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Nadia Nahman porte-parole de Cellou : « comment anéantir les armes du pouvoir… »

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Quelles sont les exigences de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée pour l’organisation des prochaines élections ? Le parti dirigé par Cellou Dalein Diallo envisage t-il de boycotter le prochain scrutin ? Comment contrer les promoteurs d’une nouvelle Constitution ? Nadia Nahman, la porte-parole de Cellou Dalein Diallo a bien voulu répondre à nos questions. Dans cette interview, elle est également revenue sur les bisbilles qui existeraient au sein de la principale formation politique d’opposition en Guinée.

AFRICAGUINEE.COM : Dans la lutte contre le troisième mandat d’Alpha Condé, beaucoup ont le sentiment que l’UFDG qui est quand même le principal parti d’opposition a une réaction assez timide. Comment peut-on expliquer cet état de fait ?

NADIA NAHMAN :Je pense que si on veut sortir victorieux de ce combat qui engage toute la Nation, il faut examiner les armes de notre adversaire, et en fonction de celles-ci, savoir comment réagir. Première chose : je rappelle que les vents de contestation qui ont soufflé sur le continent ont été menés par la société civile. Le cas du Burkina Faso, le cas de l’Algérie, le cas du Soudan sont édifiants. Je vais insister sur le rôle central de la société civile et des medias dans l’avènement et la protection de la démocratie. Cette société civile permet de conscientiser le peuple. Deuxième chose : je vais parler du rôle des medias. Tous les mouvements qui ont pu mettre en échec les velléités de tripatouillage constitutionnel ont pu prospérer avec l’appui des medias parce que ce sont les medias qui sont à l’avant-garde de ce combat. Ce sont les medias qui mettent à la place publique le débat. Donc, en faisant entendre toutes les sensibilités, il est important que les medias aussi assument leur part de responsabilité.

Le pouvoir en place, comme tous les régimes totalitaires, son mode opératoire est basé sur trois instruments majeurs. C’est important de les décortiquer pour pouvoir comprendre quelle est la réponse adéquate qu’on doit apporter et ça permettra aussi de comprendre la stratégie que l’UFDG veut développer. La première arme du pouvoir, c’est la répression, la deuxième c’est la corruption et la troisième c’est la division. Il use de la répression parce qu’il sait que sa seule légitimité, son seul soutien ce sont les armes. C’est un pouvoir en déclin. Les sous-armes de la répression, c’est l’interdiction des manifestations depuis juillet 2018. Quand un premier ministre dit qu’on préfère l’ordre à la Loi, c’est inquiétant. Quelles sont les armes de la répression, c’est l’installation des PA dans les zones supposées favorables à l’opposition. On a l’article 10 de la Constitution qui est violé ici. Ce qu’on a vu à Kankan, Coyah, Kindia, Boké, Boffa, tout ça là participe à l’intimidation du peuple. Mais laissez-moi vous dire une chose : rien, absolument rien ne résiste à un peuple qui à coups d’humiliation, de privation, et de souffrance, décide de briser ses chaînes et de prendre son destin en main. Absolument rien ne résistera à ce peuple, même pas l’obstination de quelques Hommes à Sékhoutouréyah.

L’arme de la corruption, c’est le secteur minier qui est en train de l’alimenter avec le rattachement de la Soguipami (Société Guinéenne du Patrimoine Minier, Ndlr) à la présidence. Maintenant l’arme de la division, laissez-moi vous dire qu’on joue avec le feu dans ce pays. La stratégie est extrêmement dangereuse. Le seul fonds de commerce du pouvoir d’Alpha Condé, c’est l’ethno-stratégie. C’est quelqu’un qui a dit en début de son mandat qu’on donne la primature à certains, l’assemblée nationale à d’autres. Mais pardonnez-moi : le seul critère qui doit prévaloir, c’est le mérite. Il y a un certain machiavélisme ici. Parce que certains disent : bon, qu’est-ce qu’on fait si le troisième mandat échoue ? C’est le glissement. Mais l’opposition est sur tous les plans. On sait très bien qu’il y a un travail à faire sur le fichier électoral, il faut se battre à la CENI, il faut se battre contre le troisième mandat, il faut se battre pour les élections locales. Bref, il a ouvert plusieurs fronts à la fois pour pouvoir nous perdre. C’est une stratégie très classique d’Alpha Condé. C’est la répression, la corruption et la division. Je vous assure que s’il avait un bilan à défendre, vous pensez que ce sont les arguments juridiques qui intéresseraient les uns et les autres ? Non. Le pays est dans une pauvreté sans précédent. Pourquoi la Guinée est aujourd’hui le premier contingent de demandeurs d’asile ? Pourquoi nos enfants décident de braver la mer aujourd’hui ? J’ai suivi de très près la révolution algérienne. J’ai été très touchée par les propos des jeunes qui disaient : on préfère revendiquer nos droits dans notre propre pays que d’aller risquer nos vies dans des embarcations de fortune et d’alimenter le cimetière à ciel ouvert qu’est devenue la méditerranée.

