Interdiction des prières nocturnes dans les mosquées: En réalité, cette décision est injuste et injustifiable

Alors que les fidèles musulmans de Guinée entamaient les 10 derniers jours du mois saint de ramadan, les autorités ont décidé unilatéralement ce lundi 03 mai de suspendre les prières nocturnes collectives qui ont lieu généralement entre 1 heure et 3 heures du matin dans les différentes mosquées du pays.

Au nom de l’état d’urgence sanitaire lié à la pandémie de Covid-19, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSS) et le département des Affaires Religieuses demandent conjointement aux croyants de rechercher “la nuit du destin » dans leurs domiciles respectifs. Mais quelle incohérence ?

Depuis le début de ce mois saint il ya maintenant plus de 20 jours, les fidèles musulmans se donnent rendez-vous à partir de 20 heures dans les mosquées pour des prières collectives. Un moment qui, il faut le souligner, mobilise plus de monde que celui de ces prières interdites.

Et le ridicule, c’est que l’ANSS, en tant que structure sanitaire, évoque un risque d’explosion de la chaîne de contamination aucours de de ces prières nocturnes collectives prévues ces dix derniers jours du mois béni alors qu’il ya plus de monde dans les mosquées à 20 heures ou encore les vendredis. En outre, les marchés, les écoles, les cérémonies et décès mobilisent beaucoup plus de monde.

Dans une interview accordée à un média de la place ce mardi, un responsable du secrétariat des Affaires Religieuses notifie que le Prophète PSL a toujours fait ces prières nocturnes à la maison. Mais, est-ce un argument valable ? A-t-on alors interdit ces prières collectives dans les mosquées parce que le Messager d’Allah priait à son domicile ou c’est parce qu’on veut éviter un risque de propagation de la Covid-19?

Qu’est-ce qui a alors valu l’interdiction de ces prières nocturnes alors que les Guinéens en avaient parallèlement besoin pour implorer collectivement le créateur des Cieux et de la Terre par rapport aux différentes situations difficiles qu’ils traversent ces derniers temps ?

Vous conviendrez avec moi que cette décision est inopportune, injuste et injustifiable puisque l’évidence n’y est pas. Mais le comble de tout ça, c’est que nous n’avons en réalité pas de leaders religieux de poigne. La Ligue Islamique que nous avons ne se bouge apparemment pas. Elle aurait pu intervenir en interpellant les différentes parties sur la nécessité de laisser les fidèles musulmans profiter de ce moment précieux, mais hélas. Nos imams ne brisent le silence que lorsque leurs intérêts sont touchés.

En attendant la suite des événements, les fidèles retournent à leurs domiciles sous prétexte de la Covid-19.

Bienvenue au pays des tortues !!!

Boubacar Barry, journaliste-reporter

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