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Le PUP contre un 3ème mandat pour Alpha Condé : « le soubassement de la paix, c’est le respect de la loi »

Au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, Jean Paul Sarr, ministre de l’agriculture sous le régime de Lansana Conté, s’est exprimé sur la situation sociopolitique de la Guinée. Ce responsable du PUP (ancien parti au pouvoir) est revenu sur plusieurs sujets d’actualité, dont la cacophonie autour de l’élection du maire de Matoto, la prorogation du mandat de l’Assemblée nationale et le débat sur un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Décryptage !

Guineematin.com : pour commencer, dites-nous comment le parti de l’Unité et du Progrès(PUP) se porte actuellement?

Jean Paul Sarr : le parti PUP se porte bien. Nous avons participé à toutes les élections. Le parti vit. Nous faisons les réunions du bureau politique, nous faisons les assemblées générales du parti. Nous débattons de tout ici de façon régulière.

Guineematin.com : on vous entend pas beaucoup dans les médias, mais en tant qu’acteur politique, vous avez forcément un regard sur la situation sociopolitique de notre pays.

Jean Paul Sarr : Bon ! J’ai un regard assez critique, parce qu’en principe, il y a beaucoup de fondamentaux qui se trouvent dérangés. Nous avons obligation de sauvegarder la paix et la quiétude sociale. Le peuple doit se sentir en sécurité. Faire en sorte qu’on combatte l’injustice. Faire en sorte que ce pays soit un havre de paix. Et je pense que beaucoup de dissensions, d’incompréhensions entre les acteurs ne peut pas arranger un pays. Nous devons nous asseoir, discuter, dégager les voies et moyens parce qu’on n’a pas où aller. C’est notre pays, c’est notre bijou, nous devons l’entretenir. Et rien ne peut se passer sans le dialogue.

Il faut accepter le dialogue surtout quand on a le pouvoir. Il faut savoir écouter les autres. Faire en sorte que chacun se sente concerné par la chose commune qui nous réunit. La Guinée est notre bien commun, il faut la sauvegarder. Eviter l’ethnocentrisme, éviter le régionalisme. C’est ça qui amène les frustrations. Et quand les frustrations s’accumulent, ça crée des tensions inutiles. Alors qu’en se mettant autour de la table, en discutant librement comme le président Conté nous a enseignés, comme le président Sékou Touré nous a enseignés, on peut éviter certains problèmes. C’est des échanges entre nous guinéens. Nous sommes une famille.

Quand on dit que la Guinée est une famille, les gens pensent que c’est des choses qu’on invente, non ! Aucune famille guinéenne n’est stricto sensu Sousou, Peulh, Malinké ou Forestier. Les mariages, les brassages entre les ethnies, font que nous avons des embranchements dans toutes les ethnies. Donc la Guinée est une et indivisible. Nous devons nous battre pour éviter certaines sorties médiatiques. Parce que les médias, il faut faire beaucoup attention quand on est homme politique, quand on est citoyen tout simplement. Ce qu’on doit dire, doit rassembler et non pas pour diviser.

Il n’y a pas des gens supérieurs aux autres. Nous sommes tous sur le même pied d’égalité. Il faut être humble de telle manière que les autres sentent qu’ils sont importants. C’est ça l’humain. Mais si cela n’est pas et que les acteurs essentiels ne s’entendent pas ; par médias interposés, ils s’attaquent, ils se dévalorisent, je ne crois pas que cela soit une bonne chose. Pour le PUP, la paix est essentielle et fondamentale. Sans la paix, on ne peut rien faire. Et toute notre existence, nous devons laisser à nos enfants un pays stable, un pays où il fait bon vivre. Mais cela dépendra de chacun de nous.

Guineematin.com : cela fait un an depuis que les élections locales qui étaient tant attendues ont eu lieu en Guinée, mais jusqu’à présent l’installation des élus n’est pas encore achevée. Certaines communes comme celle de Matoto (Conakry), la plus grande commune du pays, n’ont toujours pas leurs maires. Comment percevez-vous cette situation ?