On oppose les communautés les unes aux autres afin de créer un chaos pour justifier un glissement. Là aussi c’est une possibilité qu’il faut mettre de côté. C’est important d’avoir toutes les armes du pouvoir. C’est la répression, la corruption, la division et s’il le fallait il pourrait même justifier de possible foyer de terrorisme. Tout est possible. Le pouvoir peut avoir recours à tout ça s’il voit que son projet de troisième mandat n’est pas justifié. Face à ça qu’est-ce qu’on fait ?

Les manifestations nous coûtent extrêmement cher. Combien de fois l’UFDG est parti dans des accords parce que la constitution a d’abord été violée ? On ne devrait même pas parler d’accords de 2012, 2015, 2016 si la constitution était respectée. Mais ça c’est intéressant parce que non seulement, on viole la constitution, on en vient à des accords pour nous sortir des crises, et à quelques mois de la fin du mandat, on nous dit que la Constitution n’est pas légale, elle a des imperfections. Constitution qu’ils ont toujours violée ? Voilà pourquoi je vous ai dit que c’est l’hôpital qui se moque de la charité et qu’on peut avoir la meilleure constitution du monde, si on n’a pas les hommes capables d’incarner les meilleures pratiques qui soient, ce n’est pas la peine. Alors face à ça qu’est-ce qu’on fait ? L’UFDG s’est dit que la meilleure façon de porter le combat serait de rejoindre la société civile, de l’accompagner. A une période aussi charnière de la vie politique, économique et sociale de notre pays, il ne faut pas discuter du sexe des anges. Ces barrières politiques, syndicales, associatives ne sont qu’artificielles. La société civile, les partis politiques sont composés d’hommes d’abord. Il faut absolument que l’on s’organise. C’est dans ce cadre qu’on est prêt à mettre toutes les forces possibles au service du front pour qu’on puisse aller vers un combat commun. Parce que ce n’est le combat de l’UFDG à lui seul. L’UFDG n’aura pas le monopole de ce combat. C’est le combat de la société civile, des medias, des syndicalistes, de l’armée, c’est le combat de tous les citoyens.

Nous sommes en préparation puisque la Guinée ne s’arrête pas qu’à Conakry. C’est un travail de préparation, de sensibilisation partout. La réponse à Boffa, Boké, Tanéné, Coyah n’est pas tombée du ciel. Je pense qu’il y a un travail qui est en train d’être mené. Il faut continuer avec beaucoup d’humilité et se dire que quand on a à faire à des personnes qui n’ont pas l’amour de la patrie, quand on a à faire à des personnes qui sont prêtes à tout pour mettre ce pays en danger pour minier l’unité nationale, on se doit d’être bien organisé. Et ça doit répondre à des stratégies bien développées à Conakry, à l’intérieur du pays en associant toutes les franges. Ce n’est pas le combat seul de l’UFG, c’est le combat de tous les guinéens et guinéennes.

Depuis la mise en place des PA composés de gendarmes, de policiers et de militaires, aucune manifestation n’est tolérée par le pouvoir en place à Conakry. Comment contourner les PA dans les manifestations sans faire de victimes ?

