Kadiatou Damaro Camara, directrice exécutive du réseau panafricain « AFFDA, tranche :< là où beaucoup d'hommes ont échoué, une seule femme peut réussir là-bas >. (interview)

Âgée de 20 ans, Kadiatou Damaro Camara est étudiante en économie finance à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLC-SC).

Cette jeune fille au parcours atypique, est un véritable modèle qui se bat pour la cause féminine.

Elle est par ailleurs membre du mouvement panafricain des jeunes leaders, présidente du Club des Jeunes Filles Leaders de Kankan (CJFL-K) et également directrice exécutive, fondatrice du réseau panafricain dénommé Amical des Femmes et Filles pour le Développement de l’Afrique en abrégé (AFFDA), une organisation qui vient de naître.

C’est dans une interview accordée à la rédaction de votre quotidien en ligne « flashguinee.info », que nous avons percés de tous côtés sur les sujets liés à son combat et engagement, qui est toutefois de défendre la cause féminine et dans sa narration cette jeune leader a surtout porté un accent particulier sur « l’équité de genre ».

Lisez plutôt !

Présentez-vous à nos fidèles lecteurs ?

Bonjour ?

Moi c’est Kadiatou Damaro Camara, j’suis étudiante au département des sciences économiques, « économie finance » à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia-Conakry (UGLC-SC), je suis l’ex secrétaire générale chargée à l’information et à la communication du parlement des enfants de Guinée (PEG), présidente du Club des Jeunes Leaders de Kankan (CJFL-K) et également directrice exécutive, fondatrice du réseau panafricain Amical des Femmes et Filles pour le Développement de l’Afrique (AFFDA), qui est une ONG panafricaine.

D’où est venue l’initiative de créer cette ONG ?

Eh ben ! La genèse de la création de cette ONG, est de mon université car j’avais une amie qui malgré qu’elle soit donnée très tôt en mariage a été délaissée et abandonnée par son mari parqu’elle ne faisait que donner naissance à des jeunes filles , aujourd’hui mère de trois filles et vit chez ses parents peut être pour l’éternité ?

mon Dieu c’est incroyable donc j’ai trouvé cela très très injuste c’est la raison pour laquelle j’ai jugé juste et normal de me battre en défendant l’égalité du genre qui est un droit fondamental mais aussi et surtout un facteur très essentiel de la lutte contre la pauvrété dans le monde.

Vous conviendrez avec moi quand même qu’une société ne prospérer durablement quand la moitié de ses populations ne peut exercer pleinement ses droits or aujourd’hui les femmes sont insuffisamment prises en compte dans les projets et les programmes de développement et sont les plus exposées à la discrimination et aux violences.

C’est vrai il y’a d’aucuns qui confondent la question d’egalité du sexe à la question d’egalite du genre mais je voudrais leur dire que nous notre lutte n’est pas pas question d’égalité physique car c’est pas évident que les hommes et femmes soient pareils ça c’est naturel mais il s’agit ici d’une question de participation et de contribution au processus de développement sociopolitique , économique et culturel , c’est une question de faire participer la fille ou la femme qui a un potentiel et surtout meilleure en gestion , les libérer aussi du mythe d’infériorité psyphique qu’incarne à leur égard dans le tradi religieux.

Moi J’ai été présidente de la presse et présidente du comité coordination de mon école de la 12ème en terminale mais je vous assure que c’est moi seule qui sait comment je parvenais à m’en sortir au lieu d’être un bon exemple pour les élèves en matière de ponctualité et régularité j’étais plus tôt un mauvais exemple car j’étais toujours en retard à cause des tâches ménagères , celles qui nous aient été accordée étaient nettement plus élévées que celles des garçons alors si elles étaient partagées de façon équitables personne ne subirait le poids lourd donc il m’a vraiment fallu du courage pour avancer , Dites moi aurait été une qui n’avait pas le même courage que moi elle aurait automatiquement demissionne où se décourager. Voilà un peu ces choses qui représentent des freins à la concrétisation de nos rêves et des handicaps à notre émancipation.

A quel moment vous avez commencé à lutter ?

J’ai commencé à lutter depuis à l’âge de 13 ans à kankan avec le parlement des enfants de Guinée, j’ai eu à mener assez d’activités dont personnellement j’suis fière genre j’ai crée une émission télévisée dédiée spécialement aux enfants pour discuter des sujets liés à leur protection et à la promotion de leur droit et tant d’autres activités dont je peux citer toutes à travers ce parlement je me suis faite beaucoup remarquer par les autorités locales en place, par les institutions, j’étais aussi la représentante du club des jeunes filles leaders au niveau de la région de kankan qui s’est fixé pour mission de lutter contre toute forme de violence faite aux jeunes filles avec ce club j’ai réussi à mobiliser beaucoup de jeunes filles au sein de ma communauté, avec les quelles je me battais pour notre cause.

