Interdiction de la pratique du volleyball en Guinée jusqu’à nouvel ordre : « C’est une décision qui va enterrer le volleyball guinéen… », réagit le président Kobolé

Partie à Kindia depuis vendredi dernier, l’équipe du président de l’autre camp de la fédération guinéenne de volleyball dirigé par Mamadi Kobolé Keita n’a pas pu poursuivre son championnat national de volleyball en salle qui se jouait en sa première édition. La compétition a été arrêtée par les autorités locales qui ont mis à exécution la décision de la direction nationale des sports et activités physiques qui interdit la pratique du volleyball sur toute l’étendue du territoire national jusqu’à nouvel ordre. Ce, alors que le championnat de la fédération version Kobolé Keita avait déjà commencé et comptait deux matches joués.

Cette décision est motivée par le patron du sport national et activités physiques, docteur NZebela Togba PIVI, par le bicéphalisme que vit le volleyball guinéen depuis des mois.

Après l’officialisation de cette décision de la direction nationale des sports par le conseiller en charge de la jeunesse à la préfecture de Kindia devant les volleyeurs et leurs dirigeants à la maison des jeunes de Kania, le président Mamadi Kobolé Keita a tenu sur place une conférence de presse au cours de laquelle il a exprimé toute la déception de son équipe qui tenait à offrir cette compétition aux athlètes de la discipline venus de partout à travers la Guinée.

« C’est avec beaucoup de regrets que nous avons appris l’interdiction de la pratique d’une discipline sportive par une direction nationale de sports. Chose qui ne se doit pas. Pour nous au nom des ligues et clubs nous pensons que la décision prise par la direction nationale des sports est une décision très dangereuse pour la pratique du volleyball. C’est une décision qui n’a pas été consultée. C’est une décision qui va enterrer le volleyball guinéen. Il est dommage que depuis le 09 novembre que nous ayons adressé une correspondance au ministère des sports, à l’autorité de Kindia qui nous a favorablement répondu, ce n’est pas à la veille ou au cours d’une compétition qu’on doit interdire », regrette-il.

Poursuivant, le dirigeant fédéral estime qu’il serait normal vraisemblablement d’interdire aux deux camps qui parlent au nom de cette discipline en Guinée d’organiser des activités du volleyball, mais pas interdire sa pratique dans le pays. Ce qui lui fait plus mal, le moment de la prise de cette résolution qui coïncide à ce championnat qui a réussi à mobiliser plusieurs athlètes de la discipline à Kindia.

« On pouvait suspendre la fédération, mais on ne pouvait pas suspendre la pratique du volleyball. Nous avons du mal à comprendre cette décision que nous n’acceptons pas. C’est la direction nationale des sports qui est le seul le responsable de ce que nous connaissons aujourd’hui. Déplacer plus de 400 jeunes à Kindia avec tout ce que cela implique sur le plan moral, physique et matériel. Mobiliser les sportifs qui ont payé leurs transports et que la direction nationale des sports prend une décision qui interdit la pratique du volleyball, nous pensons que c’est une décision qui aurait pu faire l’objet d’une consultation et attendre que 2023 commence et rentrer en application. C’est une décision que nous n’acceptons pas même si nous ne pouvons rien contre l’autorité », réagit-il.

« Nous espérons que les plus hautes autorités du pays, en l’occurrence le CNRD prendra toutes les conséquences de droit. Parce que c’est une décision qui va à l’encontre de la jeunesse guinéenne », conclut Mamadi Kobolé Keita qui ajoute que son camp tiendra informer la confédération africaine de volleyball et la fédération internationale de volleyball de ce qu’il appelle immixtion du département des sports à travers sa direction nationale des sports dans les affaires de leur association sportive.

Hamidou KIBOLA BANGOURA, de retour de Kindia

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