Kindia/Abdoulaye Bah, jusqu’au bout du bout : « si le juge ne tranche pas, j’irai devant la cour de justice de la CEDEAO » (Grande interview)

Après l’installation de Mamadouba Bangoura de l’UDG, dans le fauteuil de maire élu, de Kindia, au terme des atermoiements politiques, Abdoulaye Bah, candidat ‘’déchu’’ de l’UFDG, continue toujours de réclamer sa victoire à la tête de cette municipalité.

Dans cette interview qu’il nous a accordée mercredi 29 janvier, Abdoulaye Bah menace de saisir la cour de justice de la CEDEAO si jamais le juge du tribunal de Kindia ne tranche pas dans ce contentieux électoral. Lisez plutôt !

Mosaiqueguinee.com : Il y a un contentieux électoral qui perdure aujourd’hui à Kindia. Vous étiez pressenti, en tant que candidat de l’Union des forces démocratiques de Guinée-UFDG, tête de liste de ce parti, mais aussi président de la délégation spéciale sortant de cette municipalité, d’y être élu à la faveur des élections locales. Qu’est-ce qui s’est passé ? Je veux dire, qu’est-ce qui a joué en votre défaveur ?

Abdoulaye Bah : Qu’est-ce qui s’est passé, c’est une grande question. Mais, nous allons tacher de la répondre de façon exhaustive. Mon bilan plaide en ma faveur à la tête de la commune urbaine de Kindia. Nous avons réalisé beaucoup de choses. Nous avons géré les finances. Moi, qui ai trouvé 951. 000 francs guinées à la banque centrale et à la banque maroco-guinéenne, en partant après deux ans difficiles de gouvernance, j’ai laissé dans les comptes de la commune, 37 millions de francs guinéens. Donc, ce bilan qui n’est pas exhaustif, a permis au peuple de Kindia, toute ethnie confondue, tout parti politique confondu, de miser sur ma personne. A travers mon parti politique qui m’a présenté, auquel je rends ici hommage, que je remercie, pour que je puisse continuer le travail que j’ai commencé pour ma propre ville. Car, je suis né à Kindia, le 22 août, 1972, à l’hôpital régional Dr Alpha Amadou Diallo. Et, j’aime Kindia. Donc, nous avons fait la campagne, on nous a vu partout. Moi, j’ai fait les 13 districts, plus de 50 secteurs et les 33 quartiers de Kindia. J’ai fait de la géographie politique. L’homme politique, c’est plus la transpiration que de l’inspiration. Vous devez avoir des reins et des nerfs pour pouvoir aller vers les populations. Pourquoi ? Pour écouter leurs besoins. J’ai fait ça. Et, le peuple a voté, malgré tout ce qui a été utilisé comme moyens de blocage des élections, intimidations, diffamations, calomnies, injures publiques, corruptions, des milliards dépensés pour casser l’allure d’un peuple de Kindia qui veut choisir son fils. Mais, tout ça n’a pas marché. L’ethnocentrisme, Abdoulaye Bah est un peulh, il ne peut pas gouverner Kindia, tout ça n’a pas marché. On a entendu sur Espace FM, El hadj Mahmoudou dire ça. Tout ça, c’est très grave pour la Guinée. Il n’empêche ! Le peuple m’a donné 22.143 voix. La CACV (Commission administrative de centralisation des votes, Ndlr) nous donne 17 sièges, au même pied que le RPG. Le magistrat Yaya Khairaba Kaba, c’est lui qui est l’auteur des problèmes à Kindia. Nous avons recalculé, nous avons dit que c’est faux. Venez, on va faire la comparaison contradictoire. N’ayez pas peur. Si on a raison, rendez notre raison. Si on a tort, on va dire : pardonnez-nous. Et, puis, après, on va continuer. Mais, il faut absolument qu’on contrôle ce que nous estimons être des faux résultats. Et, jusqu’à preuve du contraire, ce sont des faux résultats, au nom de Dieu ! Donc, voilà pour conclure, ou bien pour résumer, comme vous l’avez dit, la crise a perduré, et elle a fini par un accord, qu’on estimait être de bonne foi et sincère. L’homme est moral, hein !

Mosaiqueguinee.com : Justement, votre rival, Mamadouba Bangoura qui est installé aujourd’hui… (il coupe)

Abdoulaye Bah : Lui, ce n’est pas mon rival, c’est mon conseiller communal.

