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Secteur minier : un nouvel accord collectif après trente ans d’attente

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La Guinée vient de franchir une étape décisive pour les droits des travailleurs du secteur minier. Après trois décennies d’application d’un texte devenu obsolète, la nouvelle Convention Collective des Mines, Carrières, Industries Minières et Assimilées a été signée ce vendredi 14 février 2025, au Palais du Peuple, en présence des principaux acteurs du secteur. Ce texte, fruit d’intenses négociations entre syndicats, patronat et autorités, introduit des réformes majeures en matière de salaires, de conditions de travail et de protection sociale.

Un cadre révisé pour un secteur clé

Longtemps attendue, cette convention collective modernise les relations professionnelles dans un secteur stratégique pour l’économie guinéenne. Parmi les avancées notables :

  • Une grille salariale garantissant un salaire minimum d’entrée.
  • Un encadrement strict de la sous-traitance, avec un salaire minimum fixé à 70 % de celui des employés des sociétés mères.
  • Une revalorisation des primes de départ à la retraite.
  • Une augmentation des congés pour événements familiaux.
  • L’extension du champ d’application de la convention à tous les opérateurs miniers et carrières.

Ces ajustements visent à mieux protéger les travailleurs tout en assurant une plus grande équité dans un secteur où les conditions de travail restent souvent éprouvantes.

Un engagement du gouvernement pour un dialogue social renforcé

Présidant la cérémonie, le ministre du Travail et de la Fonction Publique, Faya François Bourouno, a salué un « tournant historique » pour les travailleurs du secteur minier. Il a souligné que cette signature concrétise la vision du Président de la République, le Général d’Armée Mamadi Doumbouya, en faveur de meilleures conditions de travail et d’un dialogue social constructif.

« Cette convention collective est une victoire pour le dialogue social, pour les travailleurs des mines et carrières, et pour notre pays tout entier, » a déclaré le ministre, insistant sur l’importance de ce nouvel équilibre entre employeurs et employés.

Une avancée saluée, des attentes encore fortes

Si la nouvelle convention est largement perçue comme une avancée, les défis restent nombreux. L’application effective des dispositions signées sera scrutée par les syndicats, qui attendent une mise en œuvre rigoureuse des engagements pris par les entreprises.

Avec cette révision attendue depuis trente ans, le secteur minier guinéen s’engage dans une nouvelle dynamique. Un test grandeur nature pour les partenaires sociaux et un enjeu de taille pour l’avenir du travail dans l’un des piliers économiques du pays.

AOD

Tragédie de N’zérékoré : un rapport met en cause les autorités

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Deux mois après le drame survenu lors de la finale du tournoi de la Refondation, un rapport d’enquête accable la gestion sécuritaire de l’événement et dénonce de graves violations des droits humains. Publié ce vendredi 14 février 2025 par un collectif d’organisations de défense des droits de l’homme, le document met en lumière des défaillances majeures et un bilan bien plus lourd que celui annoncé par les autorités.

Un bilan humain sous-estimé

Selon le rapport, 140 personnes ont perdu la vie, soit près de trois fois plus que les 56 décès officiellement communiqués par le gouvernement. À ce lourd tribut s’ajoutent 11 disparus, dont les familles restent sans nouvelles. Ces chiffres relancent le débat sur la transparence des autorités dans la gestion des crises.

Un enchaînement de fautes et de négligences

Le document met en évidence plusieurs facteurs ayant conduit à la catastrophe :

  • Une gestion contestée du match, qui a attisé les tensions entre supporters.
  • Des violences en marge de la rencontre, avec des jets de projectiles et l’intervention des forces de l’ordre, qui ont fait usage de gaz lacrymogène.
  • Un mouvement de panique incontrôlé, provoquant des bousculades et des piétinements meurtriers.
  • Un dispositif sécuritaire insuffisant, incapable de contenir la foule ou d’assurer une évacuation rapide des blessés.

Ces éléments, selon les auteurs du rapport, démontrent que la tragédie aurait pu être évitée avec une organisation plus rigoureuse et une meilleure anticipation des risques.

Des violations des droits humains pointées du doigt

Au-delà du bilan humain, le rapport dénonce de graves atteintes aux droits fondamentaux :

  • Une défaillance dans la protection des citoyens, alors que les autorités étaient censées garantir leur sécurité.
  • Des violences physiques, qui ont aggravé le chaos et le nombre de blessés.
  • Des pertes matérielles importantes, consécutives aux affrontements et aux mouvements de foule.

