se sont transformés en des instruments de propagande et de repli identitaire ethnique », a-t-il fustigé avant de rajouter qu’ « aucune démocratie, aucun État de droit ne saurait se construire dans un tel environnement, raison pour laquelle nous devons tous accepter d’assainir notre échiquier politique afin de consolider nos acquis démocratiques et solidifier l’État de droit dans notre pays », a-t-il lancé.

Le ministre revient sur les activités menées par son département sur le terrain : « L’opération d’identification et de collecte des données réalisées en juin-juillet 2024 nous a permis de lancer et de réaliser l’évaluation des partis politiques à Conakry et dans les trente-trois (33) préfectures durant vingt (20) jours. L’activité a abouti à des résultats provisoires que mes services techniques vous présenteront au cours de cette session. C’est un moment d’une importance capitale et je requiers de votre part une attention particulière pour qu’à la sortie de ces trois jours de concertation, nous ayons un paysage politique assaini et consensuel », a-t-il exhorté.

« Les partis politiques évalués recevront des certificats…, la traçabilité de leurs activités sera assurée…, la loi s’appliquera avec rigueur… », alerte le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation.

« Cette session sera ponctuée de présentations et d’échanges visant à l’amélioration du rapport provisoire. Les partis politiques évalués recevront des certificats et une base de données fiable informatisée sera constituée désormais au sein du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation. À cet effet, pour renforcer la gouvernance des partis politiques légalement constitués, la traçabilité de leurs activités sera assurée par les moyens des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Aucun parti politique ne sera laissé pour compte mais la loi s’appliquera avec rigueur. C’est aussi cela un des aspects importants de la refondation », a-t-il alerté.

À quoi les partis politiques doivent-ils s’attendre à l’issue des travaux ? Le Général Ibrahima Kalil Condé lève un coin du voile : « Le chemin est long et nous allons le parcourir ensemble, chers membres des partis politiques. Les partis politiques qui ne sont pas en règle recevront des notifications et les partis non identifiés seront traités conformément aux dispositions de la Charte des partis politiques en vigueur. L’évaluation sera désormais notre mode de gestion et de contrôle des partis politiques », a-t-il déclaré dans son discours.

Source guineenews.org

Guinée : Aboubacar Diallo (FIM FM) poursuit Mariame Nabé pour diffamation, harcèlement et menaces…

Le Directeur Général du Groupe Fréquence Médias (GFM), Aboubacar Diallo, poursuit la journaliste Mariame Nabé pour des faits de diffamation, harcèlement et menaces via les réseaux sociaux. L’ancienne journaliste de FIM FM, est poursuivie pour avoir tenu des propos dans une vidéo, accusant son ancien patron d’avoir « pris de l’argent à la présidence de la République ». Des montants qui auraient servi à des fins personnelles qu’au paiement des arriérés de salaires de ses employés.

A l’audience d’hier mercredi, 17 juillet 2024, Mariame Nabé a nié les faits mis à sa charge au tribunal de première instance de Dixinn. La partie civile demande 1 milliard de francs guinéens en guise de réparation, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Appelée à la barre par le juge Aboubacar Tiro Camara, la prévenue Mariame Nabé ne reconnaît pas les faits qui lui sont reprochés. Elle dit n’avoir jamais été grossière envers Aboubacar Diallo. « J’ai lancé le 1er juin 2024 mes plate-formes digitales. Au même moment, une chaîne de solidarité a été ouverte pour les employés de FIM FM. Dans une de mes vidéos, j’ai demandé au Directeur général, Aboubacar Diallo, de payer les employés. Ces employés sont mes amis. Ils ont de la famille à nourrir. Dans aucune de mes vidéos, je n’ai été grossière… C’est à cause de Aboubacar Diallo que j’ai été expulsée de ma maison. J’ai tout laissé à la maison. C’est cet Aboubacar Diallo qui porte plainte contre moi ? Je suis restée pendant 7 à 8 mois sans être payée. Mes amis et moi, nous ne sommes pas payés. Dans aucune de mes vidéos, je n’ai été grossière. Je n’ai pas mal parlé », soutient-elle.

Prenant la parole, le représentant Ministère public va poser des questions à Mariame Nabé :
– Vous avez dit dans une de vos vidéos que l’argent que Aboubacar Diallo aurait reçu de la présidence, il a pris cela pour finir la construction de sa maison. « Oui, j’ai tenu ces propos ».

– Quelle est la preuve que vous avez ? « Je ne peux pas l’apporter ici. Il va falloir que je revienne pour ça », répond-elle.

– Vous reconnaissez être la source de ces propos ? « C’est moi ».

– Il est parti voir qui à la présidence ?
« Je ne savais pas que j’étais là pour le cas de Aboubacar Diallo. J’enverrai la preuve lors de l’audience prochaine », argue-t-elle.
– C’était combien ?  « J’enverrai la preuve », rétorque la prévenue.

– Vous savez que c’est à vous de fournir les preuves de vos accusations ? « Oui, à la prochaine audience… »

– La première preuve que nous voulons, c’est de savoir qui a remis l’argent ? L’argent était destiné à qui ? Est-ce que c’est à la présidence de payer les employés de FIM ?