Mosaiqueguinee.com : Oui, vous avez rivalisé avec lui pour le contrôle de la mairie de Kindia. Cela dit, il a surgi de nulle part, pour être élu maire de la commune urbaine de Kindia… (il coupe encore)

Abdoulaye Bah : NON, il n’est pas élu.

Mosaïqueguine.com : Si, c’est lui qui est installé pour le moment à la tête de la municipalité de Kindia. D’ailleurs, il dit que vous avez manqué de sérénité. Et que c’est l’esprit de suffisance qui a prédominé chez vous. Ce qui aurait été à la base de votre échec. Que répondez-vous ?

Abdoulaye Bah : C’est son avis à lui. Et, ça n’engage que lui. Allez à Kindia, demandez les populations, qui est qui à Kindia ? Vous savez, en politique, le baromètre d’un homme politique, c’est la population. C’est pourquoi en Europe, il y a des sondages publics, micros-trottoirs. Si vous questionnez dix (10) personnes et sept (7) personnes, disent du bien d’Abdoulaye Bah à Kindia, c’est que j’ai soixante-dix (70%) pour cent. Ce ne sont pas des gesticulations, des divagations mentales d’un homme qui peut servir de baromètre politique en gouvernance politique et démocratique. Sincèrement ! Donc, je ne suis pas suffisant. J’assume ma personnalité. Et, nous luttons pour un Etat démocratique. Et, nous luttons contre les gens, justement, qui nous font tort. Et, on ne peut pas aller avec le dos la cuillère. Qu’est-ce qui s’est passé ? Lui, il n’a pas été élu. Il a été installé par l’arme. Heureusement qu’Espace Fm était là pour témoigner ce qui s’est passé. Autrement, on n’aurait jamais su qu’est-ce qui s’est passé à Kindia. Vous avez vu une armada de forces militaires et sécuritaires dans une commune politico-civile, contre des civils politiciens que nous sommes, désarmés. Et, nous n’étions pas là pour faire la guerre. Nous étions là pour faire respecter la loi. C’est le RPG qui a violé l’accord politique moral qui a été signé, l’accord de la paix. Et, Mamadouba Bangoura, a été copté par le RPG pour briser la volonté populaire. Et aujourd’hui, il en fait les frais. Donc, s’il dit ce qu’il a dit, je pense que la réponse est sur le terrain. Et pourquoi ? Aujourd’hui, il est couché à la maison, le bâtiment est fermé. Et, ce que je dis est vérifiable. Vos confrères qui ont été à Kindia à l’occasion d’un séminaire sur les mines m’ayant écouté ici, mes propos ont été confirmés sur le terrain. Il n’y a aucune activité. Cela explique qu’il a été imposé, le faux maire qu’’il est. Les cinq faux vices-maires ne sont pas en entente. Pas plus tard que samedi (27 janvier, Ndlr), ils ont failli s’entre-déchirer devant le ministre Oyé Guilavogui, à la maison des jeunes pour une soi-disant réconciliation entre fils de Kindia. Les conseillers travestis de l’UFDG, Oudy Sakho et le faux vice-maire, Aboubaar Kéita en sont venus aux mains. C’est la police qui est venue les extraire de la maison des jeunes pour les amener dehors. Comme quoi, Allah ne va jamais cautionner un complot contre un peuple croyant. Donc, c’est la débandade au sein de l’équipe politique. A chaque fois qu’ils se rencontrent, ce sont des insultes, des crises. Quant à l’administration communale, il n’y a pas de tête. Par conséquent, le reste du serpent ne peut pas rouler. Donc, les gens ont boudé la commune. Les naissances ne sont pas déclarées. Parce que les gens ont boudé la commune. Elle est ignorée, rejetée. Les populations ont décidé d’assumer démocratiquement leur choix. C’est Abdoulaye Bah ou Abdoulaye ! Personne ne paie un rond à une équipe d’incompétents, de paresseux, de chômeurs couchés à la maison et qui attendaient d’être à la mairie pour manger la sueur du front des gens. Et, enfin, notez bien, la ville est sale. Elle est sens dessus-dessous, l’anarchie. Nous, qui étions la ville la plus propre de la Guinée, et ce n’est pas moi qui l’ai dit, ce sont des sondages. Même France24 a quitté Paris, est venue à Kindia pour féliciter une population digne, indépendante, responsable. Voilà donc, ils ont fait, c’est l’arme. Ils ne sont pas installés. Et la ville est dans cette débandade là pour dire que le mal ne va jamais accoucher du bien. Et le bien ne va donc jamais accoucher du mal. Donc, il faut que notre plainte dont j’ai parlé ici, l’article 114 du code des collectivités locales stipule que quand il y a un contentieux électoral de ce genre, nous tranchons devant le juge. Donc, je demande incessamment au président du tribunal de Kindia, monsieur Amady Cheick de sauver Kindia face à une catastrophe. A Kindia, il y a deux maires.