Jean Paul Sarr : cette situation est due à l’inapplication de la loi. Tout est prévu. Il s’agit de s’entendre, laisser les égaux de côté et voir la Guinée qui est notre bien commun. Nos parents nous ont laissé un pays, nous devons laisser à nos enfants, à nos petits-enfants un pays libre où il fait bon vivre. C’est inadmissible que les gens se tiraillent. Le PUP a essayé d’aller par ci par là, les convaincre de manière à ce qu’ils s’entendent. Impossible. Mais nous allons continuer, parce que notre mission ce n’est pas forcément d’être là où il faut. Nous, on veut simplement que les Guinéens gagnent. Et pour que les Guinéens gagnent, ceux qui sont en position de force, on vient les voir pour leur dire : écoutez, entendez-vous. Sortez-nous de ça.

Guineematin.com : on sait qu’il y a eu une élection à Matoto, à l’issue de laquelle l’UFDG et le RPG Arc-en-ciel ont revendiqué, chacun, la victoire de son candidat. Suite à cette cacophonie, le ministre de l’administration du territoire a annoncé que l’élection sera reprise. A votre avis, la solution c’est la reprise de l’élection ou quoi ?

Jean Paul Sarr : je dis, il faut respecter la loi. Ce que la loi dit, il faut l’appliquer. Je n’aime pas me prononcer sur Paul ou Pierre bien que je sois Paul. Il faut appliquer la loi, c’est tout. Il faut le dialogue, il faut que les gens s’entendent. A cause d’un poste, on ne va pas mettre le feu à la Guinée. Il faut éviter ça. Le président Conté a toujours évité ça.

Guineematin.com : en parlant toujours d’élections, on sait que les législatives devaient avoir lieu avant la fin du mois de décembre dernier, mais tel n’a pas été le cas. Et récemment, le président Alpha Condé a décidé de proroger le mandat de l’Assemblée nationale qui était arrivé à terme. Comment appréciez-vous cette décision ?

Jean Paul Sarr : là aussi, le législateur a prévu quelque chose. Vous savez, par concours de circonstances inattendues, par cas de force majeur, il y a tout un ensemble d’éléments qui puissent faire que le délai imparti dans la loi ne soit pas respecté. Le législateur a prévu quelque chose. Au cas où cela arrivait, il appartient à l’exécutif de prendre un acte de manière à proroger le mandat. Sinon, s’il ne proroge pas, il y a un vide juridique. Et ce vide juridique est comblé par la législation par ordonnance du chef de l’Etat. Est-ce qu’on veut se retrouver dans des situations comme ça ? Parce que, quand c’est le chef de l’Etat qui ordonne, il est libre de prendre toutes les décisions sans se référer à qui que ce soit. Je préfère que le mandat soit prorogé pour qu’il y ait toujours les députés de manière à limiter le pouvoir de l’exécutif.

J’entends des débats par ci par là, certains disent non, nous, on ne va pas siéger. Mais si tu ne sièges pas, finalement tu donnes libre cours au pouvoir. Il va passer toutes les lois qu’il veut. Donc moi, j’appelle les uns et les autres à être des démocrates comme le président Lansana Conté l’a institué. Il y a eu beaucoup de protocoles d’accords, de ceci et de cela en dehors de la loi. Cela nous a emmenés à ça. Si on avait tenu compte de nos lois sans consensus de ceci ou de cela on n’en serait pas là. Puisque tout est défini dans la loi, les délais sont définis, tous les éléments sont définis. Alors, on devait faire en sorte de respecter ce qui est prescrit dans la loi.

Guineematin.com : il y en a qui pensent que si les élections législatives n’ont pas été organisées, c’est dans l’objectif de faire un glissement en 2020 au cas un projet de 3ème mandat pour le président Alpha Condé n’aurait pas abouti. C’est votre avis aussi ?

Jean Paul Sarr : écoutez ! La chose fondamentale quand nous vivons en société, c’est de respecter nos lois. C’est les lois qui font que nous sommes humanisés. Sinon, c’est la jungle. Si on ne respecte pas la constitution, c’est extrêmement dangereux. Le soubassement de la paix, c’est le respect de la loi. Et que chacun s’y trouve. Il est inadmissible que ce qui n’est pas dans la loi, qu’on puisse faire des élucubrations des esprits. Moi, je dis élucubration d’esprit parce qu’en attendant, ce qui est dans la loi, c’est ce qui doit être respecté. C’est tout.

Guineematin.com : votre dernier mot ?

Jean Paul Sarr : je réitère toujours au gouvernement et ceux qui aspirent au pouvoir de sauvegarder la paix, de sauvegarder la paix dans ce pays merveilleux qui est la Guinée.

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