Des attentes fortes et des recommandations claires

Face à ce constat accablant, les organisations de défense des droits humains demandent :

  • Une prise en charge immédiate des victimes et de leurs proches.
  • L’ouverture d’enquêtes indépendantes pour établir les responsabilités.
  • Un procès équitable, afin que les responsables de cette tragédie répondent de leurs actes.

Alors que la publication de ce rapport relance la polémique, les autorités sont désormais attendues sur leurs réponses à ces accusations. Pour les familles des victimes, la question n’est plus seulement celle du deuil, mais aussi celle de la justice.

Immersion gouvernementale: Nzérékoré, au cœur des défis hydrauliques et énergétiques

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La Guinée est à un tournant décisif. Notre croissance ne peut se concevoir sans un accès sécurisé et équitable à l’eau potable et à l’énergie, piliers fondamentaux du développement. Entre infrastructures vieillissantes, pression démographique et défis environnementaux, nous devons faire preuve d’une volonté inébranlable et d’une vision audacieuse pour bâtir un avenir plus durable.

 Aux côtés de Monsieur le Premier Ministre Amadou Oury Bah et des Membres du Gouvernement, j’ai mené une immersion stratégique à Nzérékoré afin d’évaluer les avancées, d’identifier les insuffisances et d’accélérer les solutions.

UN RÉSEAU HYDRAULIQUE SOUS PRESSION

L’un des constats les plus préoccupants demeure l’obsolescence de l’infrastructure hydraulique.

À Nzérékoré, la station d’adduction d’eau potable construite en 1975 ne peut plus répondre aux besoins actuels. En un demi-siècle, la population a été multipliée par cinq, exerçant une pression insoutenable sur un dispositif dépassé. Face à cette urgence, l’inaction n’est pas une option.

 Le Gouvernement travaille activement à la mobilisation de financements pour moderniser cette infrastructure vitale et garantir un accès fiable à l’eau potable pour les populations. Le Président Mamadi Doumbouya, nous a instruit de finaliser le bouclage financier des 7 capitales régionales et les travaux ont nettement avancés avec l’appui du Ministère du Plan et de la Coopération Internationale.

 À Yomou et Lola, de nouveaux équipements ont été installés en 2023 grâce à la volonté inébranlable du Chef de l’Etat et de son Gouvernement, une avancée significative, mais des défis persistent, notamment dans l’entretien et la gestion de ces infrastructures. Construire ne suffit pas, encore faut-il garantir la pérennité des installations.

 À Beyla, un projet de construction du réseau hydraulique est en cours, financé par la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO (BIDC). D’ici quelques mois, une nouvelle station d’eau potable verra le jour, témoignant de la détermination du gouvernement à répondre aux besoins de la population.

Guéckédou et Macenta bénéficient actuellement d’une réhabilitation de grande ampleur en partenariat avec l’Agence Française de Développement (AFD) et EIFFAGE. Cependant la réalisation de nouvelles installations pour répondre aux défis actuels constitue notre objectif principal. Sur cette question, il y a eu des avancées avec plusieurs partenaires.

Mais au-delà des infrastructures, un danger invisible menace notre avenir : la déforestation, l’ensablement des cours d’eau et les effets du changement climatique. « Reboiser à droite et déboiser à gauche, c’est aller droit dans le mur. » Il est urgent d’impliquer les communautés pour préserver nos ressources hydrauliques, car aucune infrastructure ne pourra survivre à une nature détruite.

MODERNISER L’ÉNERGIE POUR DURER

L’amélioration de l’accès à l’électricité est une priorité absolue. Grâce à l’interconnexion, plusieurs préfectures, dont Beyla, Kérouané, Kankan, Siguiri et Kouroussa, seront reliées au réseau national d’ici fin 2025, avec 125 localités rurales supplémentaires.

Cependant, à l’instar des autres localités du pays, le gaspillage énergétique et la facturation au forfait freinent nos progrès. L’instauration des compteurs à prépaiement pour tous les usagers est un défi, mais il sera relevé. Nous devons mettre en place un système de tarification sociale plus juste, garantissant l’équité tout en assurant la viabilité financière du secteur.