Mosaiqueguinee.com : M. Bah, parlant de cette plainte, comptez-vous sur la justice pour trancher dans cette affaire ?

Abdoulaye Bah : Bien sûr !

Mosaiqueguinee.com : Mais, une justice que vous décriez, à longueur de journées, en tant qu’opposant au régime actuel, en quoi vous fondez l’espoir sur celle-ci pour vous rétablir dans vos droits ?

Abdoulaye Bah : La justice, tantôt est décriée si elle travaille mal, tantôt elle est félicitée si elle travaille bien. Il faut être honnête intellectuellement. J’ai félicité hier, sur Bonheur FM, l’ex-président de Kindia Saidou Diallo qui a eu le courage de m’écouter pour prendre une ordonnance judiciaire de cantonnement des milliards qui ont été volés à Kindia en 2016. A la banque centrale. J’ai bloqué l’argent. La justice, lui, il mérite félicitations.

Mais, ce monsieur Amadi Cheick, depuis trois mois, il détient une plainte. Pensez-vous que je vais le féliciter. Je demande qu’il travaille. Le jour où il va finir, je vais le féliciter. C’est ça, il est au service de la population. Il doit juger. L’article 10 du code civil l’oblige à juger. On ne le décrie pas. Tout citoyen investi d’une parcelle de pouvoir en Guinée, s’il travaille bien, il faut le féliciter. Qu’il soit Diallo, Bangoura, Fofana ou Millimouno. Cependant, s’il fait mal son travail, il faut le décrier, le démasquer. Pour que la prochaine fois, il fasse bien. Si le juge refuse de juger, on va aller à la cour de justice de la CEDEAO à Abuja. C’est une juridiction supranationale. La Guinée est signataire. C’est en droit, il est dit : si vos juridictions refusent de prendre la plainte de vos citoyens, je ne suis pas Gabonais, ou centrafricain. Je ne suis pas congolais, je suis ouest africain. Donc, Guinéen. La justice de mon pays doit m’entendre. Si elle ne le fait pas, je n’irais pas à la cour suprême. Tu sais pourquoi ? Parce que c’est un jugement qui ne peut pas être cassé à la cour suprême. Si elle ne le fait pas, on va aller à Abuja devant la cour de justice de la CEDEAO pour dire qu’en Guinée, les droits politiques et civils ont été violés. Et, on a refusé de m’écouter. J’ai fait aussi l’objet de tentative d’assassinat chez moi à Wondima. On a voulu me tuer. Tout ça fait partie d’un ensemble de lots. Mais, pour que ça se calme, qu’on nous appelle et que le juge tranche. Et si le juge tranche, avec toutes preuves qu’on a ici, mon cher frère, je gagne.

Mosaiqueguinee.com : M. Bah, revenons sur l’origine du contentieux électoral. Ce contentieux est né du respect ou non de l’accord politique du mois d’aout dernier, passé entre la mouvance présidentielle, représentée par le RPG-arc-en-ciel et l’opposition, par l’UFDG. Mais vu que vos adversaires s’arcboutent sur l’argument selon lequel lors de la signature de cet accord, l’on n’a pas dit tout simplement l’UFDG, mais toute l’opposition dans son ensemble ; Mamdouba Bangoura étant de cette opposition, pensez-vous avoir gain de cause devant la justice, quand on disséquera cet accord politique ?

Abdoulaye Bah : Le juge, je ne peux pas anticiper sur un jugement. Ce n’est pas un acte intellectuel. Moi, j’ai porté plainte, qu’on appelle. C’est à lui de voir, à base des preuves et des infractions, le rapport entre infractions et lois. Il va juger. Maintenant, parlant de l’accord politique, des gens, malheureusement, ont fait ce qu’on appelle en psychologie, des formules toutes faites, la répétition des mêmes paroles sans réfléchir beaucoup. Désolé, hein ! L’accord est né de quoi ? C’est parce que nous avons contesté un faux résultat à Kindia. Qui a contesté à Kindia ? C’est qui ? Répondez-y, ce n’est pas grave !

Mosaiqueguinee.com : Non, c’est moi qui vous pose des questions. C’est à vous de répondre M. Bah.

