Culture : Le témoignage de Fodeba Isto Keira sur les merites de Mory Kanté

Cela fait bientôt un mois depuis le décès du griot électrique guinéen et les hommages et témoignages sur ces acquis ne cessent ne de multiplier et de s’accumuler. Sur le même sciallage après lui avoir saluer de plus belle sa mémoire,  »Fodeba Isto Kéïra », actuel secrétaire général du Ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique, se rappelle des acquis de l’homme qui a pu vendre plus de 5 millions d’exemplaires de son tube Yèkè yèkè.

« Mory Kanté est une personne qui a accepté d’hériter du balafon qui est un instrument traditionnel diatonique et chromatique, qui est l’héritage même de sa famille. Et en 1970, il est allé au Mali où il a appris la kora avec Batrou Sékou Kouyaté de l’Ensemble instrumental du Mali, qui lui a légué cet instrument mythique qui est kora et il a fait ses armes au Rail Band. Après, c’était la Côte d’Ivoire où il a mis des albums phares sur le marché du disque. Les années 80, c’était l’explosion totale, le succès international avec Yèkè yèkè . C’était la France avec Otis Mbaye, Mamadou Conté qui l’ont soutenu et propulsé. C’est une fierté, c’est le porte drapeau de la culture africaine de Guinée, un artiste complexe et qui savait ce qu’il veut. il est venu dans les années 90 en Guinée et il a mis en place une structure, il est mort en tant qu’opérateur culturel, comme administrateur culturel avec Nongo village qui est devenu Morykantéyah un complexe culturel doté d’un studio d’enregistrement, des chambres, un complexe d’apprentissage des métiers des arts de la scène. C’était une personne qui avait un vision.

Il laisse un héritage fort, c’est celui d’un artiste qui a su faire un cocktail entre la tradition et la modernité. Il a été celui qui a osé pour la première fois dans le monde de la world music, introduire la kora dans la musique moderne. La kora de Mory Kanté est différente de toutes les koras car elle voyage en classe affaire. Le vide de son décès doit être une source d’inspiration pour la nouvelle génération. Les jeunes artistes guinéens doivent savoir que pour réussir, ils doivent planter les pieds dans la tradition et avoir la tête dans la modernité ». A t-il témoigné

Abdoulaye BAH

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