Aboubacar Sylla : ’il n’y a pas de preuves qui permettent d’identifier ceux qui tirent dans les manifestations…’’

Le gouvernement guinéen continue de clamer le manque d’éléments matériels pour élucider les différentes tueries enregistrées dans les manifestations politiques. 

Dans une interview qu’il a accordée à Radio France Internationale (RFI) ce lundi 20 janvier 2020, le porte-parole du gouvernement guinéen soutient qu’il n’y a aucun indice qui permet de situer l’origine des tirs dans les manifestions de rue.

« Notre pays a une image qui est dégradée par rapport au maintien d’ordre en raison du fait que souvent, il y a des victimes à l’occasion des manifestations. Mais nous avons toujours dit en tant que gouvernement que s’il y a des preuves, si nous avons des indices qui nous permettent de remonter jusqu’à l’origine de ceux qui tirent dans les manifestations, que ce soit des policiers, des gendarmes, des militaires ou des personnes qui ne sont pas membres des forces de l’ordre, dans ces conditions, nous interviendront, nous ferons des enquêtes et le droit serait dit », a expliqué l’ancien opposant devenu alliée incontournable de la majorité au pouvoir.

Depuis 2011, au moins 120 personnes ont été tuée par balle dans des manifestations organisées par l’opposition et l’justice guinéenne peinent encore à trouver les auteurs de ces tueries. Pour Aboubacar Sylla qui est aussi le ministre des transports, cela est dû au fait que les corps de ceux qui sont tués, sont déplacés avant que les officiers de police judiciaire ne viennent sur les lieux.
« Il n’y a pas de preuves qui permettent d’identifier ceux qui tirent, il y a trop de perturbations et de scènes de crimes, lorsqu’il y a des crimes, il ne faut pas déplacer les corps, il faut attendre que les officiers de police judiciaires viennent pour commencer les enquêtes, à partir de là, il sera peut-être possible d’identifier les coupables et de les traduire devant les tribunaux », a-t-il affirmé.

Alpha Oumar Bah