Je pense que c’est là où il est important de rappeler l’armée à son rôle. Avant la chute de Bouteflika, quand le Chef d’état-major voyait les jeunes algériens qui offraient des roses aux forces de l’ordre, il leur disait « écoutez, en Syrie aussi ça a commencé comme ça, on a vu les résultats ». C’est un peu révélateur de l’intimidation et leur dire que ça ne marchera pas. Moi je pense que l’armée c’est qui ? L’armée c’est le peuple, c’est une partie du peuple. Elle doit s’en tenir au principe de neutralité, à son rôle de protection de la Constitution, à son rôle de défenseur des institutions républicaines. Elle doit se tenir résolument auprès du peuple guinéen comme l’ont fait leurs homologues en Algérie, au Soudan. C’est quand même des manifestations spontanées, mais une seule goutte de sang n’a pas été versée au Soudan malgré la dureté de ce régime militaire, une seule goutte de sang n’a pas été versée en Algérie. Pourquoi est-ce que la Guinée devrait s’inspirer des mauvais exemples ? Il faut que l’armée se tienne résolument du côté du peuple à qui elle appartient. Parce qu’il serait inimaginable de voir une faction du peuple s’en prendre à une faction.

On s’organise, on y arrivera. Je suis intimement convaincue que le peuple de Guinée, las de cette pauvreté, fatigué de cette corruption fera ce sursaut national. Ce sursaut national arrive. Vous savez, c’est quelque chose d’imprévisible, il ne se télécommande pas. Au moment où la coupe de l’endurance déborde, le peuple se lèvera. Et nul ne pourra l’arrêter.

Récemment le débat politique a été pollué par des rumeurs sur des bisbilles entre cadres de l’UFDG, notamment entre le financier du parti Maladho Diallo et le député uninominal de Pita Diouldé Sow. Certains sont même allés jusqu’à dire qu’au fond, il y avait une histoire de malversation. Que répondez-vous ?

L’UFDG dément formellement les informations faisant état de malversations qui sont fausses et dénuées de tout fondement. Le but d’une telle manœuvre est de jeter le discrédit sur les cadres du Parti au moment où rien ne doit nous détourner de la lutte pour l’alternance. On voit bien que l’industrie des fake news tourne à plein régime. Pour le reste, lorsqu’il y a des quiproquos ou des ambigüités, on se retrouve dans le cadre défini par le Parti et on s’explique. C’est foncièrement humain.

Tout le monde sait que l’UFDG prend des proportions inimaginables. Moi je ne vais pas m’étendre là-dessus. Les principaux protagonistes ont été écoutés, le quiproquo a été levé et le parti avance. Tout le reste ce n’est que de l’animation de la vie des réseaux sociaux, cela ne m’intéresse pas. Nous sommes un parti politique, conscient que si nous voulons prendre les rênes du pouvoir de ce pays, il y a un devoir d’exemplarité. Et ce devoir, le président Cellou Dalein Diallo y est fortement attaché. Le seul objectif qui vaille pour notre parti, surtout quand on a à faire à des personnes aussi déterminées à agir dans l’illégalité et à mobiliser tous les moyens de l’Etat, c’est de faire en sorte de ne pas se détourner de notre objectif majeur qui est la conquête du pouvoir d’Etat par tous les moyens légaux et républicains en faisant prévaloir nos idéaux. C’est tout ce qui compte.

Les élections législatives pointent à l’horizon, mais les résultats de l’audit du fichier électoral divisent encore la classe politique de l’opposition et la mouvance. Dites-nous qu’exige l’opposition notamment l’UFDG ?

L’opposition exige une chose toute simple : c’est de suivre les recommandations de l’audit. Au vu des doublons persistants, du nombre de citoyens sans données biométriques, et de personnes décédées qui pourraient encore figurer dans la base des données, un contrôle physique de l’ensemble des électeurs s’impose. Selon le rapport d’audit, chaque citoyen revient confirmer ou compléter ses données alphanumériques et biométriques pour qu’il soit maintenu dans la base. Il faut qu’on arrête avec cette logique qui transforme les élections en un véritable cycle infernal, il ne peut pas y avoir de développement possible si les élections se transforment en sources de tensions permanentes. Le fichier doit être expurgé de toutes ces anomalies pour aller à des élections libres, sincères, transparentes et ouvertes qui permettront aux guinéens de choisir leurs dirigeants.
Il faut noter avec insistance que 1 564 388 (25,9%)des électeurs sont sans empreintes digitales. Seuls les 1 487 355électeurs enregistrés par Gemalto ont été dédoublonnés en 2015 tandis que 3 051 773 (45,6%)électeurs sont non injectés dans le moteur AFIS (pour le dédoublonnage). Un peu plus de 3 millions d’inscritssont nés un 1er janvier ou un premier juillet; ceci signifie qu’au minimum la moitié des inscrits n’étaient pas en mesure de produire un acte d’état civil avec une date de naissance exacte.

