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Manque d’eau à Conakry : les habitants de Dixinn Bora tirent le diable par la queue

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De nombreux quartiers de Conakry connaissent actuellement une pénurie d’eau. Une situation difficile à vivre dans un pays arrosé par de très nombreux cours d’eau, qualifié de château d’eau de l’Afrique occidentale. Le quartier Dixinn Bora, dans la commune de Dixinn, ne fait pas exception à cette triste réalité où vendeurs d’eau et ménagères ne savent plus sur quel pied danser, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La Guinée est le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest. Mais malgré ces énormes potentialités, avoir de l’eau dans de nombreuses parties de Conakry est un véritable parcours du combattant pour les populations.

Le quartier Dixinn Bora, fait partie de ces quartiers frappés de plein fouet par le manque d’eau, devenu plus préoccupant à cette période de saison sèche. Avoir de l’eau dans ce quartier est un véritable casse-tête chinois pour les charretiers et autres citoyens. Tout le monde converge vers l’unique endroit du quartier pour faire la queue en vue de s’approvisionner.

Rencontrés hier mardi, 12 mars 2019 par un reporter de Guineematin.com, les citoyens de Dixinn Bora ne cachent pas leur souffrance dans la recherche du précieux sésame. En plus de la forte demande, s’ajoute la faible pression de l’eau.

« Moi, je suis vendeur d’eau dans le quartier ici, à Dixinn Bora. Ça fait longtemps que j’ai commencé ça, mais nous avons des problèmes. Ici, il n’y a pas d’eau, tout le monde en souffre. C’est nous qui envoyons de l’eau dans beaucoup de familles ici. Presque tout le monde vient s’approvisionner à ce point-là.

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Mais, des jours ou des semaines peuvent passer sans qu’on ait une goutte d’eau ici. Nous venons garer nos charrettes partout. Ceux qui ne peuvent pas attendre vont jusqu’à Coléah. Mais, moi je ne peux pas aller jusqu’à Coléah, parce que si tu y vas avec ta charrette, l’argent que tu auras, c’est quelqu’un qui le mangera ou bien tu te soignes avec. C’est très loin d’ici.

Et puis, actuellement, le soleil est très ardent. Se promener avec la charrette sous ce chaud soleil, soit tu deviens très fatigué, soit tu tombes malade. Ça faisait plusieurs jours que l’eau ne venait pas. C’est aujourd’hui que c’est venu, mais la pression est très faible. Je n’ai fait que deux tours, alors que, s’il y a suffisamment d’eau, je peux faire 6 à 7 tours », témoigne Alsény Koulibaly.

L’autre difficulté est liée au nombre élevé de charretiers dans la zone. Selon Alsény Koulibaly, « nous sommes une vingtaine de jeunes qui venons nous approvisionner en eau ici. Vous voyez, il y a d’autres en haut là-bas. On est nombreux. Ici, on achète l’eau par charrette. Un chargement coûte 5000 francs guinéens. Quand on achète le chargement à 5000 francs, on le revend à 15 000 francs ».

Un citoyen de Dixinn Bora, répondant au nom d’Aboubacar Camara, a expliqué ces difficultés d’avoir de l’eau par la saison sèche en cours. « Nous souffrons sérieusement du manque d’eau dans notre quartier ici. C’est seulement pendant ces deux jours que l’eau est venue ici un peu. Là aussi, c’est pour deux heures.

En plus de ça, la pression est faible. Tu mets ton récipient, tu attends longtemps pour qu’il soit rempli. Pour remplir un bidon de 20 litres, il te faut 20 à 30 minutes. On a passé plusieurs semaines ici, il n’y avait pas d’eau. Certains vont parfois jusqu’à Coléah pour avoir de l’eau, ce qui est trop fatigant. Pendant l’hivernage, chaque jour on a l’eau, mais depuis le début de la saison sèche, l’eau ne vient pas », confie le jeune homme.

Aboubacar Camara demande au gouvernement de faire le nécessaire pour sortir les habitants de Dixinn Bora du calvaire. « Nous demandons au gouvernement de nous aider à avoir de l’eau dans notre quartier. Ils n’ont qu’à nous aider à sortir de cette crise. Nous souffrons énormément. S’il n’y a pas d’eau, la vie est impossible. C’est plus d’une cinquantaine de charrettes qu’on envoie ici pour charger. Elles viennent s’aligner alors qu’il n’y a pas d’eau. C’est vraiment dur », déplore-t-il.

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