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2020 en Guinée : voici le résumé des grands évènements politiques

Sur le plan politique, il faut rappeler que 2020 a été une année très mouvementée. Malgré les contestations suivies des cas de mort, le pays d’Alpha Condé a organisé les élections législatives et référendaires du 22mars et la présidentielle du 18Octobre. Dans toutes ces élections, le RPG est sorti vainqueur. Quand au FNDC, il n’a jamais baissé ses bras. Elle a toujours continué à contester la nouvelle constitution et la nouvelle mandature du président Alpha Condé. Des événements qui ont été sanctionné par plusieurs cas d’arrestations.

 

L’année 2020 a commencé par les débats autour de la tenue des élections législatives. Fixées pour le 16 février, puis le 1er mars, ce n’est que le 22mars que ces élections vont se tenir avec la participation de 30Formations politiques et couplées au référendum constitutionnel.
Plusieurs raisons plaidaient en faveur de ce report : entre autres, le boycott des élections par les principaux partis politiques de l’opposition, suivie du retrait de sept commissaires de la CENI et l’implication des religieux.
Une autre raison : les polémiques autour d’un nettoyage du fichier électoral, l’OIF, l’Union africaine et CEDEAO retirent courant février leurs observateurs du scrutin. Cette situation crée l’isolement autour du président Alpha Condé.
Il fait un nouveau rétropédalage et le 4 mars, les experts de la CEDEAO chargés de passer en revu le fichier électoral arrivent dans le pays. Sur 7 764 130 électeurs inscrits sur les listes électorales révisées, ces derniers recommandent le retrait de 2 438 992 électeurs problématiques. Cette recommandation fut acceptée et le 22mars les 5 325 137 électeurs ont été appelés aux urnes. Les portes étaient déjà fermées aux principaux partis de l’opposition notamment l’UFDG, l’UFR, le PADES, etc tous réunis au sein du FNDC.
Sur le terrain, cette organisation se bat pour empêcher la tenue de ce double scrutin. Malgré tous les efforts tant sur le plan national qu’international suivis de cas de mort, les Guinéens partent dans le sang aux élections du 22mars.
Le RPG du président Alpha Condé remporte une large victoire avec 79 députés sur 114.
Amadou Damaro Camara fervent défenseur du RPG est élu président de l’assemblée nationale le 21 avril par 98 voix contre 6 pour son adversaire Mohamed Lamine Kaba du FIDEL.
Pour le référendum constitutionnel le « oui » l’emporte avec 91,59% contre 8,41% pour le « non ». Cette constitution est d’ailleurs promulguée le 7 avril 2020 par le chef de l’Etat.
Mais après promulgation, un avocat en l’occurrence maitre Antoine Pépé Lamah se rend compte que le peuple a été trahi. Le texte qui a été promulgué n’est pas le même que celui qui a été soumis au vote. Le barreau exige alors son retrait. Le ministre de la justice d’alors, Mohamed Lamine Fofana clos en disant que cet texte est applicable et opposable à tous.

L’objectif de la CODENOC est atteint. Le 30Mai, ces partis politiques alliés à la mouvance changent de dénomination et deviennent désormais, la CODEC, Coalition démocratique pour le changement dans la continuité.

