Violences en Guinée : pour Moussa yéro Bah, l’injustice n’a jamais aidé un pays à avancer

Plusieurs cas de violences ont été enregistrés ces derniers temps en Guinée lors de manifestations du FNDC qui lutte contre une nouvelle constitution. La dernière datant du mercredi 29 janvier concernant une nourrice ne laisse pas les défenseures des droits humains calmes. 

Elles annoncent s’activer pour venir en aide à la victime. Moussa Yéro Bah est présidente de l’ONG Femmes, Développement et Droits humains (FD2H). Déplorant cet acte en tant qu’activiste des droits humains, elle affirme que cela ne nous honore pas vraiment.

<< les cas de violences quel que soit leur forme sont à déplorer mais ce qui indigne davantage ce sont les cas de violences qui ne sont pas suivis d’actes concrets de justice et on est habitué à cela. Ça n’a pas commencé maintenant.

C’est cette impunité qui fait que jusqu’à présent les gens continuent de perpétrer des violences contre ces populations parce que ces gens savent qu’il n’yaura pas de suite. Ils ne seront pas arrêtés, jugés condamnés et c’est malheureusement déplorable pour notre pays parce qu’un pays vaut ce que vaut sa justice >> déclare la jeune dame. Sur le cas de la femme utilisée comme bouclier par des agents de sécurité, Moussa yéro Bah ne cache pas qu’elle a été marquée.

<< … C’est quand même quelque chose d’extraordinaire. On ne voit cela que dans les films généralement. Les prises d’otages, prendre des gens comme bouclier humain, ça se voit dans les films, mais malheureusement pour nous cela se passe dans notre pays et ce sont nos agents des services de sécurité qui s’en prennent à une Guinéenne qui les nourrit, qui les vêtir parce que ce sont nos taxes qu’on utilise pour payer ces armes, ces tenues, pour entretenir ces agents…

C’est quelque chose qui est à déplorer… La vie humaine est banalisée >> a laissé entendre l’activiste. Pour elle, le fait que les autorités n’aient pas été reçues devrait leur donner à réfléchir. << c’est pas un bon message, les autorités devraient se faire accepter à tous les niveaux, dans chaque coffin, dans chaque coin et recoin de la Guinée. À chaque fois qu’il y a problème, qu’elles puissent se déplacer, qu’elles puissent aller consoler les citoyens concernés, et cela, ce n’est possible qu’avec la justice… Il faut espérer que justice puisse être rendue et que cette femme puisse être rétabli dans ses droits >>, souhaite la journaliste.

Les activistes des droits de l’homme après cette vidéo qui a affolé la toile se sont mis à pied d’œuvre pour trouver comment aider la victime. << des choses seront faites pour aider cette femme par exemple une assistance psychosociale parce qu’elle est complètement déprimée…

Nous allons nous battre pour qu’elle puisse voir un psychologue et puisque déjà, l’Etat s’est engagé, nous allons observer voir. Certainement, l’Etat ira au bout de cette logique qu’il a déjà engagé >>, a ajouté la défenseure des droits humains.

<< Que les guinéens comprennent qu’ils soient autorités, citoyens normals, agents des services de sécurité, qu’ils sachent qu’on a que ce pays en commun, qu’ils sachent que l’injustice n’a jamais aidé les pays à avancer, l’injustice n’a jamais aidé les gens à cohabiter. Il faudrait que la politique ne l’emporte pas, pas que les pyromanes sur les colombes dans ce pays parce que c’est l’impression qu’on a aujourd’hui…

Il faudrait qu’on sache qu’on doit se regarder entre guinéens un jour et quel que soit le problème entre en mesure de nous asseoir autour d’une même table, parler d’une même voix et trouver des solutions, trouver un terrain d’entente pour aider notre pays qui est si riche à avancer…

Il faudrait qu’on s’entende, que l’élite guinéenne puisse prendre conscience, revenir à de meilleurs sentiments, faire en sorte qu’on mette la balle à terre pour qu’on puisse s’entendre et ça ca passe forcément par la justice. Il faudrait qu’on sache qu’on doit se regarder entre guinéens un jour et quel que soit le problème entre en mesure de nous asseoir autour d’une même table, parler d’une même voix et trouver des solutions, trouver un terrain d’entente pour aider notre pays qui est si riche à avancer…

Elisabeth Zézé Guilavogui