Quels sont vos projets actuels ?

Merci de la question Comme l’ONG vient de naître Nos perspectives ne sont rien d’autres d’abord que c’est d’installer les antennes de l’ONG dans tout le pays c’est-à-dire que dans les autres régions de la Guinée ensuite dans les pays de la sous région inchallaou déjà nous sommes en contact avec certaines jeunes filles et des personnes ressources de certains pays de la sous-région comme : La Mauritanie, le Mali, le Sénégal, la côte d’Ivoire le Togo, et le burkina Fasso qui sont prêtes pour nous accompagner.

Ensuite nous voulons aussi adhérer à d’autres ONG , réseaux ou institutions évoluant dans le même domaine que nous, pour nous permettre de nous encourager , nous apprécier , d’apprendre les unes des autres et dire qu’on a un rôle à jouer Après cela c’est la recherche du financement, car pour le moment l’ONG évolue avec ces propres fonds constitués des différentes cotisations des membres mais on pense que cela ne suffit pas pour couvrir toute nos activités Nous sollicitons également aussi la formation des membres selon nos domaines d’intervention et Enfin participer aux journées commémoratives par exemple 8 Mars, la journée internationale de la jeune fille …

Dites-nous quel combat vous menez pour la cause féminine ?

En fait, le combat que nous menons pour la cause féminine c’est simple, nous nous voulons l’égalité de genre, parce qu’aujourd’hui je l’avais précédemment signalé, j’ai l’impression que les gens ne comprennent pas cette notion (égalité de genre ) imaginez-vous une société où les femmes et filles sont les plus favorisées par rapport aux hommes alors pour parler de l’égalité du genre, il faudrait qu’on se batte à ce niveau pour rétablir l’équilibre c’est-à-dire que, pour que aussi les hommes aussi puissent bénéficier de la même chance, des mêmes opportunités que ces femmes et filles et inversement mais puisse que nous nous sommes dans une société, où les femmes sont les plus exposées à la discrimination, aux violences donc je crois qu’on doit se battre pour que cette couche puisse vraiment bénéficier des opportunités, de la chance que les hommes en luttant contre toutes formes de violences qui leur sont faites dans la société.

Votre conseil aux jeunes filles et aux femmes ?

Le seul conseil que je vais donner à mes amies jeunes filles et à ces femmes c’est d’accepter de se former.

Rien ne vaut la formation, quand on accepte de se former, on pourra aller très très loin, certes ce n’est pas évident mais faudrait qu’on se forme pour connaître nos droits et devoirs , qu’on se forme si on veut occuper des fonctions à hautes responsabilité que ces hommes parceque le mérite compte aussi hein personnellement je suis pas là pour défendre uniquement les droits des femmes ou de jeunes filles, mais j’suis là aussi pour promouvoir l’excellence , qu’elles sachent aussi leurs devoirs parce que ce sont ces deux là qui vont de paires.

Droit et devoir c’est les choses qui sont complémentaires, tu ne peux pas être là, à chaque fois réclamer ton droit alors que tu ne connais même pas ton devoir.

Votre dernier mot ?

Au fait, je voudrais profiter de l’occasion pour lancer un appel très solennel à notre gouvernement de protéger ces filles en mettant à leur disposition des moyens d’action instaurant une véritable égalité de genre, je l’aime souvent le dire là où beaucoup d’hommes ont échoué, une seule femme peut réussir là bas.

Et aussi aux parents de faire évoluer leurs mentalités en tenant compte de nos avis d’où ils doivent être les premières personnes à nous apprendre à diriger. De comprendre que le monde change donc il faut accepter de vivre au rythme du monde, ils doivent abandonner beaucoup de pratiques maintenant quand je prends (le mariage précoce, l’excision et autres). Aujourd’hui on a besoin d’aller de l’avant, on ne veut plus reculer à présent et c’est vrai ce n’est pas facile d’abandonner les traditions, on peut changer la façon de faire, c’est très important pour nous et pour le bien-être de notre nation.

Enfin, je le réitère encore les filles acceptons de se former car toutes les opportunités sont là pour arriver au sommet de nos rêves, mettons de côté ceux qui nous tirent vers le bas, croyons en la réussite , osons les obstacles et changeons les habitudes.

Je vous remercie ! Merci beaucoup.

Interview réalisée par Gilbert.T pour flashguinee.info tounkaragilbert2018@gmail.com
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