Abdoulaye Bah : Alors, je vous informe que c’est l’UFDG, par ma voix à Kindia, son candidat, qui a contesté des faux résultats de la CACV. J’ai dit que Yaya Khairaba Kaba, procureur de son état, de son rang, il a menti. Etre, je demande qu’il vienne pour qu’on fasse une comparaison contradictoire.

Mosaiqueguinee.com : Sur la base de quoi se ferait cette confrontation ?

Abdoulaye Bah : Sur base des PV que la CEPI détient et que nous aussi, on détient copie. Et, les photos que j’ai prises dans les bureaux de vote. Il ne sait pas que je les avais à l’œil. Quand vous êtes voleur, on vous surveille. Malheureusement, pour vous ! C’est ce qui s’est passé à Kindia. Donc, nous avons un rapport authentique qui a été envoyé jusqu’à la CENI, que ce qu’il a fait à Kindia est faux. J’ai demandé qu’il vienne. S’il ne vient pas, alors, que la CENI, ait le courage de s’assoir, une commission technique pour qu’on compare les résultats.

Mosaiqueguinee.com : Ne pensez-vous pas que l’accord en lui-même est une violation de la loi ?

Abdoulaye Bah : Non, non !

Mosaiqueguinee.com : Oui ! Puisqu’on a fait fi du code électoral et d’autres instruments électoraux en la matière.

Abdoulaye Bah : Je vais vous aider. Quand vous dites ça, c’est que vous n’avez pas fouillé.

Mosaiqueguinee.com : Alors, expliquez-vous.

Abdoulaye Bah : Je vais vous aider. Vous m’avez coupé la parole, j’aurais voulu aller plus loin, avec le raisonnement.

Mosaiueguinee.com : C’est extrêmement important que vous élucidiez ce passage, en tant qu’acteur politique engagé dans ce contentieux électoral.

Abdoulaye Bah : L’accord, lui-même est fondé en droit, selon l’article 668 du code civil guinéen qui dispose : les conventions, ententes, accords, légalement formés, tiennent lieu de lois à ceux qui les ont faits. Voici la racine légale, la base légale sur laquelle, ceux qui ont fait l’accord, l’ont fait. Si la loi ne prévoyait que des Guinéens peuvent faire un accord, une entente, une convention, l’accord n’aurait pas existé. Voici la base légale. Ils ne peuvent être révoqués que de leurs consentements mutuels, ou pour des causes que la loi autorise. L’article 669, continue en disant que la force obligatoire des conventions, a un double fondement. Un : une idée, le respect et la parole donnée.

Mosaiqueguinee.com : Vous avez dit tantôt que vous comptez saisir la juridiction supranationale qu’est la cour de justice de la CEDEAO basée à Abuja, capitale du Nigéria. A ce sujet, nous avons entendu par le passé beaucoup de politiques tenir le même langage. Mais, qui ne vont pas jusqu’au bout de leur action. Est-ce que vous, vous ferez exception ?

Abdoulaye Bah : J’irai jusqu’au bout. Ceux qui ont dit ça, est-ce qu’ils l’ont réellement fait ? Je ne sais pas.

Mosaiqueguinee.com : Ils ne l’ont pas fait. Je parle en connaissance de cause.

Abdoulaye Bah : Moi, je vous annonce ici que si le juge de Kindia ne bouge pas, alors qu’il doit bouger, moi Abdoulaye de l’UFDG, comme parti bien sûr, j’irai à Abuja. Ce n’est pas la fin du monde. Mais, j’irais là-bas. Et si on me donne raison, vous saurez. Si on me donne tort, vous saurez. Je ne cherche pas à avoir raison forcément. Je cherche à ce que le droit soit dit. Si le droit est dit, parce que le droit, il est neutre. Il est impartial. Sur base des preuves en rapport aux faits et par rapport à la loi, j’aurais raison. Vous pensez que je crie pour rien ? Vous pensez que je dépense mon argent pour rien ? Vous pensez que je roule pour rien ? C’est parce que je suis fondé sur du solide. Et, le juge, juge, yeux dans les yeux sur la base des lois guinéennes. Pas celles gabonaises. Il regarde mon dossier. Il regarde le contentieux politique de Kindia, s’il a le courage, il croit en Dieu, qui est le juge suprême d’ailleurs, il va donner raison à Abdoulaye Bah de l’UFDG. Parce que j’ai toutes les preuves.

mosaiqueguinee

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