Massacre du 28 septembre 2009: le ministre guinéen de la justice annonce le procès en juin 2020

Plus de 10 ans après, le procès pour faire la lumière sur le massacre du 28 septembre 2009 peine à s’ouvrir. Ce vendredi 10 décembre 2020, le ministre guinéen de la justice a fait une nouvelle annonce sur l’ouverture de ce procès qui suicite de réactions tant en Guinée qu’à l’international.
Mamadou Lamine Fofana qui animait une conférence de presse à Conakry, anonce que le jugement des présumés auteurs de ce massacre débutera au plus tard en juin 2020.
“je vous précise bien que nous procéderons à la pose de la première pierre le lundi pour la construction d’un immeuble qui doit abriter le procès. L’entrepreneur dit 10 mois mais, nous avons besoin d’une salle d’audience digne de nom qui puisse abriter ce procès. C’est-à-dire, une salle d’audience, une salle de délibération, une salle de témoins, une salle pour les visites, etc. Nous pensons que d’ici le mois de mai, cela pourra se réaliser. Nous avons pris des engagements ferme vis-à-vis de la communauté internationale que le procès se tiendra plus tard en juin 2020 et nous tenons à respecter ce délai », a-t-il annoncé.
Dans cette affaire, le principal accusé est l’ancien aide de camp du chef de la junte, Moussa Dadis Camara. Pour le ministre de la justice, ce dernière qui est en prison depuis fin 2016, est poursuivi pour deux infractions.
 «  Toumba Diakité a deux infractions. Il y a d’une part sa responsabilité dans les événements du 28 septembre, mais il a aussi la responsabilité dans la tentative d’assassinat portant sur le président Moussa Dadis Camara. A ce titre, un mandat a été lancé, et il a été exécuté au Sénégal. On a demandé l’extradition et, c’est à ce titre qu’il a été détenu. Une double inculpation. S’agissant de Dadis, il fait partie des personnes renvoyées par le pool de juges d’instruction par le tribunal criminel spécial. Et, je vous garantis qu’il sera présent à la barre le jour convenu. Pour la détention des autres mis en cause, cela relève de l’imperium du juge. Je vous dis que le dossier a été instruit par trois juges qui sont saisis en charge et en décharge. Ils sont libres de placer quelqu’un sous mandat de dépôt, comme ils sont libres de laisser la personne sous contrôle judiciaire», a ajoute le garde des sceaux.
Cette annonce du ministre de la justice intervient alors que son prédécesseur avait plusieurs fois des dates pour la tenue de ce procès, mais qui se sont révélées intenables.
Alpha Oumar Bah