« C’est Aboubacar Diallo qui est allé vers la Présidence. Et non le contraire », martèle Mariame Nabé.

– Est-ce que c’est une forme de corruption ?  « C’est au tribunal d’apprécier. »

– Pourquoi vous êtes en première ligne tout le temps ? « Je suis en première ligne parce que certains grands journalistes sont auteurs de la corruption en Guinée », accuse Mariame Nabé.

Après cet échange entre le procureur et la prévenue, le président du tribunal va appeler à la barre Aboubacar Diallo, partie civile dans cette affaire. « J’attendais ce moment avec impatience. Je suis profondément meurtri par l’ingratitude de Mariame Nabé. Elle a travaillé au Groupe Fréquence Médias (GFM) pendant une année. Elle a demandé une disponibilité pour apprendre l’anglais en Sierra Leone. Chose que nous lui avons accordée. À son retour, elle n’est pas revenue travailler à FIM. Elle a travaillé ailleurs jusqu’à l’annonce de la création de sa plate-forme digitale. La première accusation portée à mon endroit est la diffamation. Elle m’accuse d’avoir pris de l’argent à la présidence. Elle rajoute que cet argent est destiné à payer les travailleurs de FIM. Elle n’a pas de preuves. Elle ne pourra en aucun moment apporter une preuve. Je veux qu’elle apporte des preuves. Elle dit dans ses vidéos qu’elle a des preuves. Elle a l’occasion de le faire. Pourquoi dire qu’elle viendra la semaine prochaine ? Elle a fait ces accusations de façon récurrente. J’exige qu’elle apporte des preuves que la présidence m’a corrompu. La deuxième accusation, elle dit que j’aurais pris cet argent et au lieu de payer les salariés de GFM, j’ai plutôt construit la maison à Cobayah et créé une société. Il faut qu’elle prouve que la société Guinée million m’appartient. Me montrer que Guinée million est créé par moi. J’ai signé un contrat de deux mois pour aider Guinée Million à promouvoir la société. Guinée Million appartient à des guinéens établis en Belgique. Je l’accuse de Harcèlement : elle a décidé de s’en prendre à ma personne. Depuis des semaines, elle me persécute sur les réseaux sociaux. Je n’ai rien fait à cette dame. Peut-être que mon tort, c’est de lui avoir donné un travail. Elle a souhaité que j’intervienne entre Mognouma Cissé et elle. Quand Mognouma a constaté que c’était du pur chantage, Mognouma a dit qu’elle peut aller porter plainte.  Mariama Nabé faisait partie des personnes qui venaient chez moi, à la maison, lors des fêtes. Je ne sais pas ce que je lui ai fait. Je me suis senti offensé… Troisièmement, ce sont les menaces : elle a promis de nous détruire. Elle a dit que nous sommes des criminels. Elle doit apporter des preuves. Elle ne peut pas se permettre de venir salir nos réputations. Elle a menacé de nous détruire. Elle a menacé de prendre en otage mes comptes et mes transactions. C’est extrêmement grave. Elle est dans une entreprise de destruction. Je me sens menacé. Cette dame veut ma mort. Si elle avait l’occasion, elle peut me tuer. J’exige des preuves par rapport à cet argent et que Guinée Million m’appartient », a lancé Aboubacar Diallo.

Après avoir écouté la partie civile, le juge Tiro Camara va demander des précisions :

– Elle a fait quoi pour vous harceler ?
« Elle m’écrit, elle m’appelle sur WhatsApp. C’est du harcèlement psychologique.

-Vous sollicitez quoi contre la prévenue ? « Je sollicite qu’elle soit condamnée à la hauteur de sa forfaiture. Mon honneur et ma réputation ont été atteints ».

Après le juge, le représentant du ministère public va prendre le relais pour des éclaircissements. Répondant aux questions, Aboubacar Diallo va se demander pour quelles raisons la prévenue se comporte ainsi à son égard. « Elle avait un contrat d’un an mais avant la fin, elle a demandé de partir étudier l’anglais en Sierra Leone. Nous ne l’avons pas mise à la porte… Nous avons lancé une campagne de levée de fonds. Je suis l’initiateur. Le 1er juin, j’ai lancé un appel pour les employés de FIM. Ça devait se clôturer le 30 juin. Comme nous n’avons pas récolté assez d’argent, on a jugé nécessaire de continuer jusqu’à la fin du mois de juillet. Au nom de quel principe elle s’est levée pour demander à ce que nous payions les employés ? Elle ne peut pas se permettre de venir raconter cela. Il y a toujours une clause de confidentialité dans un contrat même après avoir quitté la société plus de 2 ans. Tous les employés de FIM qui l’ont appelée pour comprendre pourquoi elle me faisait cela, elle insultait leurs mères. Je ne connais pas l’origine de cette haine », a fait savoir Aboubacar Diallo avant de demander la somme d’un milliard de francs guinéens à titre de réparation.