 Le Gouvernement engage également des projets innovants pour diversifier et stabiliser notre production énergétique :

Construction de centrales solaires à Kankan pour réduire notre dépendance énergétique.

Mise en service des micro-barrages de Loffa (Macenta) et de Keno (Guéckédou), dont la ratification par le Conseil National de Transition (CNT) est attendue.

UNE RESPONSABILITÉ PARTAGÉE

Garantir l’accès à l’eau et à l’énergie est une mission de l’État, mais c’est aussi un engagement citoyen. Chaque action compte. Chaque franc versé hors circuit officiel est un manque à gagner collectif. Nous devons instaurer plus de transparence, plus de discipline et plus d’exigence dans la gestion de nos ressources.

L’AVENIR SE CONSTRUIT MAINTENANT

Les défis sont immenses, mais nous avançons. Avec une mobilisation collective, la volonté des autorités locales et le soutien de nos partenaires internationaux, nous garantirons à chaque Guinéen un accès durable à l’eau et à l’énergie.

Nous devons être exigeants envers nous-mêmes.

Nous devons refuser l’inaction.

Nous devons bâtir ensemble un avenir plus résilient.

L’eau et l’énergie ne sont pas des privilèges, elles sont des droits.

Service de communication de la présidence et de la primature

Approvisionnement des marchés avant le Ramadan et le Carême : le Gouvernement mobilise les acteurs économiques

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À l’approche du Ramadan et du Carême, le ministère du Commerce, de l’Industrie et des PME intensifie les concertations pour garantir un accès stable et abordable aux denrées de première nécessité. Ce jeudi 13 février 2025, la ministre, Dre Diaka SIDIBÉ, a réuni la Chambre de commerce, d’industrie et d’artisanat de Guinée (CCIAG) ainsi que des opérateurs économiques pour faire le point sur l’approvisionnement des marchés et la régulation des prix.

L’échange a permis d’évaluer les stocks disponibles, d’anticiper les besoins et de renforcer la coordination entre les acteurs. L’objectif est d’assurer une distribution fluide des produits essentiels et d’éviter toute spéculation susceptible d’impacter le pouvoir d’achat des ménages.

Saluant les efforts du secteur privé, la ministre a réaffirmé la volonté du Gouvernement de créer un cadre propice à la stabilité des prix. Elle a également transmis les encouragements du Chef de l’État, le Général Mamadi DOUMBOUYA, aux opérateurs économiques engagés dans cette dynamique.

Cette initiative s’inscrit dans une approche globale visant à préserver l’équilibre du marché et à soutenir les familles guinéennes en cette période de forte consommation.

AOD

Affaire Bocoum Bazin : un non-lieu prononcé pour Mimiche Diabaté et Marico

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L’influenceuse Aminata Diabaté, alias Mimiche Diabaté, et un certain Marico ne seront pas poursuivis dans l’affaire de la distribution gratuite de bazins. Le tribunal de première instance de Mafanco a prononcé un non-lieu en leur faveur ce jeudi 13 février, alors que cinq autres personnes restent mises en cause.

Les sept prévenus avaient été interpellés et placés en garde à vue à la brigade de recherche de Matam avant d’être déférés devant le cabinet du doyen des juges d’instruction. Selon Me Adama Skel Fafona, avocat des mis en cause, Mimiche Diabaté et Marico, respectivement communicante et couturier, n’avaient pas de rôle justifiant leur comparution devant la justice. « Ils ont jugé nécessaire d’appeler sept personnes, mais sur les sept, un non-lieu a été prononcé pour Mimiche Diabaté et Marico. Il n’y avait pas lieu de les faire passer devant le juge », a-t-il déclaré.

Les cinq autres prévenus, parmi lesquels Hama Bocoum et plusieurs commerçants opérant en Guinée, au Mali et au Burkina Faso, sont poursuivis pour « attroupement non autorisé ». Leur dossier a été placé en flagrant délit, une décision contestée par leur avocat. « Mes clients ont simplement voulu rendre service en offrant des bazins. Maintenant, on suppose que ces gestes magnanimes et généreux ne devraient pas faire l’objet d’une infraction. Mais comme cela a été décidé ainsi, nous allons en débattre », a-t-il ajouté.

