Diallo Telli ou l’histoire tragique d’un monument…(Alseny Thiam)

Diallo Telli est avant tout un fils de la Guinée et un enfant prodige du Fouta Djallon

Né en 1925 à Poredaka, Diallo Telli fut formé comme beaucoup d’intellectuels de l’époque à William Ponty avant de poursuivre sa formation obtenant une licence en Droit puis par la suite un doctorat.

Après ses études, il travailla auprès de tribunaux à Dakar puis au Benin. Il sera ensuite l’un des acteurs clefs de l’intégration de la Guinée auprès des nations unies et il occupera un poste de représentant de la Guinée auprès de cette même institution avant d’occuper le prestigieux poste de secrétaire de générale de l’OUA.

Il fût arrêté en Guinée et accuser lors du fameux complot “peul” et il mourut au camp Boiro le 1 mars 1977.

Outre cette histoire tragique il faut surtout se souvenir de Diallo Telli comme l’un des architectes de la diplomatie Guinéenne. En plus d’être un homme rigoureux polyglotte, très fier de ses origines il était très apprécié de l’élite occidentale notamment française.

Il avait le verbe, une belle allure et une beauté foutanieenne typique.

Le nom de Telli restera toujours associé à l’Union Africaine, même si au-delà du poste et des prestiges Telli était un homme altruiste en témoigne son attitude envers ses codétenus notamment auprès de docteur Alpha Oumar Barry qu’il a soutenu pendant même qu’ils étaient tous les deux en Diète noire, selon le récit d’un ‘’Rescapé du camp boiro’’, Diallo Telli fut très proche de docteur Alpha Oumar, il le savait d’une nature fragile. Et pendant qu’ils étaient tous soumis à la diète il ne cessait de s’inquiéter pour son ami alors même qu’ils étaient tous les deux soumis au même traitement. Ce qui témoigne de la gentillesse de cœur de Diallo Telli.

Selon des détenus, c’est le matin du 1er mars que Diallo Telli rendit l’âme.

Aujourd’hui on peut s’interroger sur la mémoire de cet homme, car ni l’Union Africaine encore moins les Nations Unies n’ont consacré à la mémoire de cet homme, ni stèle, ni souvenir rien au niveau international ne célèbre la mémoire de Diallo Telli.

Pourtant Telli mérite d’être célébré pour avoir bâti les fondements de l’union Africaine, il mérite d’être célébré pour son intelligence et son charisme qu’il a mis au service de sa nation et de l’Afrique.

Personnellement, je garderai en souvenir les lettres que l’ambassadeur André Lewin a rendu publique d’un flegme rare et d’une sérénité déconcertante pour un condamné. Il a répliqué aux lettres de Sekou Toure saluant son ouverture récente vers les pays occidentaux et l’invitant à prier ensemble pour que la Guinée et tous ses enfants trouvent un sauveur qui rendra le pays et ses enfants soudés.

Il profita aussi de ses dernières lettres pour clamer son innocence et inviter Dieu à les départager.

Souvenons-nous de ses hommes qui ont marqué l’histoire du pays, Telli en fut probablement l’un des plus brillants mais dont la mort au bout de la diète noire, de la déshumanisation fut tragique.

Que l’histoire nous conduise au souvenir, et que la Guinée perpétue la mémoire de ses héros.

 

Alseny Thiam

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