Alpha Condé après le report des élections: « Tant pis pour ceux qui pourront croire que c’est un recul »

Acculé par la pression internationale, le président guinéen a reporté ce vendredi 28 février, le double scrutin législatif et référendaire du 1er mars. Dans un discours diffusé à la télévision guinéenne, Alpha Condé indique que ce report n’est ni une « capitulation » ni une « reculade ».

Chers compatriotes,

La Guinée a été depuis 1958 parmi les champions du panafricanisme. Nous savons le sacrifice que notre pays a consenti pour soutenir le mouvement de libération. L’armée guinéenne a vaillamment participé à la libération de nos frères de Guinée-Bissau. Rappelez-vous que le président défunt Lansana Conté dirigeait le contingent guinéen à partir de Boké. Le MPLA a été fondé en Guinée. Le président Mandela et son frère Mbeki ont eu l’entraînement militaire à Kindia. Nous avons assisté nos frères d’Angola, du Mozambique et du Congo.

Donc, c’est par responsabilité nationale et sous-régionale que nous avons accepté un report léger de la date des élections. Ce n’est ni une capitulation, ni une reculade, mais la fidélité à ce qu’a été la Guinée hier, qu’elle est aujourd’hui, qu’elle sera demain. N’oubliez pas que dans la nouvelle Constitution, nous avons écrit que la Guinée est prête à se fondre dans un ensemble plus vaste. Voilà donc pourquoi nous devons toujours rester dans le cadre de la CEDEAO et de l’Union africaine.

Bien sûr, certains vont jubiler en disant c’est de la capitulation. Voilà donc la lettre que j’envoie au président en exercice de la CEDEAO. Je sais que beaucoup d’entre vous vont être mécontents, déçus, révoltés, mais la Guinée qui a été la patrie du panafricanisme peut-elle s’isoler de ses pays frères ? Nous disons non. Mon passé est là : ancien président de la FEANF […], ancien président de l’Union africaine. Vous avez tous vu comment j’ai défendu l’indépendance de l’Afrique et comment je me suis battu pour que les problèmes africains soient réglés par les Africains.

Donc, c’est fort de cette situation d’unité et de l’esprit panafricain des Guinéens que j’ai accepté ce report. J’en appelle encore aux militants et aux sympathisants et à tous les Guinéens qui voulaient exercer leurs droits le 1er mars et c’est un grand sacrifice que je leur demande. Je sais que beaucoup ne dormiront pas ce soir, beaucoup vont pleurer, beaucoup vont se révolter, mais il est de la responsabilité d’un chef d’Etat de défendre les intérêts de son pays, mais aussi les intérêts de la sous-région et de l’Afrique.

La Guinée, de par son passé, doit être toujours parmi le leadership du panafricanisme. Donc, nous restons fidèles à notre choix. Tant pis pour ceux qui pourront croire que c’est un recul, l’avenir démontrera que nous sortirons grandis de cette épreuve et que le peuple de Guinée exprimera librement son choix à travers le référendum et choisira librement ses députés.

Et je persiste encore, et c’est important, qu’ils ne sont concernés que les partis qui sont déjà en compétition. C’est-à-dire qui sont en règle devant la CENI. Je le précise très bien : cela ne concerne que les partis déjà engagés dans la compétition électorale.

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