Aucune date n’a pour l’instant été fixée pour le procès. En attendant, les cinq prévenus encore concernés par l’affaire ont été remis à la disposition de leur avocat.

Journée mondiale de la radio : une célébration en demi-teinte en Guinée

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La Journée mondiale de la radio, célébrée ce 13 février, intervient dans un contexte particulier en Guinée. Depuis le 22 mai 2024, trois grandes radios privées du pays – Djoma FM, Espace FM et FIM FM – ainsi que leurs relais en région, restent fermés sur décision des autorités. Une situation qui a mis des centaines d’employés au chômage et relancé le débat sur la liberté d’expression dans le pays.

Une décision aux conséquences multiples

L’interruption de ces médias, connus pour leur ligne éditoriale critique envers le pouvoir, a suscité de nombreuses réactions. Les autorités ont justifié ces fermetures par des raisons administratives et sécuritaires, mais les associations de presse et les organisations de défense des droits humains y voient une atteinte à la liberté de la presse.

« Ces fermetures privent une grande partie de la population de sources d’information indépendantes », déplore un responsable d’une organisation de la société civile. Pour lui, la diversité médiatique est essentielle dans un pays où la radio reste le principal canal d’information, notamment en zone rurale.

Un climat de tensions entre médias et pouvoir

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre les autorités et la presse privée en Guinée. Ces dernières années, plusieurs journalistes ont été convoqués par la justice ou ont fait l’objet de restrictions dans l’exercice de leur métier. La Haute Autorité de la Communication (HAC), régulateur des médias, a de son côté réaffirmé son rôle dans l’encadrement du secteur, tout en appelant les acteurs à respecter la loi.

Du côté du gouvernement, on assure que ces décisions ne visent pas à museler la presse, mais à faire respecter les règles en vigueur. « Il ne s’agit pas d’entraver la liberté d’expression, mais de garantir que les médias opèrent dans un cadre légal », explique un responsable gouvernemental.

Quel avenir pour la presse en Guinée ?

Alors que le pays célèbre la Journée mondiale de la radio, les professionnels du secteur s’interrogent sur l’avenir du paysage médiatique guinéen. La fermeture prolongée de ces radios laisse planer une incertitude quant à la diversité des opinions et la place du débat public dans le pays.

Les associations de presse continuent de plaider pour une réouverture et un dialogue avec les autorités, estimant que la liberté de la presse est un pilier fondamental de la démocratie. À l’international, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme ont également appelé à une levée des restrictions sur les médias en Guinée.

Dans ce contexte, la Journée mondiale de la radio résonne cette année comme un rappel du rôle essentiel de ce média dans l’accès à l’information et la vitalité démocratique. Reste à savoir si les autorités et les acteurs du secteur parviendront à trouver un compromis pour garantir un environnement médiatique plus apaisé.

AOD

Litige foncier : la Cour suprême annule l’attribution des résidences de Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré

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La Cour suprême de Guinée a rendu, ce jeudi 13 février 2025, une décision mettant fin au contentieux opposant l’État à Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré au sujet de leurs anciennes résidences à Conakry. La juridiction a annulé les décrets ayant permis l’attribution de ces biens, estimant qu’ils étaient contraires aux dispositions légales en vigueur.

Le dossier avait d’abord été soumis au tribunal de première instance de Dixinn, qui s’était déclaré incompétent, renvoyant l’affaire devant la Cour suprême. Après examen, celle-ci a confirmé l’irrégularité des décrets d’attribution, validant ainsi la position de l’administration publique.

Pour rappel, en février 2022, la Direction générale du patrimoine bâti de l’État avait demandé aux deux anciens Premiers ministres de libérer ces logements, qu’elle considérait comme appartenant au domaine public. Face à cette injonction, ils avaient quitté les lieux avant de s’installer à l’étranger.

Cette décision judiciaire met un terme à une affaire qui a suscité d’intenses débats sur la gestion du patrimoine immobilier de l’État. Elle pourrait également influer sur les relations entre les autorités guinéennes et ces figures de l’opposition, absentes du pays depuis plusieurs années.

AOD

Guinée : Quand le système défaillant freine l’espoir d’une gouvernance responsable

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Depuis des décennies, la Guinée souffre d’une gouvernance marquée par l’incompétence, la corruption et la captation des ressources publiques par une élite plus préoccupée par ses intérêts personnels que par le développement du pays. Dans ce contexte, l’administration publique, au lieu d’être un levier de transformation et de progrès, est devenue un terrain fertile pour les ambitions des médiocres et des opportunistes.

