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Djibouti: le président français tente de se faire une place au côté de la Chine

Fin du voyage officiel d’Emmanuel Macron à Djibouti ce mardi 12 mars. Le chef de l’Etat a visité la base militaire française, la plus grande à l’étranger avec 1 450 hommes, et s’est entretenu avec son homologue djiboutien, Ismaïl Omar Guelleh. Le tout sur fond d’influence grandissante de la Chine. La France tente de promouvoir un autre modèle de développement pour son ancienne colonie.
C’est avec un brin d’ironie qu’Ismaïl Omar Guelleh a salué le retour d’un président français à Djibouti pour la première fois depuis dix ans : « Je n’ai jamais perdu espoir que la France puisse renforcer ses investissements à Djibouti. »

Pendant que Paris et Djibouti se tournaient le dos, les Chinois sont arrivés. Ils ont déversé des milliards de dollars pour financer des infrastructures, notamment le port. Les Djiboutiens se sont endettés.

Emmanuel Macron leur propose un contre-modèle : « Je ne voudrais pas que des investissements internationaux d’une nouvelle génération conduisent à réduire la souveraineté de nos partenaires historiques ou à fragiliser leur économie dans la durée. Parce que le bon investissement, c’est celui qui permet de donner du travail et d’améliorer le cadre de vie au quotidien. »

Tout le contraire des Chinois donc aux yeux d’Emmanuel Macron. Pas sûr cependant que le président djiboutien soit prêt à tourner le dos aux Chinois : « Nous avons discuté avec le président Macron pour renforcer un cadre propice à l’investissement pour les sociétés européennes, françaises ou d’ailleurs, ou même chinoises. Nous ne sommes pas abandonnés. »

Une façon de signifier que Paris est, pour Djibouti, un partenaire commercial comme les autres.

■ Djibouti, plate-forme logistique

Djibouti est engagé dans une transformation en profondeur. Idéalement situé au sud de la mer Rouge, le pays veut devenir une plate-forme logistique pour toute la Corne de l’Afrique. Le port est en pleine croissance et une zone franche chinoise a été inaugurée l’an dernier. Elle pourrait permettre de créer plusieurs dizaines de milliers d’emplois.

La Chine est d’ailleurs devenue le grand artisan de cette transformation, se hissant au passage au premier rang des partenaires extérieurs. Les ambitions djiboutiennes reflètent le dynamisme régional. Près de 90% des exportations éthiopiennes sortent par le port de Djibouti, via en partie une nouvelle ligne ferroviaire depuis Addis-Abeba.

Mais si l’afflux d’investissements étrangers engendre une croissance solide, elle pourrait atteindre 7% cette année, il a aussi ses revers. Le pays frôle le surendettement, le service de la dette devient lourd à assumer. La croissance est loin d’être inclusive et ne profite guère à la majorité de la population. Enfin, la concurrence portuaire en Erythrée et en Somalie notamment commence à se réveiller. Les handicaps structuraux demeurent présents. D’après la Banque mondiale, la gouvernance reste médiocre et la corruption importante.

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