Rappelée à la barre, Mariame Nabé dira qu’elle va apporter toutes les preuves à la prochaine audience : « L’argent qu’il a reçu de la présidence devait servir en partie à payer les employés de FIM. Mais, il a servi à la finition de sa maison de Cobayah et la création de la société Guinée Million. Je n’ai aucun souci à produire les éléments de preuve. À la prochaine audience, je vais tout envoyer. Dans mes vidéos, j’ai demandé à Aboubacar Diallo de payer mes amis de FIM », a-t-elle lancé.

Le tribunal a renvoyé le dossier à l’audience à demain vendredi, 19 juillet 2024, pour la production des éléments de preuve par Mariame Nabé.

Source Guineematin.com 

Qu’est-il arrivé au Général Sadiba Coulibaly ? (Par Tierno Monénembo)

Tout est bizarre dans cette affaire et d’abord, son arrestation et sa condamnation. Si notre Général avait commis quoi que ce soit de répréhensible (un acte de rébellion par exemple), on l’aurait régulièrement arrêté et au grand jour, déféré devant un tribunal militaire. 

Au lieu de cela, son domicile est assiégé un beau matin et, sans sommation, arrosé de tirs nourris. Pris de panique, il se rend de lui-même à la Présidence pour solliciter des éclaircissements. Il est détenu sur-le-champ et condamné à cinq ans de prison pour « désertion à l’étranger et détention illégale d’armes » puis déchu de son titre de Général et exclu de l’armée.

« Désertion à l’étranger », c’est celle-là, la deuxième bizarrerie. Qu’est-ce que cela veut dire ? Que notre officier supérieur a déserté l’armée pour se réfugier à l’étranger ou que notre Chargé d’Affaires à notre ambassade à Cuba a quitté son poste sans autorisation ? Dans ce cas, désertion ou abandon de poste ? 

Autre chose qui a du mal à passer dans mon ciboulot de pauvre chroniqueur : « détention illégale d’armes ». En effet, dans ma modeste compréhension de la chose militaire, rien de plus normal qu’un Général soit armé, c’est pour cela d’ailleurs qu’on le paie. En tout état de cause, ses avocats sont formels : il a prévenu son ministre de tutelle de sa venue au pays, et pris la peine de lui rendre visite dès son arrivée à Conakry. Il se trouve où, le crime ?

Mais passons. Condamné à cinq ans de prison, dégradé puis rayé de l’armée, Sadiba Coulibaly qui, de ce fait, n’était plus, comme vous et moi, qu’un citoyen lambda, est détenu dans un lieu secret et non, comme il se doit à « l’hôtel Cinq Etoiles de Coronthie ». Et voilà que dans un communiqué qui pue le malaise, et daté seulement du 25 juin, le tribunal militaire de première instance de Conakry, nous annonce le décès du condamné, décès survenu, tenez-vous bien, le 22 du même mois, soit trois longs jours après le drame. Vous avez compris ? 

L’ancien chef d’Etat- major de notre armée est mort le 22, son certificat de décès a été signé le 24 et c’est seulement le 25 que l’on se décide à nous le communiquer. Mais oublions un moment la ronde fastidieuse des dates et lisons ce que dit le médecin-légiste : « le décès pourrait être imputable à un psycho-traumatisme important et un stress prolongé qui sont à l’origine d’une arythmie cardiaque majeure ayant entraîné une défibrillation et un arrêt cardiaque ». Non, ce n’est pas une erreur, c’est bien ce qui est écrit : « le décès pourrait être imputable ». Ah, quand la vérité scientifique se met au conditionnel ! On a envie de dire : « merci Docteur mais de grâce, inventez-nous autre chose ! Un Général d’armée formé dans une des plus belles académies américaines (sain d’esprit et de corps, qui plus est !), mourir de stress, sans aucun choc physique ou électrique, ce n’est pas une autopsie, c’est une histoire à dormir debout !

Il a circulé, peu de temps après l’enterrement du Général, un papier évoquant un suicide. On aurait découvert dans le smartphone du défunt un projet de coup d’Etat et celui-ci se serait suicidé, pris de remords. Un projet de coup d’Etat dans un téléphone portable, une gaminerie à laquelle les Pieds Nickelés eux-mêmes n’auraient pas pensée !

La vérité, c’est qu’après avoir accaparé, un à un, tous les leviers du pouvoir, Mamadi Doubouya a mis à jour la machine à tuer héritée de son mentor, Sékou Touré. Aujourd’hui, c’est Sadiba Coulibaly ; demain, ce sera toi, moi ou quelqu’un d’autre. En tout cas, nous savons tous maintenant que nos tyrans ne tombent pas du ciel. Ils viennent de notre lâcheté collective.

Au moment où j’écris ces lignes, deux braves combattants du FNDC, Foniké Mengué (encore lui !) et Billo Bah ont été kidnappés par des gradés en cagoule et conduits manu-militari, en un lieu inconnu. Dans quel état, nous les rendront-ils ? Dans un état de psycho-traumatisme important ?

Tierno Monénembo