Un système gangrené

Ce sont souvent les individus les moins qualifiés, académiquement et professionnellement, qui accèdent aux postes clés de l’État. Dépourvus de vision stratégique et de compétences, ils parviennent néanmoins à s’infiltrer dans les cercles décisionnels du pouvoir, grâce à un système permissif et clientéliste. La faiblesse structurelle de nos institutions facilite leur ascension à des fonctions de premier plan, telles que celles de ministres ou de hauts responsables d’État, malgré leur manque criant de mérite.

Une fois en poste, au lieu de travailler pour la réalisation des ambitions présidentielles en faveur du développement national, ces individus détournent les maigres ressources de l’État pour servir leurs intérêts. Leurs actions sont souvent camouflées par des campagnes de propagande et des éloges excessifs à l’égard du chef de l’État, créant ainsi une illusion de loyauté et de service public. Cette stratégie bien connue n’a qu’un seul objectif : maintenir le statu quo pour perpétuer leurs privilèges.

Une lutte stérile sur les réseaux sociaux

Les débats quotidiens sur les réseaux sociaux et dans les médias illustrent tristement l’état de la classe dirigeante du pays. Plutôt que de s’engager dans des discussions constructives sur les défis du pays, ces responsables actuels ou déçus se livrent à des querelles puériles et des attaques personnelles. Ce spectacle indigne met en lumière l’échec de l’élite à se hisser au niveau des attentes d’un peuple qui aspire à des solutions concrètes et à un leadership visionnaire.

L’ère Mamadi Doumbouya : un espoir déçu ?

Lorsque le Général Mamadi Doumbouya a pris les rênes du pays, beaucoup de Guinéens ont nourri l’espoir d’un changement radical. Sa promesse de mettre fin aux dysfonctionnements systémiques et d’instaurer une gouvernance exemplaire semblait répondre aux aspirations d’un peuple fatigué par des décennies de mauvaise gestion. Cependant, trois ans après le début de cette transition, la réalité est bien différente.

Malgré une volonté initiale de réforme, le système a prouvé sa capacité à résister au changement. En trois ans, le pays a connu trois Premiers ministres successifs, témoignant d’une instabilité politique chronique et d’une difficulté à établir une vision cohérente et durable. Aujourd’hui, le Général Doumbouya semble de plus en plus isolé, pris au piège d’un système qui freine ses ambitions et qui continue de recycler les mêmes pratiques et acteurs du passé.

Des efforts louables à encourager

Il serait cependant injuste de passer sous silence les efforts courageux du Président Mamadi Doumbouya pour redresser la Guinée. Dès son accession au pouvoir, il a manifesté une volonté sincère de rompre avec les pratiques du passé en engageant des réformes importantes et en affichant une détermination à combattre la corruption sous toutes ses formes. Sa vision d’une Guinée fondée sur la justice, la transparence et la responsabilité a inspiré de nombreux citoyens et suscité l’admiration au-delà de nos frontières.

L’assainissement des finances publiques, la lutte contre le détournement des ressources de l’État et la promotion de la reddition des comptes figurent parmi les initiatives marquantes de son mandat. Ces efforts, bien que confrontés à des résistances internes, méritent d’être soutenus et amplifiés. Le combat contre un système enraciné dans des décennies de mauvaises pratiques n’est pas une tâche facile. C’est pourquoi le peuple guinéen doit se mobiliser derrière ce projet de refondation.

Un appel au peuple : unité et engagement

La refondation de la Guinée ne saurait être l’œuvre d’un seul homme. Si Mamadi Doumbouya a fait preuve d’un leadership audacieux, le succès de sa mission dépendra du soutien actif de chaque citoyen. Le peuple doit jouer un rôle de sentinelle et d’acteur dans cette lutte contre la corruption et pour la bonne gouvernance. Il est temps de transcender les divisions politiques et sociales pour bâtir ensemble un État fort et équitable, où les intérêts collectifs priment sur les ambitions personnelles.

Chaque Guinéen, qu’il soit dans les administrations, dans la société civile, ou à la base, doit s’engager à dénoncer les dérives, à exiger des comptes et à soutenir les réformes courageuses initiées par le président. C’est dans cette union sacrée que la Guinée pourra réellement amorcer un nouveau chapitre de son histoire.