Des recommandations ont été faites, il n’y a qu’à suivre ces recommandations pour aller vers des élections libres et transparentes, des élections qui permettront au peuple de Guinée de choisir librement qui ils voudront pour incarner le leadership et sortir la Guinée de l’ornière.

Au-delà du fichier électoral, il y a le problème lié à l’installation des chefs de quartier et de district pour parachever les élections communales. Pourquoi ça coince ?

Les conditions chaotiques d’organisation de ces élections communales qui depuis le 4 février 2018 ne sont pas achevées alors que le voisin sierra-léonais, malgré une décennie de guerre civile, parvient à organiser les élections présidentielles et législatives en une journée, ne nous honorent pas. Pour une élection qui devrait être organisée depuis 2010, c’est un échec pour la démocratie guinéenne. Il convient de rappeler que les chefs de quartier et de district sont de précieux auxiliaires de la fraude car ils gèrent la distribution des cartes d’électeurs et l’enrôlement. Le MATD (ministère de l’administration du territoire et de la décentralisation, ndlr) a demandé aux nouveaux maires de travailler avec les anciens Chefs de quartier en violation flagrante du Code électoral. Or, le maintien du statu quo constitue une menace à la paix et à la cohésion sociale dans nos quartiers et districts.

Après la proclamation des résultats définitifs des élections locales par la CENI et l’installation des Exécutifs communaux, plus rien ne justifie le retard dans la désignation et l’installation des membres des Conseils de quartiers et de districts, étant entendu que les résultats par Quartier et District ont été transmis au MATD depuis le 18 février 2018 par la CENI. Il y a une loi adoptée à l’Assemblée nationale qui établit des critères objectifs de nomination des chefs de quartier. La liste arrivée première dans un quartier est légitime pour désigner les personnes choisies puisqu’elles émanent d’une élection. Il faut juste appliquer la loi. Les Listes de candidatures de l’UFDG aux dernières élections locales n’entendent pas renoncer à leur droit légitime de désigner et d’installer les membres des Conseils de Quartiers et de Districts, conformément aux dispositions des articles 99 et suivants du Code électoral.

L’UFDG a-t-elle mené des démarches pour clore définitivement ce chapitre ?

(…) Il y a eu un courrier qui a été adressé à toutes les institutions républicaines, à savoir : la CENI, l’Assemblée Nationale, la Cour Constitutionnelle, la Cour Suprême, pour leur dire que si la loi n’est pas respectée nous allons faire le nécessaire. Un autre courrier est en cours de transmission au premier ministre. (…) Parce que la loi est claire. C’est l’entité qui est arrivée en tête de liste qui procède à la désignation du chef de quartier ou de district. Il n’y a pas de problème d’ordre financier dans ça ni de problème d’ordre logistique, il faut juste appliquer la loi. Il faut absolument clore ce chapitre d’élection locale. Parce qu’on ne peut pas investir autant de temps, autant d’argent, autant d’énergie pour en arriver à l’essentiel dans des élections qui sont quand-même le poumon de la démocratie locale et maintenir le statu quo.

Le mandat des députés a expiré depuis janvier 2019. Les députés de l’opposition ont malgré tout siégé. Dites-nous jusqu’à quand êtes-vous prêts à siéger dans cette illégalité ?

Il y a plusieurs choses qu’il faut regarder parce que la défiance vient du fait qu’on se dise que si l’UFDG se maintient, il peut y avoir une base au glissement d’un mandat. C’est l’un des principaux arguments qui est avancé. Il faut rappeler l’article 2 de la loi organique portant règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, qui dit que les députés restent en fonction jusqu’à l’installation de la nouvelle Assemblée Nationale. Il y a une base légale qui justifie notre maintien, laquelle base n’existe pas du tout pour le chef de l’Etat. C’est important de rappeler aussi que l’amélioration du dispositif institutionnel et juridique ne se fera pas dans la rue, ça se fait également à l’Assemblée Nationale.

La lutte n’est pas idéologique mais politique. Il convient de condamner le non-respect des échéances électorales et le défaut d’organisation des élections à bonne date et également balayer d’un revers de la main l’argument selon lequel la prorogation du mandat des députés équivaudrait à légitimer le glissement du mandat présidentiel. Je rappellerais que selon l’article 2 du règlement intérieur de l’Assemblée Nationale, les députés siègent jusqu’à l’installation de la nouvelle assemblée. Le contrôle parlementaire de la Constitution est concevable parce que les parlementaires en tant que représentants de la volonté́ générale ont l’obligation de protéger la Constitution. On fait un mauvais procès fait à l’UFDG qui s’est toujours battu pour le respect du calendrier électoral en organisant des manifestations sauvagement réprimées. Le seul responsable de cette situation demeure le pouvoir en place.

