Lors du Forum d’Émergence Magazine (FEEM 2025), Mamy Diaby, ancien Directeur général adjoint de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARTP), a tiré la sonnette d’alarme sur la sécurité des données personnelles en Guinée.
Saluant les avancées du pays dans le domaine numérique, il a toutefois pointé plusieurs défis majeurs, notamment la gestion des informations sensibles des citoyens. “Nos données biométriques, celles des passeports et des cartes d’identité, sont stockées à l’étranger, en Malaisie. C’est un risque majeur“, a-t-il déclaré.
Selon lui, l’absence d’infrastructures locales expose la Guinée à une perte de contrôle sur ces informations, qui pourraient être monétisées par des acteurs externes. “Il est primordial de rapatrier ces données sur le territoire national. C’est une question de souveraineté. Aujourd’hui, les pays modernes s’assurent que les informations de leurs citoyens restent sous leur contrôle“, a-t-il insisté.
Outre cet enjeu, Mamy Diaby a également abordé la question du monopole dans le secteur des télécommunications. “Avec un seul opérateur présent sur le marché, le réseau ne peut pas répondre efficacement aux besoins de l’ensemble de la population. Cela entraîne des problèmes de saturation et d’instabilité du service“, a-t-il expliqué. Pour lui, l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs est essentielle afin d’améliorer la qualité et la fiabilité des services.
Face à ces constats, il plaide pour une stratégie numérique plus ambitieuse, incluant la mise en place de centres de données nationaux et un environnement plus concurrentiel pour les télécommunications. “Nous ne pouvons pas rester en marge des avancées mondiales. La Guinée doit se doter d’infrastructures modernes pour garantir sa souveraineté numérique et assurer à ses citoyens une connectivité de qualité“, a-t-il conclu.
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