Une refondation nécessaire

La situation actuelle de la Guinée n’est pas une fatalité. Elle est le résultat d’un système qui a été conçu, consciemment ou non, pour empêcher l’émergence d’une gouvernance transparente et efficace. Pourtant, l’histoire nous enseigne que les nations qui ont su rompre avec leurs cycles d’échec l’ont fait grâce à un sursaut collectif et à une refonte totale de leurs institutions.

La Guinée doit s’engager dans cette voie. Cela passe par une révision profonde des mécanismes de nomination, une promotion du mérite et de la compétence, et une lutte sans compromis contre la corruption. Le développement du pays ne peut être porté que par des dirigeants visionnaires, intègres et engagés dans une mission qui dépasse leurs intérêts personnels.

Conclusion

Le Général Mamadi Doumbouya a incarné, à ses débuts, une lueur d’espoir pour un peuple en quête de justice sociale et de progrès. Mais cet espoir reste fragile tant que le système en place continue de perpétuer les pratiques du passé. Pour véritablement transformer la Guinée, il faudra plus que des intentions : il faudra des actions courageuses, une vision claire et un engagement sans faille en faveur de l’intérêt général. Le défi est immense, mais l’avenir de la Guinée en dépend.

A bon entendeur salut ! D’ici-là, merci de contribuer au débat.

Elhadj Aziz Bah
Caroline Du Nord, USA
*Note de l’auteur : Acceptons la pluralité d’idées. Pas d’injures, et rien que d’arguments.

Fermeture des médias : ‘’ personne ne peut défier l’État..’’, selon le ministre Fana Soumah

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En marge de l’immersion gouvernementale à Nzérékoré, le ministre de l’Information et de la Communication, Fana Soumah, s’est exprimé sur la fermeture de certains médias par les autorités de la transition.

Face à un parterre de journalistes, il a expliqué avoir été personnellement affecté par cette situation, rappelant ses liens avec plusieurs acteurs du paysage médiatique. Cependant, il a insisté sur la responsabilité des professionnels de l’information et la nécessité de respecter les règles déontologiques du métier.

« Nous devons reconnaître que personne ne peut défier l’État. Il est crucial de faire preuve de professionnalisme et d’éviter les dérapages, notamment en ce qui concerne le respect de la vie privée« , a-t-il déclaré.

Fana Soumah a également dénoncé certaines pratiques qui, selon lui, s’éloignent du journalisme. « Le journalisme ne doit pas être confondu avec le blogging ou les débats à sensation. Une information doit être vérifiée, sourcée et présentée de manière responsable« , a-t-il ajouté.

Cette réaction intervient dans un contexte de tensions entre le gouvernement et certains organes de presse, soulevant des débats sur la liberté d’expression et le rôle des médias dans la période de transition.

AOD

Report du verdict dans l’affaire Kassory : l’avocat dénonce une condamnation politique

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Le verdict tant attendu dans l’affaire de l’ancien Premier ministre guinéen, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a été reporté au 27 février 2025. Cette décision a été prise par la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF) après une nouvelle séance ce mercredi 13 février.

L’avocat de la défense, Me Sidiki Bérété, a vivement réagi à ce report, qualifiant ce procès de politique. Selon lui, il ne s’attendait pas à une issue favorable pour son client. Il a rappelé que l’affaire était toujours en délibéré et qu’il respectait la souveraineté des juges, mais a souligné les injustices subies par Kassory, notamment la détention préventive prolongée depuis près de trois ans.

Me Bérété a dénoncé l’aspect politique du dossier, affirmant que Kassory est injustement poursuivi pour des faits qui n’ont pas de fondement, et ce, malgré la présence de fonds de 12 milliards de GNF à la Banque centrale. Il a aussi mis en lumière l’absence de prise en charge médicale pour son client, qui aurait dû bénéficier de soins selon des décisions judiciaires internationales.

L’avocat a conclu en affirmant que cette affaire semblait être une tentative de disqualification politique de son client, tout en réaffirmant sa confiance en l’innocence de Kassory et en la justice divine.

L’ancien Premier ministre fait face à des accusations de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux. Il est incarcéré depuis avril 2022.

AOD