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Violences policières en Guinée : ce qu’en dit le porte-parole de la police

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La journée internationale de lutte contre les violences policières, quoique méconnue en Guinée, a été célébrée ce vendredi, 15 mars 2019. En Guinée, la police nationale n’a pas bonne presse aux yeux de très nombreux observateurs. Les violences policières, exercées sur des citoyens sans défense, sont récurrentes aussi bien à Conakry qu’à l’intérieur du pays.

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Mais, le contrôleur général de police Mamadou Camara, directeur central de la sécurité publique et porte-parole de cette institution, pense plutôt le contraire. Il l’a fait savoir ce vendredi, à l’occasion d’une interview a accordée à un de nos reporters.

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Décryptage !

Guineematin.com : aujourd’hui, c’est la journée mondiale de lutte contre les violences policières. A cette occasion, nous avons rencontré des citoyens qui se plaignent de violences perpétrées par des agents de la police à Conakry. En tant que porte-parole de cette institution, quelle est votre réaction face à ces plaintes ?

Mamadou Camara : merci de m’avoir posé cette question et merci surtout pour le fait que nous revenions sur cette question très sensible. Je voudrais d’abord revenir en arrière pour vous dire que depuis 2010 et dans le cadre de la réforme du secteur de sécurité, la police a eu beaucoup de formations dans ce sens. Et nous avons eu à faire, dans le cadre de la réforme des services de sécurité, deux activités.

La première activité, c’est une réforme institutionnelle, et la deuxième activité menée c’est dans le cadre de la formation et de la sensibilisation des fonctionnaires de police qui évoluent non seulement dans les commissariats centraux mais aussi dans toutes les unités de police à travers la ville de Conakry. Je préciserai d’ailleurs qu’au jour d’aujourd’hui, la capitale Conakry a eu la chance d’abriter dans tous les sept (7) commissariats centraux la doctrine de police de proximité.

Donc, ceci est à l’actif du gouvernement mais aussi des partenaires techniques et financiers qui ont bien voulu accompagner le gouvernement guinéen et la police nationale particulièrement. Et, dans le cadre de la réforme institutionnelle, nous avons aujourd’hui des instruments qui sont à disposition des citoyens dans le cadre des violences policières. C’est autant vous dire que les responsables à tous les niveaux, chacun en ce qui le concerne, sait qu’aujourd’hui il y a une restructuration de l’inspection générale des services de police.

Cette inspection générale de police est là à l’écoute des citoyens mais aussi des policiers eux-mêmes. Parce qu’il se trouve souvent que certains policiers eux aussi sont victimes de la part des chefs. Mais, il se trouve également que certains citoyens aussi sont victimes de la part des chefs. Mais également, certains citoyens se trouvent être victimes des policiers. Donc cette institution a été suffisamment outillée dans ce sens pour recevoir les plaintes contre les policiers.

Et tout policier qui se comporterait mal vis-à-vis d’un citoyen ou qui serait auteur d’une violence contre un citoyen est passible devant cette institution qui est l’inspection générale des services de police. Et, bien que ce ne soit pas la seule institution qui est mise en place dans le cadre de la réforme, puisqu’il y a le conseil de discipline, toute chose qui n’existait pas avant.

Donc aujourd’hui, tout policier qui se comporterait très mal vis-à-vis d’un citoyen, ou qui se serait rendu coupable de violence policière à l’encontre d’un citoyen est passible devant le conseil de discipline qui peut prendre des décisions jusqu’à la radiation pure et simple. Donc, c’est autant vous dire aujourd’hui que c’est des trucs auxquels toutes les structures de la police veillent au grain. La violence policière au niveau de la police nationale est devenue une histoire.

Comme vous le savez, même si c’est un délinquant primaire ou endurci, quand il est pris pour des faits de criminalité sur le terrain, il n’est plus soumis à une violence policière. Comme vous le savez, on le dit souvent, que l’aveu n’est pas une preuve. Donc, on ne frappe plus dans les commissariats de police un citoyen pour qu’il avoue sa forfaiture, ni au niveau des unités, ni au niveau de n’importe quel service.

Ces violences sont révolues et n’existent plus. Et tout citoyen qui se sentirait victime de violence est libre de porter plainte contre le policier devant les institutions que je viens de vous citer, notamment il y a l’inspection générale des services de police, mais aussi il y a le conseil de discipline qui peut être saisi par le département par rapport au comportement indélicat d’un agent de police.

