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Makanera assure qu’il est contre la dépénalisation des délits de presse

Alors que l’actuel ministre de la communication annonce une révision de la loi sur la liberté de la presse, l’ancien patron du même département  est contre la dépénalisation des délits de presse. Et il l’assume. Alhousseine Makanera affirme que les hommes de médias qui commettent des délits dans l’exercice de leur métier doivent répondre de leurs actes et être punis à la hauteur de leur forfaiture. Entretien.

VisionGuinee : Des observateurs s’accordent à dire que la presse est mal en point depuis un certain temps au regard des nombreuses tentatives de museler les hommes de médias. De quel œil voyez-vous ça en tant qu’ancien ministre de la communication ?

Makanera : Disons que d’un côté, je vois qu’on est en train de museler la presse et plus particulièrement celle qui semble être plus ou moins objective. De l’autre côté, je crois qu’on a donné trop de libertés aux journalistes dans ce pays. Tant qu’ils ne s’attaquent pas directement aux intérêts de l’administration, ils font ce qu’ils veulent jusqu’à détruire l’image de certains en racontant tout sur lui. Ce n’est pas digne de la presse.

Est-ce un reproche que vous faites à la presse ?

Moi, je suis complètement opposé à la dépénalisation des délits de presse. Je suis contre le fait que certains journalistes se servent du micro pour nuire à des personnes. Face à un pouvoir exécutif exorbitant, je suis d’accord qu’on doit protéger les journalistes. On peut aménager la loi pour cela. Mais les hommes de médias qui s’attaquent à des personnes, il faut qu’ils répondent de leurs actes.

Vous avez été ministre de la communication, que faut-il faire pour éviter des dérapages dans les médias ?

Il faudrait travailler pour que les journalistes soient suffisamment responsables pour assumer les actes qu’ils posent. Un journaliste qui respecte ses auditeurs, téléspectateurs ou lecteurs ne peut pas se permettre de raconter des ragots sur quelqu’un.

Mon épouse a été vilipendée ici par des journalistes qui l’accusent d’avoir détourné des milliards alors qu’elle ne sait pas même pas correctement lire et écrire. Elle n’a pas jamais eu un contrat avec l’administration guinéenne. On l’a accusée, jusqu’à présent, certains continuent de croire qu’elle a détourné de l’argent. La moindre des choses qu’un journaliste peut faire quand il a une information, c’est de la vérifier. Parce que le journaliste n’est pas juge.

Il faut aménager la loi pour protéger les journalistes contre les abus du pouvoir. Il faut revoir cette histoire de dépénalisation des délits de presse pour rendre les journalistes responsables des actes qu’ils posent derrière le micro. Si on ne met pas des garde-fous, les moins bons dans la presse prendront le dessus sur les meilleurs. C’est ce que nous vivons aujourd’hui.

Votre point de vue sur la subvention que l’Etat alloue aux médias ?

Pour avoir une presse responsable, cela a un cout. Tous les citoyens guinéens doivent se mobiliser pour permettre aux journalistes de pouvoir travailler honnêtement. C’est pourquoi, je pense que la subvention est importante. L’Etat n’a pas le droit de retirer de l’argent. Quand je quittais le ministère de la communication, les médias publics n’avaient pas un taux de couverture de 50 % sur l’ensemble du territoire. Ce sont les médias privés qui sont en train de  pallier à cette insuffisance de l’Etat. Il faut permettre à la presse privée de prospérer.

VisionGuinee

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