Cette organisation ne reculera devant rien. En plein état d’urgence sanitaire, elle tient sa convention et désigne le 03 août Alpha Condé comme candidat à l’élection présidentielle du 18 octobre, date proposée par la CENI depuis le 19 juin.
Toujours en pleine violation des principes édictées par le chef de l’Etat pour l’état d’urgence sanitaire, le RPG aussi organise sa convention nationale les 05 et 06Aout et Alpha Condé fut toujours désigné comme leur unique candidat. En réponse, Alpha Condé a déclaré qu’il « prend acte à condition que le RPG revienne comme il l’était par le passé. C’est à dire un parti qui n’oublie pas ses militants. Pendant ce temps, aucun regroupement ou manifestation n’était autorisée pour l’opposition réunit au sein du FNDC pour cause de covid-19.
L’année 2020, c’est aussi le changement de président de la CENI. Maitre Amadou Salifou Kébé qui avait rendu l’âme 10Jours après la promulgation de la nouvelle constitution a été succédée par Kabinet Cissé. Il faut aussi noter l’arrivée de Mamadi3 Kaba comme commissaire en remplacement de maitre Kébé. Cette question d’ailleurs a été un bras de fer entre le CNOSC et le barreau de Guinée qui voulait que le remplaçant de Maitre Kébé soit un avocat.
Le silence observé par le chef de l’Etat autour du choix porté sur lui pour être candidat à la présidentielle crée des débats dans la cité. Pour rompre avec ces divisions, ce n’est qu’avec un communiqué lu à la télévision nationale que le RPG annonce que le président Alpha a enfin accepté d’etre candidat.
Pendant ce temps, la CENI entame la révision exceptionnelle des listes électorales pour dit-elle assainir le fichier en radiant les doublons et en inscrivant les nouveaux électeurs ayant atteint l’âge de voter.
Le dépôt des candidatures à la présidentielle du 18Octobre crée une division au sein de la classe politique. Le FNDC qui tentait toujours de manifester interdit à ses membres de prendre part à ce scrutin. Dr Ousmane Kaba du PADES, Maitre Abdoul Kabèlè Camara du RGD et Cellou Dalein Diallo bravent cette interdiction.
Au total 12candidats y compris le président Alpha mènent une campagne électorale dans une atmosphère très tendue. Des discours à relent ethnique sont tenus par des candidats principalement celui du RPG et de l’UFDG. Des scènes de violences ayant engendrées des cas de mort de destruction de biens éclatent dans plusieurs localités du pays. Cette atmosphère poste électorale ne rassurent pas. Les acteurs de la société civile, des organisations de défense des droits de l’homme ainsi que des religieux et partenaires de la Guinée appellent à la sauvegarde de la paix et l’unité nationale.
Malgré toutes les difficultés enregistrées ça et là, les Guinéens se rendent aux urnes le 18Octobre dans le calme et dans la sérénité. Sûr de sa victoire, le candidat de l’UFDG et de la coalition politique ANAD s’autoproclame comme vainqueur à plus 53% 24H seulement après le scrutin. Il appelle ses militants à préserver cette victoire.
Des scènes de violences éclatent dans le pays, des assassinats, plus d’une trentaine enregistrée. La police et la gendarmerie sont débordées. Le gouvernement réquisitionne l’armée pour instaurer l’ordre.
Dans ce climat de violence, la CENI proclame Alpha Condé
comme vainqueur à la présidentielle avec 59,49 % des suffrages, devant Cellou Dalein Diallo, crédité de 33,5 % des voix.
Ces résultats sont d’ailleurs validés par la cour constitutionnelle le 07Novembre qui va même arrondir la victoire d’Alpha Condé à 59,50 %.
L’ANAD et l’UFDG rejettent ces résultats et demandent à leur militant de se joindre à leur mot d’ordre.
Des opposants comme Chérif Bah, Ousmane Gaoual Diallo, Abdoulaye Bah, ainsi que des activistes de la société civile opposés à une nouvelle mandature comme Etienne Sorogui sont arrêtés et puis conduits à la maison centrale de Conakry. Ils vont y trouver Foniket Manguet, Saikou Yaya Diallo du FNDC. Des journées villes mortes tout comme des premières manifestations sont organisées pour exiger leur libération et demander ce que ces opposants appellent la vérité des urnes.
Le FNDC se joint à ces organisations et appellent lui aussi à une manifestation pour boycotter l’investiture du président Alpha Condé le 15Décembre. Cet appel au boycott a été circonscrit par plus de 3000agents des forces de l’ordre et devant une dizaine de chef d’états Africains, Alpha Condé prête serment et rassure le peuple de Guinée d’être le président de tous les Guinéens, de gouverner autrement en luttant contre la corruption, le clientélisme, le favoritisme.

Sa main tendue, son principal opposant Cellou Dalein Diallo n’y croit pas. Le candidat de l’UFDG et de l’ANAD continue à revendiquer ce qu’il appelle la vérité des urnes et selon lui, il est hors de question de renoncer au combat.

Cela promet donc que 2021 va etre tumultueuse sur le plan politique avec des manifestations et des journées villes mortes. Autres précisions pour 2020, plusieurs de leaders ont été empêchés de sortir du pays. Sidya Touré, Ibrahima Abé Sylla tout comme l’épouse du chef de file de l’opposition Hadja Halimatou Dalein Diallo se sont vus leurs passeports retirés pour des raisons inconnues.
Des organisations de défense des droits de l’homme à l’image d’Amnesty International ou Human Rigth Wacht n’ont pas été aussi tendres envers le régime Condé pendant qui cette année 2020. Elles ont dénoncé l’usage excessif de la force de la part des hommes en tenue sur les manifestants occasionnant plusieurs cas de mort.
Faya Millimono, président du BL se souviendra que c’est en 2020 que sa formation politique a traversé une véritable zone de turbulence. Après l’annulation de son congrès du mois d’Aout, le parti a enregistré plusieurs démissions.
Plusieurs opposants comme Roger Bamaba de l’UFDG ont trouvé aussi la mort à la maison centrale de Conakry pendant cette année qui s’achève. Des organisations nationales et internationales exigent des enquêtes pour connaitre la véritable cause de ces cas de mot.
MLT, flashguinee.info