Les cons intellectuels de Guinée ( Par Aly Badara Akila )

Il est indéniable que depuis l’indépendance, notre pays a fait un grand effort de formation de ses élites universitaires. C’est certainement un des secteurs nationaux où nous avons fait des réels progrès aux côtés de notre sentiment d’appartenance à la même nation. Mais au regard des indicateurs du développement et des conditions de vie de nos concitoyens, ce grand bond en avant sur le plan quantitatif at-il donné des résultats positifs tangibles? Vous conviendrez avec moi que la réponse est NON.
Contrairement à des nombreux autres pays africains et surtout les pays asiatiques, plusieurs observateurs soutiennent que les intellectuels guinéens n’ont pu impulser le changement que la société attendait d’eux. Les raisons de cet échec sont nombreuses et toutes ne leur incombent pas. Mais une des évidences est que certains ont cessé de jouer leur rôle de lanceurs d’alertes, de gardiens des valeurs universelles : celles de la vérité, de la justice et de la liberté. Malgré les talents de nos intellectuels, leur rhétorique peut impressionner mais la mise en application ne peut que révolter.
Ma plume est loin d’être conforme à mon éthique. L’opportunisme, l’arrivisme, les compromissions, nos écrits ne font qu’énoncer des théories sur l’homme en général mais ne tiennent pas compte forcément du réel quotidien auquel nos concitoyens se trouvent confronté : la misère matérielle, l’inaccessibilité aux soins de santé, le chômage, les guerres ethniques, des femmes molestées, des jeunes tués et des journalistes inquiétés dans notre République qui est la Guinée.

Tout se passe comme si l’intellectuel en Guinée, étouffé par son histoire et étranglé par les impératifs de la survie, n’a plus guère le temps de penser. On dirait que les intellectuels n’ont plus rien à se dire, encore moins à dire à leur peuple. Et pourtant, la nécessité d’une pensée neuve et critique sur les transformations en cours dans notre pays n’a jamais été aussi impérieuse qu’en ces temps de crise. Sans l’éveil de consciences des intellectuels, notre pays risque de sombrer davantage dans une misère sans nom. Mes chers compatriotes, Cet éveil passe par l’éducation de base, mais également l’éducation des élites de demain formées par nos universités. L’Université étant par essence un haut lieu du savoir qui libère l’humain de toutes les forces d’aliénation, elle a un rôle important à jouer dans la défense et la promotion de la dignité humaine.

C’est aussi en cela que le slogan de l’UPC : « une éducation qui construit une nation » peut s’enraciner dans les réalités profondes de notre pays, rencontrer les joies et les peines de notre population et faire de chaque étudiante et chaque étudiant « le sel et la lumière » de notre société. Qu’on sorte de cette hypocrisie. Nos cons intellectuels sont devenus aujourd’hui, des gangsters d’argent à la place de la vérité. en plus des services accessibles de qualité et de la compassion, c’est aussi la foi, les valeurs de liberté et de vérité qui sont en filigrane de notre engagement.

La guerre économique qui nous a été imposée et qui ravage notre pays pour piller ses ressources minières nous a fait découvrir une réalité jusque-là inconnue chez nous. Le détournement des deniers publics avec extrême stratégie, c’est aujourd’hui devenu un véritable terrorisme contre nos ressources. Le peuple a été victime de ces crimes odieux qui dénient à l’autre son humanité, et minent toute perspective de développement humain et économique. Le contexte de conflit qui a touché notre pays depuis les années 58 nous a contraint à nous spécialiser dans la malhonnêteté, pour gagner sa vie. Nos intellectuels sont complices de ce qui arrive aux guinéens. Ils refusent de dénoncer.

D’ailleurs, ils n’ont jamais été aux côtés de la vérité mais plutôt, ont été aux côtés de l’argent pour mener leur vie comme bon leur semble. Nous avons un pays rendu merde avec des intellectuels de merde qui s’en fichent aujourd’hui de ce peuple. Cette misère qui gangrène notre pays, est une honte grave. Notre pays n’a plus d’élites honnêtes pour défendre la jeunesse. Une honte grave et abominable pour notre pays. C’est grave pour une république qui se veut élitiste. Honte à vous intellectuels cons, gangs qui voient les bavures et qui refusent de dénoncer. Qui vivra verra, allons seulement. Nous sommes tous des patriotes. 

La jeunesse guinéenne doit refaire son histoire ! 

Aly Badara Akila, journaliste panafricain, consultant sur des questions diplomatiques. 

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