A qui profitera la politique de la chaise vide face un régime prêt à agir dans l’illégalité et ayant inféodé toutes les institutions ? Des contre-pouvoirs, quand bien même fragiles et imparfaits, devraient continuer d’exister. Il fallait aussi éviter ou empêcher le Président de la République de légiférer par Ordonnance. Je dois aussi préciser que l’amélioration du dispositif juridique et institutionnel des élections se fait au Parlement. Ceci dit, il va sans dire que les prochaines élections législatives et présidentielles se préparent aussi à l’Assemblée nationale, de même que le débat parlementaire relatif à une éventuelle révision constitutionnelle ou nouvelle Constitution.

C’est curieux qu’on ne parle (presque) des députés de l’UFDG alors que le pouvoir refuse d’organiser les législatives parce qu’il sait qu’il va les perdre comme ce fut le cas lors des élections locales.Il faut avoir une cohérence d’ensemble et avoir une vision globale du combat aujourd’hui. On ne peut pas être à la CENI et refuser d’aller au parlement. Nous avons un combat, c’est celui contre le 3èmemandat qui va être mené dans la rue. Dans un Etat démocratique, ce n’est pas à une manifestation de renverser le gouvernement, par contre dans un Etat autoritaire et dictatorial, c’est le peuple qui doit renverser la dictature pour rétablir une démocratie. Donc on s’y maintiendra jusqu’à ce qu’on puisse avoir plus de visibilité sur la lutte à apporter. Vouloir quitter l’Assemblée à une période aussi fatidique de notre pays, on nous reprochera le fait d’avoir laissé des gens adopter ou faire passer un projet constitutionnel alors qu’on a quand-même une minorité bloquante.

Est-ce que l’UFDG envisagerait le boycott des élections si toutes les recommandations sur l’audit du fichier électoral ne sont pas appliquées ?

On est quand-même une structure collégiale, moi je ne peux prendre l’initiative de répondre à cette question. Il va falloir se réunir dans le cadre des Assemblée Générales, dans le cadre du conseil politique pour discuter de cette question. Je préfère être honnête, c’est une réponse que moi je n’ai pas. Mais étant en contact avec les cadres de notre parti, on sait qu’on ne peut pas aller avec un tel fichier aux élections. Moi je pense que les militants sont très exigeants et à notre tour de l’être (…), on ne va pas faire des élections sur la base de ce fichier. Le travail doit être fait il faut qu’on ait un fichier propre et complètement défait de toutes ses anomalies. On ne peut pas faire que des élections qui nous conduisent au chaos à chaque fois.

Amnesty International vient de sortir une note dans laquelle elle prévient qu’un projet de Loi anti-terrorisme menace l’exercice des libertés à l’approche des élections. Quelle lecture faites de ce projet de LOI ?

Cette loi sur le terrorisme va venir compléter l’arsenal répressif déjà sur place. Elle va venir compléter l’interdiction des manifestations, elle va renforcer l’installation des PA. Il faut toujours voir ce pouvoir là réfléchir de manière globale. C’est une loi ordinaire et non organique qui peut passer à la majorité simple. Mais comme les discussions sont cours et qu’elle n’a pas franchie l’étape des discussions, on observe. Mais c’est une loi qui nous préoccupe vivement. Elle viendrait compléter l’arsenal militaire répressif.

Comme je vous l’ai dit, on n’est même pas capable de vous dire le coût réel engagé dans Souapiti ou kaleta malgré notre présence à l’Assemblée nationales, imaginez notre absence. Ce qui signifie que tout nous échappera. L’UFDG fait mienne les recommandations d’Amnesty International qui a fait un travail très claire là-dessus pour dire attention : on va avaliser des choses qui violent les engagements internationaux de la Guinée. Une telle loi ne doit pas passer puisqu’elle viole les engagements internationaux, les pactes relatifs aux droits civils et politiques, la charte africaine des droits de l’Homme et des peuples. Il y a autant de dispositions que la Guinée violerait en adoptant cette loi.

africaguinee

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