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Guinée : un jeune fonctionnaire perçoit 500 000 GNF de salaire alors qu’il est payé à près de deux millions

C’est une grave révélation qui met à nu les magouilles, les combines et le copinage au sein de l’administration guinéenne. Un jeune qui a frauduleusement intégré la fonction publique a indiqué ce mardi 16 février 2021 dans l’émission “Face à l’Info » de la radio Nostalgie, qu’il perçoit 500 mille francs guinéen alors que son salaire est de 1 million 850 mille francs guinéens.

Jean Tamba Mansaré révèle qu’il a été engagé en 2018 au compte du ministère de la sécurité et de la protection civile, mais ne perçoit que 500 mille francs guinéens sur 1 million 850 mille francs guinéens, son salaire mensuel.

Dans ses explications, le jeune Mansaré indique qu’il a été recensé avec le patronyme de Aboudlaye Marie Camara par un certain Kèlèti Keita, douanier.

« J’ai intégré la fonction publique par le canal de Kèlèti Keita (il est douanier et travaille aux douanes) en 2018. Après mon mariage, j’ai perdu mon emploi. Donc je quittais la maison pour venir passer la journée en ville avec mon oncle qui a une machine photocopieuse à côté de la mosquée sénégalaise. C’est là que je suis entré en contact avec M. Kèlèti Keita. Il venait faire des photocopies chez mon oncle. Un jour il m’a demandé : petit tu fais quoi actuellement ? Je lui ai dit grand frère, je me suis marié et j’ai perdu mon emploi après un mois. Je lui ai dit de m’aider s’il y a des opportunités. Il m’a dit ok, qu’il reviendrait le lendemain pour qu’on en parle. Quand il est revenu, il m’a dit qu’il y a une opportunité mais que je dois d’abord déposer un montant de 3 millions de francs guinéens pour les frais de dossiers. A ce moment, je n’avais pas un franc sur moi parce que j’avais perdu mon emploi et j’avais perdu toute mon économie. Je suis parti voir la grande sœur de ma femme pour lui demander les 3millions. Elle a pu trouver deux millions. J’ai complété pour augmenter à 3 millions et les donné à M. kèlèti Keita. Après un mois, il est revenu et m’a remis un arrêté. Mais sur l’arrêté, il n’y avait pas mon nom, il y avait Abdoulaye Marie Camara. Je lui ai dit que je ne prenais pas ce nom; il m’a dit de prendre qu’on pourrait le changer après. Donc j’ai accepté. Un jour, il m’a invité dans son bureau avec son frère qui s’appelle Aboubacar Camara dit “Galilé », qui travaille au ministère du budget. Après, on est parti au ministère de la sécurité à Coléah pour une formation de CMIS. Je suis parti à la formation de huit mois de commis de base sans salaire. Il m’a dit de prendre le courage. Et un jour, il m’a envoyé une fiche où c’était écrit “après l’inspection de l’administration générale publique, je vous demande de bien vouloir procéder au déblocage des salaires de 62 fonctionnaires au Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile’’. Maintenant à la fin du mois, on partait ensemble au CMIS de Cameroun et on nous payait 1 850 000 GNF par mois. Il ne me donnait que 500 000 GNF en me disant que le dossier n’était pas encore finalisé. On est resté dans ça jusqu’à un an », a-t-il exposé.

 

Boubacar Barry