Décès de la cuisinière et du sourd-muet à la Maison centrale : « Ils ont tous deux été tués… », révèle un détenu

C’est une révélation qui risque de faire beaucoup de dégâts. La mort récente d’une cuisinière et d’un sourd-muet à la Maison centrale de Conakry n’est pas naturelle. C’est en tout cas le témoignage d’un détenu qui s’est confié à nos confrères de Mediaguinee

« La mort de la cuisinière et du sourd- muet n’est pas naturelle, ils ont tous deux été tués. La cuisinière résidait à Kaloum, elle s’appelait Hawa. Et nous, on l’appelait affectueusement Tantie Hawa. Chaque matin, elle venait préparer. Et le soir, elle rentrait chez elle. Elle a un congélateur dans lequel elle vendait des jus et de l’eau. Et ce sont certains prisonniers, y compris le sourd-muet, qui se chargeaient de la vente de ces jus et de ces sachets d’eau. Le soir de son assassinat, elle est sortie de la cuisine pour prendre les ablutions devant moi. Quand elle a fini, elle est rentrée pour prier dans une pièce de la cuisine, là où on stocke les sacs de riz.  C’est dans cette pièce que les deux hommes sont rentrés pour l’offenser, la violer puis l’étouffer. Et le sourd-muet était le seul témoin des faits, parce qu’il était dans la cuisine. Et c’est lui qui vendait les jus et les sachets d’eau de la cuisinière. Le sourd-muet est un intellectuel. Donc c’est par peur d’être dénoncé que les assaillants l’ont aussi tué, parce qu’il pouvait écrire leurs noms et les donner au régisseur », a-t-il exposé sous couvert d’anonymat.

Poursuivant, l’interlocuteur dément les premières conclusions avancées et demande aux autorités d’approfondir les enquêtes.

« L’argument qu’ils ont avancé dans la mort de la cuisinière ne tient pas. Ils disent que ce sont des sacs de riz qui sont tombés sur elle. C’est faux. Comment des sacs de riz peuvent tomber sur elle sans que personne d’entre nous ne puisse entendre ses cris. C’est hors de question. On était plus de 100 détenus ce jour-là dans la cour. C’est au moment où la femme était à l’agonie qu’ils ont crié pour dire venez, venez les sacs de riz sont tombés sur Tantie Hawa. Nous sommes entrés, on a vu la dame étalée au sol. Sa position prouvait qu’elle a bel et bien été violée. Et ce sont les mêmes gens qui ont profité de la nuit pour rentrer dans la cellule du sourd-muet pour l’étrangler pour l’empêcher de les dénoncer. Actuellement, nous avons tous peur, parce que nous sommes tous en danger. Nous invitons l’Etat à enquêter sur l’affaire », insiste le détenu.

En attendant, les interrogations demeurent au sein de l’opinion publique.

 

Boubacar Barry