Guineematin.com : on sait quand même que la police n’a pas bonne presse aux yeux de l’opinion. D’un côté, il y a des agents de maintien d’ordre qui sont régulièrement pointés du doigt pour des agissements disproportionnés lors des manifestations de rue ; et de l’autre, il y a les agents de la police routière qui sont accusés de rackets et de violences sur les routes. Etes-vous conscients de cette situation ?

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Mamadou Camara : oui, vous savez que tous ces instruments que je viens de vous citer ont été mis en place pour réprimer avec la dernière énergie le comportement indélicat de ces agents de police qui au cours des maintiens d’ordre, qui au cours de l’établissement de l’ordre, qui au cours de la régulation de la circulation, qui au cours des patrouilles, ils font des rackets. Nous en sommes conscients, il y a des brebis galeuses. Mais, je peux vous dire que c’est avec la dernière énergie que désormais les policiers sont réprimés par rapport à cet état de fait.

Je ne dis pas que ça n’existe pas, c’est vrai, il y a toujours des agents indélicats, mais ils le font à leurs risques et périls. Parce que, si un agent est pris dans ce cadre-là, rien n’empêche les instruments dont nous disposons aujourd’hui pour le faire passer devant le conseil de discipline. Parce que, le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le directeur général de la police nationale et tout son staff traitent ces questions avec une tolérance zéro. Nous sommes là pour la sécurisation des personnes et de leurs biens.

Et, il est très mauvais que des policiers se comportent mal avec les citoyens. Et, ces éléments incontrôlés de fois qui peuvent surgir et qui peuvent agir sur les citoyens, nous mettons beaucoup d’instruments en place aujourd’hui pour que ces éléments soient repérés et qu’ils soient sanctionnés à la dimension de la forfaiture commise sur les citoyens. Et ce qu’il faut savoir aussi, certains citoyens ne peuvent pas avoir une bonne presse de la police.

Parce que vous savez que la police, entre-autres en plus de la sécurisation des personnes et de leurs biens, elle est chargée aussi de l’application des lois et des règlements. Alors, dire à quelqu’un d’évoluer dans la limite de sa liberté et l’interdire ou l’empêcher d’évoluer dans le spectre de la liberté d’une autre personne, ça fait mal.

Donc, cette mission d’application des règlements et des dispositions en vigueur en général fait mal à certains citoyens au point qu’ils ne voudront pas aimer la police. Par contre, il y a d’autres citoyens qui comprennent bien que la police est dans son rôle d’application des lois et des règlements mais aussi a l’obligation de la sécurisation des personnes et de leurs biens sans distinction de race ni d’ethnie.

Guineematin.com : dans cette restructuration dont vous venez de parler, est-ce qu’il y a par exemple des cours de droits de l’Homme qui sont dispensés aux agents de police ?

Mamadou Camara : ce que nous pouvons vous dire, il y a non seulement un bureau des droits de l’homme et des droits humanitaires au niveau de la police nationale. Ce bureau existe et il est animé par un officier de police qui, régulièrement, passe dans les unités de police pour réitérer ces notions de droits de l’homme et des droits humanitaires. Et à cela, il faut préciser que chaque fois que la police agit sur le terrain, nous avons un dispositif que nous mettons en place sur papier.

Et parmi les consignes que nous mettons dans ledit document, il y a le respect des droits de l’homme et des droits humanitaires qui est toujours mentionné en bonne et due forme. Donc ces dispositions sont prises pour indiquer aux agents qui sont sur le terrain que la hiérarchie tient au respect des Droits de l’homme. Et ce notions sont développées même actuellement à l’école de police.

Guineematon.com : vous dites que des sanctions sont prises contre des agents indélicats. Pouvez-vous nous donner quelques exemples d’agents sanctionnés ?

Mamadou Camara : je ne peux pas vous citer nommément quelques exemples, mais je suis certain qu’il y a eu beaucoup de cas pour lesquels les sanctions ont été envisagées, lorsqu’un agent se met devant une infraction à la loi pénale. Aujourd’hui, nous avons plusieurs policiers que nous-mêmes nous avons déférés devant les tribunaux.

Récemment, il y a eu un policier au niveau du commissariat central de Coyah qui a été interpellé par le commissaire central de Coyah et qui a été déféré. En plus, il y a deux autres policiers et des officiers au niveau du commissariat central de Mafanco qui ont été interpellés et déférés par la police.

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